Il ne faut pas oublier de laisser un petit commentaire sur prd et bazzart.
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Bubbles, she is the joy and the laughter. {ft. Adalyn

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James Batthyány
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MessageSujet: Bubbles, she is the joy and the laughter. {ft. Adalyn Lun 24 Aoû - 20:48



Bubbles, she is the joy and the laughter.
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Quasiment onze années sans aucune nouvelle, à part quelques cartes de vœux pendant les fêtes et les anniversaires, mais sinon rien. Et voilà qu’il y a deux semaines je reçois un mail de sa part. Elle est de retour en Hongrie. Je ne savais pas trop quoi en penser, quoi faire. C’était trop soudain. Elle m’avait averti le jour avant d’embarquer dans l’avion. J’avais regardé sur l’ordinateur les horaires des vols et des arrivés, sachant du coup à quel heure elle serait ici. Mais je n’avais pas eu le courage d’aller la chercher. C’était encore trop tôt. Même si c’était onze après. Je n’étais pas encore prêt à la revoir. Tout avait été de ma faute. J’avais enfin réussi à aller de l’avant, laissant le passé au passé, mais voilà que celui-ci me rattrapait. Sous la forme d’Adalyn. J’aurais dû m’en douter si j’aurais réfléchi un peu plus loin que le bout de mon nez. J’étais au courant de l’état de santé de sa mère, la femme du majordome de mes parents ainsi qu’une amie très proche. Cancer du cerveau. Autant dire qu’il ne lui restait plus longtemps à vivre. C’était tout à fait normal que sa fille veuille la revoir avant que ça soit trop tard. A une certaine époque, je souhaitais que ça. Son retour. Maintenant que mon vœu était enfin exhaussé, je ne savais plus trop ce que je voulais. Je ne lui avais pas répondu de suite à son mail, ayant besoin de réfléchir.  Cela faisait maintenant deux semaines. Je lui avais enfin répondu au bout d’un jour, lui disant que, malheureusement, ces temps je n’étais pas trop disponible. Mensonge. Mais ça, elle ne le savait pas. Je lui avais donc récris quelques jours après pour lui donner une date, dans deux semaines, ou j’étais libre. Je lui avais proposé d’aller boire quelque chose dans le centre historique de la ville. Aujourd’hui donc.  

Ce matin je m’étais réveillé comme à mon habitude. Même si je ne travaillais plus depuis quelques temps, j’avais toujours ma petite routine et j’avais tendance à me réveiller assez tôt. Alors que je n’avais rien à faire. J’étais ensuite parti à la cuisine, me préparer un café. Je ne pouvais pas commencer une journée sans avoir ma dose de caféine. En attendant que le café se prépare, je m’étais accoudé à la fenêtre, que j’avais ouverte, et je m’étais allumé une cigarette. Un autre de mes vices. De toute façon fallait bien mourir de quelque chose un jour. J’avais rendez-vous en début d’après-midi, vers les treize heures. Je pris donc la matinée pour me reposer, pour me détendre, me doucher, me préparer. Je n’en fis pas des tonnes non plus. Je n’en avais pas besoin et je ne voulais pas qu’elle croie que c’était fait volontairement. De toute façon je ne voyais pas pourquoi je devrais m’habiller autrement pour elle. Onze ans étaient passés. Je ne savais pas du coup ce qu’elle était devenue. Si ça se trouve, elle était mariée avec des gosses. L’heure approchant à grand pas, je passais de nouveau rapidement dans la salle de bain, remettre en place ma coiffure. Je n’allais pas sur mon trente et un, mais je voulais quand même être présentable. Surtout vu mon statut. Pour aller en ville, je choisis ma voiture la moins voyante. Quoique. Elle était déjà mieux que celle que les gens avaient, mais c’était toute fois mieux que la lamborghini.

Arrivé sur place, je me parquais assez loin des autres places, pour éviter qu’un couillon raille ma voiture par inadvertance. Je faisais le reste du trajet à pied, profitant de me griller une cigarette. Devant le bar, je pris place sur la terrasse, profitant du beau temps, avant que l’hiver ne revienne. Je commandais un verre d’eau gazeuse, il était encore trop tôt pour du whisky. J’enfilai mes lunettes de soleil et j’attendis patiemment. J’étais un poil en avance. Pour patienter, je m'allumais une nouvelle cigarette. Fallait vraiment que je décide d'arrêter un jour.

