Il ne faut pas oublier de laisser un petit commentaire sur prd et bazzart.
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Breathing under water | James & Adalyn

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Adalyn Blackwell
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MessageSujet: Breathing under water | James & Adalyn Lun 7 Sep - 21:25



Breathing under water
    ft. James & Adalyn

   
Journée de merde. C’était sans aucun doute la pire des journées qu’Adalyn avait vécues au courant de sa vie. Elle s’était fait réveiller à quatre heures du matin par la sonnerie de son téléphone, pour apprendre que sa mère avait rendu son dernier souffle. Elle s’était habillée, s’était rendue à l’hôpital le plus rapidement possible pour y trouver son père, complètement abattu. Mr. Blackwell n’était pas du genre à montrer ses sentiments, trop fier pour se laisser abattre, trop orgueilleux pour admette la faiblesse. Le voir pleurer toutes les larmes de son corps en constatant que la femme de sa vie l’avait définitivement quitté avait eu l’effet d’un réel choc pour la jeune femme, qui ignorait comment réagir. Son père lui avait alors semblé incroyablement vieux, affaissé dans son malheur. Elle qui faisait une profession de sa capacité à réconforter et à rassurer les gens n’avait plus de mots, et elle s’était contentée de s’asseoir auprès de son père, lui offrant une accolade bien maladroite en guise d’appui. Jamais elle n’avait tant regretté sa trop longue absence auprès de ses proches, constatant un peu trop tard qu’elle n’avait jamais vraiment pris le temps de connaître sa mère. Elle avait connu la mère aimante et généreuse, parfois autoritaire, souvent mielleuse. Mais elle n’avait pas eu le temps de découvrir la femme qui se cachait derrière ce rôle, ignorait pratiquement tout de son passé, de ses rêves, de ses succès et ses échecs. Et elle le regrettait amèrement, désormais. Elle était ensuite rentrée au manoir dans lequel elle avait grandit, où les Batthyány vivaient toujours, où son père travaillerait jusqu’à son dernier jour. L’ambiance était lourde, car chacun d’entre eux avait sincèrement aimé Mrs. Blackwell. Chacun vivait son deuil à sa manière, Mrs. Batthyány  pleurait tout son chagrin alors que son époux vidait des verres de scotch avec le nouveau veuf. Adalyn restait de marbre, voulant offrir son soutien à qui en aurait besoin. Elle-même sentait une lourde boule d’émotion comprimer sa poitrine, mais elle l’ignorait soigneusement, se montant aux petits soins auprès des trois adultes de plus en plus âgés. Elle avait passé l’après midi à faire des appels afin d’arranger les funérailles qui auraient lieu le week end prochain, et elle se sentait complètement épuisée désormais.

En fin de soirée, débarrassant le repas auquel personne n’avait touché, elle sentit les larmes couler sur ses joues. Furieuse contre elle-même, ne voulant pas se montrer faible alors que son père avait tellement besoin d’elle, elle décida de les abandonner quelques instants, histoire de laisser aller sa propre douleur sans alourdir la leur. Elle aurait pu retrouver les appartements qui avaient bercé sa propre jeunesse. Mais ceux-ci étaient chargés de souvenirs heureux. Sans doute que l’odeur du parfum de sa mère y flottait toujours. Il faudrait qu’elle songe à rapatrier ses vêtements, ses bijoux et ses souvenirs, afin d’éviter que son père soit constamment confronté à la douleur de l’absence. Mais dans l’immédiat, elle ne se sent pas prête à faire une telle chose. C’est tout naturellement que ses pas la guident vers la chambre qui avait autrefois appartenu à James. Un endroit qu’elle connaît par cœur, pour y avoir passé de trop nombreuses heures durant leur enfance, leur adolescence. Rien ne semble avoir changé, si ce n’est que tout est trop en ordre. La chambre n’est manifestement plus habitée depuis longtemps, mais l’ambiance générale demeure la même. En s’asseyant sur le bout du lit, elle observe les murs, les tableaux, les meubles. Et elle n’y tint plus, elle fond en sanglots, laissant toute sa peine s’évacuer. Il n’est pas dans ses habitudes de pleurer, elle est davantage du genre à se montrer forte, solide. Un vrai roc émotionnel. Elle pleure pour sa mère, mais également pour la colère qu’elle ressent face à James. Elle pleure son retour en Hongrie qui n’a rien de plaisant, elle pleure sa solitude pesante, son désir perpétuel de retourner en Amérique. Elle s’allonge sur le lit de James, fourrant son visage dans l’un des oreillers, son pauvre corps secoué par des sanglots bruyants. Si bruyant qu’elle ne perçoit pas le léger grincement produit lorsque la porte s’entrouvre.

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James Batthyány
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MessageSujet: Re: Breathing under water | James & Adalyn Mar 8 Sep - 12:22



Breathing under water.
ft. Adalyn & James

La nuit avait été épuisante et longue. Je l’avais passé à l’hôpital, au chevet de Mme Blackwell, mourante depuis quelques temps déjà. La veille, les médecins nous avaient avertis qu’il n’y avait plus grand-chose à faire et que l’heure allait bientôt sonné. Pendant toute la nuit, on s’était donc, mon père, M. Blackwell, notre majordome, et moi-même relayé au chevet de la patiente. Ma mère, elle, était restée cloitrée à la maison. Depuis la mort de ma petite sœur, quelques années plus tôt, elle s’était renfermée sur elle-même, ne sortant quasiment plus et évitant la mort comme la peste. Pendant plusieurs heures je lui avais tenu la main, essayant de relégué au fin fond de mon cerveau que ce n’était pas à moi de faire ça, mais à sa fille, qui était revenue des Etats-Unis pour sa mère, mais qui n’était même pas présente à son chevet. Je secouais la tête pour moi-même. Il fallait que je mette ma rancœur de côté. Plus rien n’avait d’importance que Mme Blackwell. Il était environ quatre heures du matin quand elle nous quitta. Elle s’était éteinte. Lui tenant toujours la main, entouré par les deux autres hommes, on aurait dit qu’elle souriait. Malgré la douleur qu’elle avait pu ressentir pendant ces longs moins d’agonie, on aurait dit qu’elle était partie dans une sortie d’apaisement. C’était enfin fini. Je ne souhaitais jamais la mort à quelqu’un, même à mon pire ennemi, mais une sorte de soulagement parcourut tout mon corps. Elle était enfin libre, délivrée de la douleur, et c’était mieux pour elle. Elle ne souffrirait plus. Pas comme nous, les restants. Elle laissait derrière elle son mari, qui s’était effondré quelques instants, soutenus par mon père, et sa fille. Nous étions tous affectés par cette perte. Depuis ma naissance, la famille Blackwell faisait déjà parti de ma famille, habitant au domaine avec nous, dans une petite maison un peu plus loin sur notre terrain. C’était en quelque sorte une deuxième maman et, dans mes souvenirs, elle s’était presque plus occupée de moi en tant que mère que ma propre mère. Surtout après la mort de ma sœur. Soupirant, je me levai. J’avais besoin de sortir, prendre l’air. Je ne tenais quasiment plus mes yeux ouverts. Au même moment, j’entendis le père à Adalyn l’appeler, lui annoncer la nouvelle. C’était le bon moment pour m’éclipser. Je n’avais pas envie de la voir, pas ce soir, ni dans ces conditions, surtout pas après notre dernière rencontre. J’étais tellement épuisé, après toutes ses journées et de nuits de veille, que le moindre petit truc serait capable de me faire sortir de ces gonds. C’était mieux pour les deux que je parte avant qu’elle n’arrive. Je n’avais pas envie de créer un scandale à l’hôpital, surtout pas au chevet de sa mère. J’étais donc parti, préférant aller me promener un instant aux alentours de l’hôpital avant de prendre le volant. Je ne voulais pas causé un accident dû à ma fatigue.

Depuis que je m’étais enfin réveillé, chez moi, à quelques pas de mon ancienne maison, je suis resté enfermé. Je ne savais pas trop comment me comporter. Je savais pertinemment que ma famille avait préparé une sorte de veillée funèbre en l’honneur de Mme Blackwell à la maison, mais je ne voulais pas y assister. Pour plusieurs raison. Tout comme ma mère, depuis le décès de ma petite sœur, j’évitais ce genre de situation, de réunion. Je trouve que c’était presque malsain, et je ne supporterais pas de voir le chagrin sur les visages des personnes présents. Surtout pas ceux de mon père, qui je sais, était très proche d’elle. Et puis, bien évidemment, Adalyn. J’étais sûr et certain qu’elle sera là-bas et … non. Je n’avais pas encore envie de la voir. Il  y a environ une semaine, notre rencontre s’était mal passée et finie. Et la colère et la douleur étaient encore trop vives, comme si ça s’était passé la veille. À la place de me diriger vers le manoir, j’enfourchai ma moto et je partis me balader dans les hauteurs de Budapest. J’avais besoin de me libérer, de penser à autre chose. De tout évacuer. Il y avait trop de choses qui arrivaient en même temps. J’étais toujours partagé en souffrance, de toutes ces années séparé d’Adalyn, et de colère, qu’elle ne soit pas revenue, ni donner signe de vie, ainsi que, j’avais dû m’occuper de sa mère comme elle aurait dû le faire elle. Il fallait que je me vide la tête. De tout. En fin de soirée, je me décidais enfin de faire un saut dans mon ancien chez moi, voir comment les gens tenaient le coup, surtout ma mère, si fragile. Je savais très bien que mon père et M. Blackwell irait « assez bien ». Je les connaissais suffisamment pour savoir qu’ils avaient certainement passé la journée à boire verre sur verre, se soutenant mutuellement. Certes, ils ne devaient pas se sentir bien, surtout après pas la mort de Mme Blackwell, mais j’avais plus peur pour ma mère. Au fond de moi, j’espérais presque qu’Adalyn serait déjà rentrée chez elle. Vu l’heure, c’était fort possible. Je garai ma moto non loin de l’entrée, et effectivement, comme je l’avais prédit, les deux hommes étaient installés au coin de la cheminée, complètement ivre. Je soupirais, tout en me dirigeant vers l’escalier qui menait à l’étage. Ouvrant la porte de la chambre de ma mère, je la trouvais endormie. J’aurais dû m’en douter. Elle avait certainement dû prendre un somnifère, comme à son habitude. N’étant plus vraiment en état de rentrer chez moi, surtout en moto, j’allais faire un saut dans mon ancienne chambre, celle que j’occupais avant de partir étudier à Yale. 

Ouvrant la porte, je ne remarquais pas de suite la forme couchée sur mon lit, ni les sanglots qu’elle produisait. Je regardais surtout les alentours. A chaque fois que je pénétrais dans cette pièce, ce qui était en soi assez rare, tous mes souvenirs me revenaient d’un coup. Mes parents n’avaient fait aucune modification à cette pièce. Tout était comme avant. Mes posters de groupe de rock, des coupes, des bibelots par-ci par-là. Comme si rien n’avait changé au cours de toutes ces années. M’approchant vers le lit, pour m’y asseoir, je remarquais enfin Adalyn. Je grimaçais légèrement, mettant cette fois vraiment ma rancœur de côté. Ce n’était pas le moment et je n’allais pas fuir. Elle aura certainement besoin de quelqu’un qui la console, et apparemment, cette personne ce sera moi. Je m’approchai d’elle gentiment, ne voulant pas lui faire peur, chuchotant « Adalyn ». Je la pris dans mes bras, ce qui n’était pas très compliqué. Elle s’était laissé faire, comme un poids mort. Je la serrai contre moi, posant sa tête sur mon épaule, lui caressant légèrement les cheveux, pour l’apaiser. « Chut … je suis là. Ça va aller ». Je ne savais pas trop quoi dire. Je n’étais pas vraiment à l’aise dans ce genre de situation. Je la berçais doucement. « Je suis là … Laisse-toi seulement aller. Pleure. Tu ne risques rien. Je suis là pour toi ». Il y a une semaine, je n’aurais jamais pensé lui dire ces mots.

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Adalyn Blackwell
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MessageSujet: Re: Breathing under water | James & Adalyn Jeu 10 Sep - 20:32



Breathing under water
    ft. James & Adalyn

   
« Adalyn. » Lorsqu’elle entend la voix de James, elle sursaute, parce qu’elle ne l’a pas entendu entrer dans la pièce. Mais surtout parce qu’elle ne s’attendait sincèrement pas à le voir. Pas ce soir. Toute la journée, il avait brillé par son absence. Elle en était venue à la conclusion que leur dernière conversation était trop récente pour qu’il tolère sa compagnie, et avait compris qu’il ne viendrait pas. C’est d’ailleurs l’une des raisons pourquoi elle avait choisi de trouver refuge dans son ancienne chambre : parce qu’elle savait qu’elle y serait tranquille. Son premier réflexe est d’ordonner à James de la laisser seule, mais alors même que cette pensée lui traverse l’esprit, elle réalise qu’elle apprécie sa présence. Elle n’a pas envie de reprendre leur dispute, n’a aucune rancœur envers lui. Tout ce qu’elle désire, c’est le retrouver, pour de bon cette fois. Ainsi, lorsqu’il la prend doucement dans ses bras, elle se laisse complètement aller vers lui, appuyant sa tête sur son épaule dans un geste naturel. Contrairement à leurs retrouvailles ratées, cette fois, elle a vraiment l’impression de le retrouver enfin. « Chut … je suis là. Ça va aller. » Un mince sourire se dresse au travers de ses larmes, mais déjà ses sanglots reprennent de plus belle alors qu’elle se laisse bercer dans les bras de James. Cette proximité est à la fois si étrange et si rassurante… C’est comme s’ils ne s’étaient jamais quittés. Il est là, pour elle, comme il aurait dû l’être tout au long de leurs vies. « Je suis là … Laisse-toi seulement aller. Pleure. Tu ne risques rien. Je suis là pour toi. » Docile, elle hoche légèrement la tête en laissant aller ses pleurs, réalisant qu’elle baigne peu à peu son t-shirt avec ses larmes. Les minutes passent, et chaque fois qu’elle croit que sa peine va enfin se calmer, ses sanglots reprennent de plus belle. Puis, après un long moment, elle se calme enfin, parvient à retrouver une respiration à peu près normale. À cet instant seulement, elle s’arrache douloureusement à l’étreinte de James, passant ses mains sur son visage pour chasser les traces humides laissées par son chagrin. « Merci… », murmure-t-elle, attrapant l’une des mains de James entre les siennes, juste pour conserver un peu de cette proximité à laquelle elle vient de s’échapper.

Le silence se fait pesant, ce qu’elle réalise avec une pointe de tristesse. Autrefois, ils n’avaient pas besoin de se parler pour se comprendre, et les silences partagés étaient toujours confortables, empreints de complicité. Là, le silence est chargé d’une lourdeur, d’un malaise. Et plus elle le laisse s’étirer, plus le malaise devient omniprésent. Elle soupire doucement, incline la tête sur le côté, détournant légèrement le regard. « Je suis tellement désolée de ce qui s’est passé, la semaine dernière. » Toute la semaine, cette dispute l’a hantée. Dès qu’elle se trouvait seule, elle ne pouvait s’empêcher de songer aux mots échangés, à la colère ressentie. « J’ai tellement attendu ce moment… et, vraiment, c’était horrible. » Elle parvient à laisser échapper un petit rire de ses lèvres. « C’est de ma faute. Je m’étais fait des idées, et dès que j’ai vu que ça ne se déroulait pas comme je l’espérais, j’ai donné toute la place à ma rancœur. Mais ce n’est pas à toi que j’en veux… Pas vraiment. » Non, c’est à elle qu’elle en veut. Certes, il restera toujours une partie d’elle-même qui en voudra à James de ne jamais être venue la chercher. Après tout, s’il l’avait vraiment voulu, il aurait pu revenir aux États-Unis, pour la ramener auprès de lui. Il ne l’avait jamais fait, et lorsqu’elle y songeait, ça la blessait profondément. Mais il ne servait à rien de s’accrocher à ces espoirs déçus. La meilleure des choses à faire était de faire face à leur réalité, et de simplement espérer qu’elle n’était pas la seule à souhaiter régler les choses entre eux. « Je n’ai… pas la force de supporter que tu sois loin de moi. Je sais bien que trop de temps s’est écoulé, que rien ne sera jamais plus comme avant… » Elle ne sait même plus où elle s’en va, avec cette conversation. Au fond, ce qu’elle tente d’exprimer à James, c’est qu’elle souhaite tout reprendre à zéro. Effacer cette dispute de leur esprit. Elle voudrait reculer dans le temps, retrouver cette époque où ils étaient jeunes et amoureux et où plus rien d’autre n’avait d’importance. Mais ils ont vieilli, ils se sont trop éloignés pour qu’elle parvienne à s’exprimer librement sans crainte d’être jugée par celui qu’elle ne connaît plus tellement. À force de trop réfléchir, on gâche tout, leur dernière rencontre l’a prouvé. Ainsi, elle décide de simplement se laisser aller à sa plus grande envie, s’approchant soudainement de James pour poser ses lèvres sur les siennes, lui volant ainsi le baiser dont elle rêve depuis onze ans.


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James Batthyány
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MessageSujet: Re: Breathing under water | James & Adalyn Jeu 10 Sep - 21:29



Breathing under water.
ft. Adalyn & James

A peine avais-je posé un pied dans mon ancienne chambre, que tout mon passé refit surface d’un coup. Je n’étais pas du tout du genre nostalgique, mais depuis le temps que je n’étais plus rentré dans cette pièce, cela faisait bizarre. Plusieurs souvenirs passèrent dans ma tête, des bons comme des moins bons, avant que je distingue un bruit de sanglot provenant du lit. Il faisait entièrement noir dans la pièce, mais, grâce à la lumière du couloir, la porte encore ouverte, et par simple déduction, je sus directement que c’était Adalyn qui était couchée là et qui pleurait tout son soul. Ce qui était tout à fait compréhensible après ce  qu’elle venait de vivre. Ce n’était jamais simple la perte d’un être proche, et encore moins quand c’était sa propre  mère. On essaie de se réconforter en se disant qu’on s’y attendait, à cause de sa maladie, mais même quand on le sait, ça reste un choc pour tout le monde. On ne pourra jamais s’y faire à la perte d’un être cher. Juste le temps qui fera son travail, petit à petit, cicatrisant les blessures, mais n’oubliant jamais vraiment.  Refermant doucement la porte derrière moi, je m’approchais du lit. Je connaissais tellement cette pièce par cœur que je n’avais pas besoin d’allumer une lumière, et je n’avais surtout pas envie de rompre ce charme. Et qui sait, peut-être qu’Adalyn voulait rester dans le noir, ne voulant pas que je voie les dégâts du chagrin sur son visage. Il n’y avait pas beaucoup de femmes qui voulaient se montrer avec du maquillage ayant dégouliné de tous les côtés. La concernant, je ne pourrais pas répondre, n’ayant jamais été jusqu’à là avec elle. Du temps ou on était ensemble, elle avait rarement pleuré, et les seules fois ou elle l’avait fait, elle n’était pas maquillé. Pour ma part je m’en foutais. Je savais à quoi elle ressemblait, comment elle était, et ce n’était pas ça qui allait me faire changer d’avis sur quoi que ce soit. Mais je respectais ses volontés si elle n’avait pas envie de se montrer. Je m’assis sur mon ancien lit, la prenant légèrement dans mes bras, sans la brusquer, avant de l’entourer tout contre moi, lui chuchotant quelques mots à l’oreille, la berçant gentiment. Contrairement à elle, jusqu'à présent, j en'avais encore versé aucune larme. Et à cet instant précis, il fallait que je reste fort, pour elle. Elle en avait besoin.Je lui caressais gentiment les cheveux, la consolant du mieux que je le pouvais.  Je n'aimais pas trop ce genre de situation délicate. Je n'arrivais jamais à trouver les bons mots.

Petit à petit, Adalyn se détacha de mon étreinte, me prenant la main à la place. Je la laissais faire. Je n’allais pas gâché ce moment juste à cause de retrouvailles mal terminées et d’une fierté mal placée. Et puis bon, elle restait Adalyn. La fille que j’avais aimée depuis mon plus jeune âge. Elle ne méritait pas que je l’ignore. Elle a besoin de moi, encore plus que d’habitude.  Elle avait bien été là pour la mort de ma petite sœur, fallait bien que je le lui rende. Que je serve à quelque chose. « Merci …» J’hochais légèrement la tête, dans sa direction, avant de me rendre compte qu’elle ne pouvait pas me voir. Aucune lumière n’était allumée dans la pièce. A la place, je lui répondis. « De rien, c’est normal voyons ».  Sans en dire plus, je me levai, enlevant au passage la main d’Adalyn de la mienne, avant d’aller dans un coin de la pièce fouillant dans un tiroir. J’en ressortis ma vieille veilleuse, que mes parents allumaient quand j’étais encore tout petit et j’allais la brancher dans une prise, à côté de l’entrée, avant de reprendre ma place sur le lit, reprenant la main de la jeune fille dans la mienne. Au moins comme ça, une faible lumière éclairait la pièce. Pendant un court instant, qui me parut durée une éternité, un silence s’installa entre nous, avant qu’elle ne reprenne la parole. Elle me parla de la semaine dernière, de nos retrouvailles catastrophiques. Je tournais aussi la tête, grimaçant légèrement. Je ne voulais pas qu’elle me voit. Soupirant légèrement, plus pour moi-même, je l’écoutais parler, en silence. Je n’avais pas spécialement envie de remettre sur le tapis cette journée, et en tout cas pas de telles circonstances. J’étais venu avant tout pour la consoler, pas pour en reparler. Mais si tel était son choix, je ne pouvais pas y aller contre. Tournant la tête vers elle, j’approchais doucement sa main de son visage, lui caressant légèrement la joue. « Chut. Ne parle pas de ça. Ne te fais pas encore plus de mal ». Je savais très bien ce qu’elle ressentait. Je m’étais reconnu dans ses paroles. Je pensais exactement comme elle. J’avais trop rêvé de cette rencontre, que, quand elle ne s’était pas passée comme dans ma tête, c’était parti à vau-l’eau et je n’avais réussi à contrôler les choses. Et le fait d’être déçu contre moi-même et aussi contre elle, n’avait pas amélioré les choses. J’avais, en quelque sorte, tout foutu en l’air. Je tournais son visage vers moi, plantant mon regard dans le sien, lui séchant une larme au passage. « Je sais très bien ce que tu ressens … Pendant une semaine, je me suis répété exactement la même chose que toi. J’avais aussi trop imaginé nos retrouvailles et … tout comme toi, ça m’a déçu et la seule façon que j’ai réagi … tu sais très bien », je ne me sentais pas de le dire à vive voix. C’était encore trop encré en moi et blessant. « Je comprends tout à fait ». Je ne savais pas trop quoi dire d’autre, surtout que, ce n’était pas vraiment le bon moment pour en parler. Pas aujourd’hui. « Ecoute … ce n’est pas que je ne veux pas, mais vu les circonstances, on en reparle une autre fois ? A tête reposé ? » J’espérais juste qu’elle n’allait pas me rembarrer comme la dernière fois, ce n’était pas du tout le but. C’est juste que, avec la perte de sa mère, ce n’était pas vraiment un sujet à aborder.  

« Je n’ai … pas la force de supporter que tu sois loin de moi. Je sais bien que trop de temps s’est écoulé, que rien ne sera jamais plus comme avant … » Je ne savais pas vraiment quoi répondre. En même temps, quoi dire ? Elle avait tout à fait raison. Trop de temps s’était écoulé, nous avions fait nos vies chacun de son côté, on avait changé depuis. On avait mûr, on avait grandi. Mais pendant toutes ces années, je ne l’avais jamais oubliée. « Tu es là maintenant », lui dis-je. Je ne voulais pas lui donner de faux espoirs en lui disant que je serais toujours là, jour et nuit. On ne sait jamais ce que la vie nous réserve, même si, au fond de moi, c’est ce que je voulais. Mais fallait se rendre à l’évidence, fallait qu’on rapprenne à se connaître, avant de parler d’un quelconque avenir commun. « Peut-être que oui, peut-être que non. Tu n’en sais rien ça Adalyn », j’haussais les épaules, ayant l’impression de m’enfoncer de plus en plus. « On est de nouveau réuni, comme avant. Certes, nous avons changés et … effectivement ce n’est plus pareil. Mais on peut très bien rapprendre à se connaître, et qui sait, peut-être que tout reviendra comme avant ? » Je regardais tout autour de moi pendant un petit instant, cachant ma gêne, avant de reporter mon attention sur elle, perdu dans mes pensées. En quelques secondes, ses lèvres étaient posées contre les miennes. Par automatisme, je la pris dans mes bras, répondant au baiser. Onze ans d’attente. Un baiser intense. Au bout d’un moment, je la repoussais quand même gentiment, de la tristesse dans les yeux. Je savais que j’allais encore lui faire du mal, la blesser. Ce n’était pas nouveau. Je lui caressais de nouveau la joue. « Tu .. on ne devrait pas faire ça. Pas maintenant. Pas ici. Je … Tu es dans un état plus sensible, tu viens de perdre ta mère, ce n’est pas le bon moment. Je ne veux pas que tu crois que j’en ai profité parce que tu étais vulnérable. Je … ». Je ne savais plus comment lui expliquer ce que je ressentais. Je n’avais qu’une envie, l’allonger sur le lit et recommencer ou en on était resté, mais en même temps, c’était quand même la journée ou sa mère est morte. C’était mieux de reporter. Rien ne résultait de bon sur un coup de tête.

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Adalyn Blackwell
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MessageSujet: Re: Breathing under water | James & Adalyn Jeu 10 Sep - 22:00



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Elle est heureuse que James soit sur la même longueur d’onde qu’elle, par rapport à leurs retrouvailles. Elle se disait bien que ça ne lui ressemblait pas de se montrer si froid et cynique, du moins pas envers elle. Pendant des jours, elle s’était remémoré chacun des mots prononcés, pour en venir à la conclusion que la colère et les regrets accumulés depuis toutes ces années avaient pris le dessus, tant pour elle que pour James. La conversation qu’ils avaient eue ne leur ressemblait pas du tout, et s’il fallait qu’un prétexte aussi triste que la mort de sa mère soit nécessaire pour leur permettre de se l’avouer, et bien soit. « Ecoute … ce n’est pas que je ne veux pas, mais vu les circonstances, on en reparle une autre fois ? A tête reposé ? » Elle hoche la tête, bien d’accord avec lui pour cette fois. Elle comprend au fond que James ne veut pas repousser cette conversation par mauvaise foi, mais bien parce qu’il veut qu’ils prennent le temps d’en discuter calmement, en adultes, quand viendra le temps. Pour l’instant, leur relation est trop tendue, et les événements actuels ne leur permettent pas de rester objectifs face à cette discussion qui s’annonce sans doute pénible. Elle viendra au moment opportun, dans l’immédiat, elle la relègue avec plaisir dans un futur indéterminé.

« On est de nouveau réuni, comme avant. Certes, nous avons changés et … effectivement ce n’est plus pareil. Mais on peut très bien rapprendre à se connaître, et qui sait, peut-être que tout reviendra comme avant ? » Elle sourit de nouveau, un sourire franc cette fois ci. Un sourire bref, qui illumine son visage d’une joie indicible, avant que celui-ci reprenne la lourdeur propre au deuil qu’elle doit vivre. Au fond, c’est tout ce qu’elle souhaite, réapprendre à le connaître, découvrir quel homme il est devenu. Elle veut tout savoir de lui, apprendre chacun de ses souvenirs, et enfin réconcilier le James qu’elle a connu avec celui qu’il est désormais. Cette promesse est scellée par l’un des baisers les plus passionnés qu’ils n’ont jamais échangé, et elle sent qu’elle perd lentement le contrôle alors que ses mains se faufilent sous le t-shirt de James pour en explorer la peau. Elle meurt d’envie de redécouvrir son corps, elle a soif de lui. Mais il la repousse. Timide, elle croise les bras sur sa poitrine, légèrement honteuse de ses agissements. La seule chose qui la rassure, c’est que James a répondu au baiser avec la même ferveur qu’elle. Il le désirait également, ça lui semble évident. Il caresse tendrement sa joue, et elle soutient son regard. « Tu .. on ne devrait pas faire ça. Pas maintenant. Pas ici. Je … Tu es dans un état plus sensible, tu viens de perdre ta mère, ce n’est pas le bon moment. Je ne veux pas que tu crois que j’en ai profité parce que tu étais vulnérable. Je … » De nouveau, elle hoche la tête. Elle sait qu’il a raison, et c’est précisément ce qui l’agace le plus. En cet instant précis, elle se fiche bien de ce qu’elle va ressentir le lendemain, elle ne souhaite qu’une chose : oublier sa douleur en obtenant ce qu’elle désire depuis trop longtemps. Il est plus sage de renoncer, mais n’empêche… Elle pose une main sur celle de James, celle sur sa joue, puis tourne légèrement la tête pour embrasser la paume de James. Si elle doutait encore des sentiments qu’elle éprouve toujours à son égard, ceux-ci viennent d’être confirmés plus que jamais. Il ne s’agit pas que de souvenirs, que de vieux fantômes qui traînent dans son esprit… Non, elle est définitivement amoureuse de cet homme, peu importe la dernière décennie. « Je sais… Tu as raison. » Elle soupire doucement, hausse les épaules. « Mais ne pense pas que… Ce n’est pas parce que je suis fragile que j’ai fait ça. Je le voulais réellement. »

Elle l’observe un moment, puis elle décide de s’allonger sur le lit, s’étirant longuement. Il est tard, la journée a été rude, et ça se fait sentir. « Tu veux rester avec moi, cette nuit? » Elle fait sa demande d’une voix timide, presque enfantine. Elle a l’impression d’être ramenée des années lumières en arrière, comme lorsqu’elle demandait à James de la rassurer lorsqu’elle faisait un cauchemar. Cette époque où ils étaient jeunes et naïfs, où ils ne connaissaient pas encore les tourments des sentiments amoureux. « Sans arrière pensée. Promis. », ajoute-t-elle, un petit sourire aux lèvres.

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James Batthyány
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MessageSujet: Re: Breathing under water | James & Adalyn Jeu 10 Sep - 22:34



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Un soupir de soulagement s’échappa de mes lèvres. Elle acceptait d’en parler une autre fois. Un autre jour. Avec la faible lumière qui filtrait dans la pièce grâce à la veilleuse que j’avais branchée, je n’arrivais pas vraiment à distinguer ce qu’elle ressentait vraiment, à décrypter son langage non verbal. Au fond de moi je savais qu’une partie d’elle-même était déçue, mais ce n’était pas vraiment le moment. On avait déjà eu trop d’émotions en cette journée, on n’allait tout de même pas en rajouter d’autre. Surtout que, avec la tristesse de la perte de sa mère, personnellement je serais encore capable de me comporter comme la dernière fois, et c’était ce que je ne voulais pas. Mais vraiment pas. Je ne voulais pas la blesser encore plus. Je n’étais pas sûr qu’elle arrive à encaisser plus et je ne le voulais de toute façon pas. Tout en la regardant, je lui souris légèrement, essayant de garder en mémoire le baiser qu’on venait de partager. Je ne voulais pas le laisser échapper. C’était un des premiers bons souvenirs depuis nos retrouvailles, et je voulais le garder coûte que coûte, effaçant ce qui s’était passé la semaine dernière. Toujours lui caressant la joue, comme un automatisme, j’hochais la tête. « Ne t’inquiète pas. Je sais très bien que ce n’est pas ça », répondis-je avant de grimacer légèrement. « Enfin, je pense ». J’étais complètement perdu. Je ne savais plus ou j’en étais. Pendant toutes ces années je n’attendais que ça, être de nouveau avec elle, comme si rien ne s’était passé pendant cette longue absence. Mais de son côté, je n’en savais rien. D’un côté tout son langage verbal avait crié que oui, elle ressentait la même chose que moi, mais je ne voulais pas me planter. Je m’accrochais à un petit espoir, à ce baiser. Tout en étant sûr de rien. «Moi aussi je le voulais réellement », murmurai-je, n’étant pas sûr qu’elle l’entende. C’était quand même fou comme une situation comme celle-là, la mort d’une personne, pouvait en rapprocher deux autres, longtemps perdues de vue. Pendant un court instant, mes pensées vagabondèrent au loin, imaginant ce qui se passait dans la pièce du salon, à l’étage en-dessous. Ils devaient certainement être en train de dormir, ivres. Secouant la tête, je ne comprenais pas non plus leur comportement. D’un côté je les comprenais, ils noyaient leur chagrin dans l’alcool, mais d’un autre, je ne pouvais pas concevoir qu’ils aient laissé Adalyn toute seule. Une colère noire s’empara de moi rien que d’y penser. Je reposais mon regard sur elle, chassant mes pensées, essayant de retrouver mon calme. Il ne fallait surtout pas que je m’attaque à elle. Elle n’y était pour rien.

Elle s’allonge ensuite sur mon ancien lit, et je la suis du regard, souriant. Le nombre de fois qu’elle avait dormi chez moi, étant petit, ou qu’elle s’endormait là, sans que ça soit prévu. Je chassais de nouveaux ses souvenirs. Le bon vieux temps. Ce n’était pas le moment d’y penser, fallait se concentrer sur le futur et non le passé, sinon, on n’arrivera jamais à avancer. Assis sur le bord du lit, la laissant s’allonger, je lui pris la main, la posant dans la mienne. J’hochai de nouveau la tête. « Oui, je peux rester avec toi. Et si tu veux, je peux laisser la veilleuse allumée ».  Je regardais un instant autour de moi, réalisant tout à coup que … justement rien n’avait changé dans cette pièce. C’était toujours ma chambre d’enfant, avec son lit une place. Un sourire en coin de dessina un court instant au coin de mes lèvres. Sans dernière me fit bien rire, et d’ailleurs, un petit rir s’échappa de mes lèvres. Elle n’avait pas changé. Elle arrivait encore à faire de l’humour pendant ces instants. « Reste seulement là. Je reviens ». Je lui lâchais la main et je me levai, allant chercher un fauteuil qui trainait dans un coin avant de le tirer à côté de lit, ou je m’assis, lui reprenant la main. « Galanterie oblige, je te laisse le lit. Repose toi seulement, tu en as plus besoin que moi », lui répondis-je en souriant. Avant de lui demander « Tu as besoin de quelque chose d’autre ? De te changer ? D’une autre couverture ? » Je m’inquiétais pour elle et j’essayais de faire ce que je pouvais. Sans trop en faire non plus. De toute façon, je ne pouvais pas lui décrocher la lune en ce moment, faudra qu’elle s’acontente de peu.  

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Adalyn Blackwell
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MessageSujet: Re: Breathing under water | James & Adalyn Ven 11 Sep - 20:29



Breathing under water
    ft. James & Adalyn

   
Adalyn réussit à s’endormir assez rapidement, sans doute davantage parce qu’elle est abattue par les émotions vécues au courant de cette longue journée que parce qu’elle est réellement fatiguée. Elle n’arrive pas à être réellement confortable, surtout dans sa robe qu’elle n’a pas pris la peine de troquer contre des vêtements plus appropriés au sommeil. Elle se réveille sans cesse, et chaque fois, l’image de James qui somnole sur le fauteuil la fait sourire. Il n’a plus l’âge de dormir ainsi, dans une position assise, les jambes allongées au maximum. Il risque de s’éveiller tout courbaturé, et elle se sentira mal, parce que c’est un peu de sa faute s’il dort là. À de nombreuses reprises d’ailleurs, elle veut le réveiller, lui proposer de trouver un endroit plus confortable où dormir, histoire qu’il reprenne réellement des forces. Mais elle ne le fait pas, parce qu’elle n’a pas envie qu’il s’éloigne… C’est sans doute égoïste de sa part, mais elle tient à le garder auprès d’elle le plus longtemps possible, ne sachant pas si leur bonne entente qui semble s’être rétablie durera. Puis, le matin vient. Les rideaux ne sont pas fermés sur la fenêtre, ainsi, dès les premiers rayons du soleil, elle ouvre les paupières et soupire en constatant qu’elle ne se sent pas du tout reposée. Elle aura besoin de beaucoup de caféine pour affronter la journée. Elle se redresse dans le lit, s’étire longuement, puis se lève le plus silencieusement possible afin de ne pas réveiller James qui semble plongé dans le sommeil. Elle ne peut cependant s’empêcher de poser sa main sur sa joue avec douceur, espace de quelques secondes. À l’instant même où elle s’apprête à la retirer pour aller se rafraîchir à la salle de bain, elle fige.

Pour être parfaitement honnête, Adalyn n’a jamais réellement compris comment son pouvoir fonctionne. Pendant longtemps, elle ne réalisait même pas qu’elle n’était pas normale, qu’elle jouissait d’un don particulier. Il avait fallu qu’elle attende l’âge adulte pour rencontrer une parente éloignée, qui alors lui avait expliqué que plusieurs membres de sa famille avaient, comme elle, des pouvoirs hors du commun. Si elle avait d’abord été très sceptique, elle avait rapidement réalisé qu’elle n’était effectivement pas tout à fait humaine. Elle avait appris à apprivoiser son pouvoir, sans pour autant contrôler comment il fonctionnait réellement. Les souvenirs qu’elle arrivait à percevoir se présentaient souvent de manière aléatoire, sans qu’elle n’ait le moindre contrôle sur ceux-ci. Comme en ce moment. Durant un moment, elle perd toute notion de l’endroit où elle se trouve. Elle ne voit que la crypte située près du manoir. Elle lève le regard, elle remarque le petit corps sans vie de Rachel. Elle s’approche doucement d’elle, ressentant la douleur, le chagrin. Et elle tend les mains vers le cadavre, remarquant que ces mains ne lui appartiennent pas, qu’elle n’est pas maître de ses mouvements. Elle se penche lentement, dépose un baiser sur la joue de sa sœur. Et celle-ci remue, se redresse.

Aussitôt, Adalyn se trouve à nouveau dans la chambre d’enfance de James, et elle retire vivement sa main de la joue de celui-ci, troublée parce qu’elle vient de voir. « James! » Elle pose une main sur son épaule, le secoue légèrement pour qu’il s’éveille. Elle sait que ce souvenir ne lui appartient pas, qu’elle s’est glissée dans la peau de James durant quelques instants afin d’en percevoir un moment de son existence. Mais, surtout, elle comprend qu’il est comme elle. Qu’il a des capacités surhumaines. « Réveille-toi! », ordonne-t-elle d’une voix agités, alors qu’elle réfléchit à toute vitesse. Si elle a bien compris, James a le pouvoir d’éveiller les morts. Elle se doute bien que ce pouvoir a des limites, sinon Rachel n’aurait pas été enterrée quelques jours après sa mort. Mais, bien malgré elle, une idée germe dans son esprit. C’est complètement fou, irrationnel. « Tu… Je sais ce que tu as fait. À Rachel. Tu dois faire la même chose pour ma mère, tu… » Elle a l’air complètement paniquée. « Tu dois me permettre de lui dire au revoir.. »


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James Batthyány
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MessageSujet: Re: Breathing under water | James & Adalyn Ven 11 Sep - 22:18



Breathing under water.
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Je m’affalais sur le fauteuil, cherchant une position confortable. J’étais trop grand pour me mettre dans la position du fœtus, du coup, la seule position encore assez confortable, fut tout simplement de rester assis normalement, en allongeant les jambes le plus possible. Un peu comme quand on est dans un avion. Heureusement pour moi, le fauteuil était quand même de meilleure qualité que les sièges. Je n’attendis aucune réponse de sa part. J’avais très bien vu sur son visage qu’elle était fatiguée et qu’elle n’allait pas tarder à s’endormir. J’avais apparemment vu juste. Je me levai juste pour prendre un coussin dans une chambre voisine, et je me calai dedans, me remettant comme tout à l’heure. A l’aise. Je tournais juste un petit instant la tête en direction d’Adalyn, qui dormait déjà paisiblement. Un léger sourire se dessina sur mon visage et je fermais les yeux à mon tour. Il fallait quand même que je dorme un petit peu. Ça n’allait pas être de tout repos demain. Ce n’était pas la première fois que je dormais sur ce canapé. Mais le plus souvent, j’étais encore petit et je pouvais me contorsionner comme bon me semblait, ce qui n’était plus mon cas actuellement. Je ne calculais plus le nombre de fois ou mon fauteuil s’était transformé en lit. Entre les fois ou Adalyn était ici, que je lui prêtais gentiment mon lit, entre les fois où je m’étais tout simplement installé là un livre à la main et que j’avais piqué du nez. Tant de souvenirs. Des bons et des moins bons.  

Une légère pression sur mon épaule, comme si on me poussait, me réveilla. J’ouvris doucement les yeux, les plissant, regardant autour de moi, essayant de me souvenir ou j’étais. Un coup d’œil suffit à me remémorer la veille. J’étais dans mon ancienne chambre, celle de mon enfance, en compagnie d’Adalyn, qui venait de perdre sa mère. Je me tournais vers elle, toujours plissant les yeux à cause de la lumière et je me remis en place correctement. Grimaçant légèrement, j’espérais que ça allait bien se passer. Je n’étais pas souvent d’humeur le matin à peine lever, et encore moins sans mon café. On fera avec. Je pouvais le faire, parce que c’était elle. « Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? » Je la regardais, intrigué, me demandant quelle mouche l’avait piquée. Dans mes souvenirs, Adalyn était comme moi au réveil. Pas très réceptive. « Tu … Je sais ce que tu as fait. A Rachel. Tu dois faire la même chose pour ma mère. Tu … » Je secouais la tête. Incrédule. Elle me parlait de quoi là ? Qu’est-ce qu’elle me parlait de Rachel ? Cela faisait des années qu’elle était morte. A moins qu’elle veuille raviver le passé, je ne voyais pas du tout de quoi elle parlait. Enfin oui. J’avais ma petite idée. Un souvenir depuis longtemps relégué au fin fond de ma mémoire. Je pris son visage entre mes mains, pour la calmer. J’étais devenu livide, rien qu’en me souvenant et quelques gouttes de transpiration commencèrent à apparaître sur mon front. « Rachel ? Tu me parles de quoi là ? » J’essayais de faire comme si je ne savais rien. Et d’abord, comment elle avait su ça ? J’étais seul ce jour-là dans la crypte. J’étais pourtant sûr que personne ne m’avait vu. « Tu dois me permettre de lui dire au revoir … ». Sur ce, je me levai, toujours la regardant. « Tu veux lui dire au revoir ? D’accord. Comme tu voudras. Enfile une veste, je t’amène à l’hôpital ».  Je savais très bien ce qu’elle voulait dire par-là et il en était hors de question. Surtout que, je ne savais pas vraiment comment elle l’avait su et je n’avais pas envie d’en parler. En tout cas pas à peine réveillé. Il me fallait d’abord mon café. Je me forçais de remettre le souvenir de Rachel à sa place. Rien que le fait d’y penser, de me rappeler à quoi elle ressemblait après … non. Adalyn ne devait pas voir sa mère dans cet état, même si d’un côté, une certaine pulsion malsaine me disait de le faire. Mon côté sombre. « Bon. Tout d’abord, il faut nous mettre les idées en place. Tu veux un café ? », lui demandai-je. « Je te l’apportait ici si tu ne veux pas bouger et faire la rencontre des ivrognes de la maison ».  Sur le pas de la porte, je la regardais. Elle était si fragile. Je ne pouvais pas lui faire subir l’image de sa mère, revenue d’entre les morts. Elle ne tiendrait pas le choc. J’avais donc décidé de feindre l’ignorance pour l’instant.

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MessageSujet: Re: Breathing under water | James & Adalyn Dim 13 Sep - 0:04



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« Rachel ? Tu me parles de quoi là ? » Trop énervée par la découverte qu’elle vient de faire, Adalyn n’arrive pas à savoir si James n’y comprend réellement rien, ou s’il refuse tout simplement d’admettre l’impossible. Mais elle sait ce qu’elle a vu, lorsqu’elle s’est glissée dans la mémoire de James. Elle a vu le cadavre de Rachel, le jour même de sa mort. Et, surtout, elle l’a vue se redresser, reprendre vie, tout ça parce que James l’avait décidé. Elle ignore comment ce pouvoir fonctionne, combien de temps les effets peuvent durer. Mais elle sait qu’elle n’a pas rêvé, que James a réellement pu ressusciter sa sœur durant un moment. « Ne fais pas comme si tu ne comprenais pas! J’ai vu… Je suis comme toi, James. Différemment, mais comme toi! » Elle ne fait vraiment aucun sens, elle en a conscience. Mais elle est trop excitée pour chercher à formuler différemment ses pensées chaotiques. « Tu veux lui dire au revoir ? D’accord. Comme tu voudras. Enfile une veste, je t’amène à l’hôpital. » Sur le moment, elle voudrait crier de joie, certaine que James sous-entend par là qu’il acquiesce à sa demande sans plus de questionnement. Mais bien rapidement, elle devine qu’au contraire, il ne propose de l’amener là bas que pour qu’elle fasse un dernier au revoir au corps sans vie de sa mère. Elle soupire, secoue la tête avec vigueur. « Non, pas ça! Je l’ai fait hier, je le ferai aux funérailles. Ce n’est pas de ça dont je parle… » Elle observe James, tente d’évaluer ce qu’il ressent. Mais il reste de marbre, ne la laissant pas percevoir quoi que ce soit, ce qui l’agace considérablement. Avant, elle devinait tout de lui, mais désormais, il lui est indéchiffrable. « Je sais qu’après sa mort, Rachel est revenue à la vie. Et je veux que tu fasses la même chose, pour ma mère. » Mieux vaut énoncer son désir le plus clairement possible. Ainsi, il ne pourra pas faire comme s’il n’avait pas compris ses réelles intentions. « Je vais te supplier, s’il le faut. »

Actuellement, le plus grand regret d’Adalyn est de ne pas avoir pu dire à sa mère tout ce qu’elle aurait souhaité. Depuis son arrivée, chaque fois qu’elle passait du temps au chevet de la malade, celle-ci était soit endormie, soit dans les vapes à cause des médicaments. Elle n’a donc jamais pu avoir une réelle conversation avec elle, à son grand regret. Il y a tant de choses qu’elle aurait aimé lui confier! La plus importante étant son regret de ne jamais être revenue en Hongrie. La pire erreur de sa vie, sans doute. Et pas seulement à cause de James. Cet aspect pesait lourd dans la balance, évidemment, mais ce n’était pas tout… Elle aurait voulu demander à sa mère d’avoir instauré une distance, de ne pas avoir su être là pour sa famille. Elle avait égoïstement priorisé sa carrière, et maintenant qu’il était trop tard, elle le regrettait amèrement. « Bon. Tout d’abord, il faut nous mettre les idées en place. Tu veux un café ? Je te l’apporte ici si tu ne veux pas bouger et faire la rencontre des ivrognes de la maison. » Elle hausse un sourcil, puis secoue de nouveau la tête. Ils auront tous les deux besoin de caféine pour affronter les heures à venir, mais pas question de perdre du temps au manoir. « On prendra un truc sur la route. Viens! » Elle lui attrape la main, en se dirigeant vers la porte.


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MessageSujet: Re: Breathing under water | James & Adalyn Dim 13 Sep - 17:39



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Affalé dans mon fauteuil, à peine réveillé, je me demandais si je n’étais pas en train de rêver. J’inspirais profondément, me passant une main dans mes cheveux, avant de lui demander « Tu as vu quoi Adalyn ? » d’un ton un peu trop brusque. Il faut dire que Rachel était un sujet sensible, et il l’était encore plus dû fait que j’avais réussi à la faire revenir à la vie, et ça, j’étais le seul à être au courant. C’était mon petit secret. Donc je ne voyais pas trop où elle volait en venir. A moins que ce jour-là, elle était tapie quelque part dans la crypte et que je ne l’ai pas vue. Ou alors, comme elle venait de me le dire, elle était comme moi. Mais c’était impossible. J’étais un simple humain … ou pas. Même si je n’arrivais pas à le concevoir, je savais très bien ce que j’étais, mais jamais je n’aurais pensé la même chose d’elle. Entre la même espèce on devrait s’en rendre compte non ? Quoique peut-être pas. Je n’avais toujours pas bougé depuis le moment où elle m’avait réveillé, et je secouais la tête, la laissant parler, sans l’interrompre. Je ne voulais pas enclencher la troisième guerre mondiale en l’interrompant, pas dans cet état. Apparemment elle croyait dur comme fer que j’allais l’aider, que j’allais ressusciter sa mère. Elle pouvait toujours rêver, même si au fond de moi, un petit côté sombre se réveillait lui aussi gentiment. Non. Il en était hors de question. Si comme elle disait, elle était comme moi et qu’elle avait pu voir ce que j’avais fait, pourquoi elle me demandait de faire pareil sur sa mère ? Elle a certainement dû voir aussi le comportement de Rachel une fois revenue à la vie … C’était plus un zombie qu’autre chose. Un pantin désarticulé. Et l’effet ne durait pas très longtemps, quelques heures seulement. Quoique j’étais encore petit à l’époque et c’était la première fois que j’utilisais mon pouvoir, peut être que maintenant ça durera plus longtemps. Et ensuite la souffrance que je dû subir le lendemain, à l’agonie, à deux pas de la mort.

Juste après lui avoir proposé de boire tranquillement un café, qu’elle refusa, elle m’attrapa la main et me poussa en direction du couloir. Je me libérais de son emprise, avant de la prendre moi par le bras et de l’amener vers le fauteuil, ou j’étais placé il y a quelques secondes, et je la fis asseoir. Je me penchai vers elle, posant mes mains sur ses genoux, la regardant droit dans les yeux. « Ecoute moi bien Adalyn, je ne le répéterais pas deux fois. Tu m’as bien comprise ? Et soit gentille, reste tranquille si tu ne veux pas aggraver ton cas ». Bon, j’avais décidé de jouer franc jeu avec elle, de tout lui avouer, avant qu’elle ne commette une immense erreur. « Ce que tu as apparemment vu, comment je ne le sais pas, s’est vraiment déroulé », je pris une grande inspiration. Encore maintenant c’était douloureux d’en parler. « Rachel venait de mourir. Mon père l’avait déposée dans la crypte, au fond du jardin, pour qu’on puisse la voir une dernière fois, lui dire au revoir. Ce jour-là, c’est ce que j’étais venu faire, pendant que vous tous, étiez en train de préparer les décorations de Noël, comme si rien ne s’était passé. Comme si Rachel n’était pas morte. J’étais complètement détruit. J’avais besoin d’elle. J’allais mal et j’avais besoin de sa compagnie. Je n’avais que douze ans après tout, et je ne connaissais encore rien à la vie. Alors oui, j’ai été vers elle. Je me suis penché au-dessus du cercueil ouvert, pour lui faire un dernier adieu. Et je lui fis un bisou sur le front, comme j’avais l’habitude de le faire quand elle allait se coucher ». Je m’interrompis, me faisant violence. Il ne fallait pas que je craque. « Ce qui s’est passé ensuite, je ne pourrais pas te l’expliquer. Elle était là, assise, me regardant. Mon son regard était vide. Comme si elle ne me voyait pas. Rachel était peut-être revenue d’entre les morts, mais ce n’était plus Rachel. Elle se comportait de façon bizarre, des bouts de peaux se décollait », je grimaçais à ce souvenir « … et elle n’arrivait pas à marcher correctement. C’était en quelque sorte de zombie. Sur le moment, j’avais eu peur, mais, à un moment, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai essayé de lui parler. Rien. Aucune réaction. Elle ne me reconnaissait pas. Et puis, ce fut fini. Elle n’était plus là ». Je plantais mon regard dans le sien, dur, et appuyant un peu mes mains sur ses genoux pour pas qu’elle fuit. « Voilà pourquoi je ne peux pas accepter ce que tu me demande de faire. Si tu veux lui dire au revoir une dernière fois, fais-le, mais dans son état actuel. Car, comme je viens de te le dire, ce ne sera plus elle-même. Faut pas croire en des miracles, et ça t’affectera encore plus ». Je m’abstins juste de lui dire ce que j’avais ressenti le lendemain. Peut-être le lui dirais-je si je n’avais pas réussi à lui faire changer d’avis. J’espérais juste qu’elle ferait le bon choix. Je me sentis aussi libéré d'un point. C'était la première fois que je parlais de cette histoire à quelqu'un.

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