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Adalyn Blackwell
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MessageSujet: Re: Bubbles, she is the joy and the laughter. {ft. Adalyn Ven 28 Aoû - 17:38



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Onze années de quasi silence… c’est long. Trop long. Surtout lorsque la personne avec qui vous partagez ce silence est l’une des personnes les plus importantes de votre vie. James et Adalyn avaient grandi ensemble, s’étaient vu passer au travers des stades de l’enfance, de l’adolescence, de l’âge adulte. Ils avaient vécu ensemble toutes les premières fois inimaginables : première cigarette qu’ils avaient volée à l’un de leurs parents, première gorgée d’alcool en trouvant la clé du cabinet où étaient rangées les bouteilles, premiers émois amoureux, première relation sexuelle… Ils avaient appris à se redécouvrir au fil des époques, à s’aimer de plus en plus à chaque jour. Ils avaient même été fiancés pendant un temps, croyant fermement que l’avenir qui se dessinait face à eux les verraient unis pour le meilleur et pour le pire. La vie en avait cependant décidé autrement, et voilà qu’Adalyn relisait pour une énième fois le courriel auquel James avait finalement répondu, fixant un rendez-vous cet après-midi-là, dans un café quelconque. La simple idée de retrouver celui qui avait si longtemps fait battre son cœur la rendait nerveuse, elle réalisait que malgré toutes ces années d’éloignement, il comptait toujours autant pour elle. L’éloignement avait eu raison de leur relation amoureuse, mais le lien qui les unissait depuis l’enfance ne pourrait jamais être brisé.

En se jetant un coup d’œil dans le miroir, elle soupire doucement, puis retire la robe qu’elle a enfilée. C’est la troisième tenue qu’elle rejette, aucune d’entre elle ne semble appropriée pour la situation. Elle ignore absolument comment se présenter à lui. Élégante et raffinée? Coquette et adorable? Confortable et complice? Rien ne semble convenir. Ils sont tellement proches, tellement loin… Elle finit par tendre la main vers une petite robe noire, le genre de robe passe-partout qui se prête à toutes les occasions. Ses cheveux lâchés lousses tombent en vagues, et elle ne met qu’un peu de mascara en guise de maquillage. De toute manière, ce n’est pas comme si elle se présentait à un rendez-vous galant… non?

À présent assise dans le taxi qu’elle avait commandé (il fallait vraiment qu’elle pense à s’acheter une voiture), elle observe le paysage défiler sous son regard. Toutes ces rues qu’elle a parcourues des centaines de fois et qu’elle ne reconnaît plus à présent. Aux États-Unis, elle ne ressentait pas le mal du pays, mais maintenant qu’elle est revenue en Hongrie, elle se demande comment elle a pu s’en éloigner si longtemps. Il devient clair qu’elle n’a plus envie de la quitter de nouveau. Arrivée face au café où ils ont rendez-vous, elle sort du taxi, nerveuse. Et elle avance vers la terrasse, cherchant James du regard. Elle le remarque presque aussitôt, et un sourire anxieux s’affiche sur ses lèvres tandis qu’elle avance timidement vers la table où il se trouve. Lunettes de soleil au visage, cigarette à la main, il ne semblait pas tellement avoir changé. Une fois rendue tout près de lui, elle lui fait un petit signe de la main. « James… Ça fait longtemps. », dit-elle simplement.

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James Batthyány
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MessageSujet: Re: Bubbles, she is the joy and the laughter. {ft. Adalyn Dim 30 Aoû - 16:56



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Seul, assis à ma table, je regardais les gens passés sur le trottoir d’en face. Je ne faisais même pas gaffe aux coups d’œil que certains me lançaient, surtout que, j’étais connu dans la ville.  Il n’y a pas trente-six mille comtes et j’étais l’un d’eux. Je ne m’étais pas encore habitué à que les gens sache qui je suis alors que je ne connaissais personne. Je ne m’y habituerai certainement jamais. Au moins, en Amérique, quand j’étais parti faire mes études là-bas, je passais incognito partout, personne ne connaissait mon nom et on me laissait tranquille. Tirant sur ma cigarette, qui en était à la moitié, je vis un taxi s’arrêter non loin d’où j’étais, au coin de la rue. Une jeune fille en sortit. Sans même savoir que c’était Adalyn, mon cœur loupa un battement. La voyant s’avancer vers moi, car c’était bien elle, je me demandais encore pourquoi j’avais donc accepté l’invitation. Certes, nous avions été inséparables durant de longues années et nous avions vécus tellement de choses ensemble, mais là, sur le moment, je n’étais plus sûr que ça soit été une bonne idée. J’étais anxieux, surtout que, il y a onze ans, c’était à cause de moi que tout était parti en l’air. Je n’aurais jamais dû écouter mon père et rester avec elle. Mais voilà. On ne pouvait pas changer le passé et il fallait aller de l’avant.  À quelques pas de moi, je pris une grande inspiration, prenant mon courage à deux mains. Je n’aimais pas me montrer faible. Fierté quand tu nous tiens.

Arrivé à mon hauteur, elle s’arrêta, sans s’asseoir. Je profitais un petit instant de la contempler avec mes lunettes, la détaillant de la tête au pied. Simple réflexe. C’était comme si elle n’avait pas changé en onze ans. Que le temps l’avait épargné. Par politesse, j’enlevais mes lunettes, en tout cas au début, car avoir le soleil dans les yeux, ce n’était pas la chose la plus agréable qui soit. « Ada … ». J’avais l’impression que j’avais fait un effort surhumain pour dire son nom, tellement j’étais anxieux, hésitant et rongé par la culpabilité. Mais rien n’apparaissait. Je gardais un visage impassible. A la Patrick Bateman.  Sortant de mes pensées, je lui désignais une chaise, en face de moi. « Assieds-toi seulement ».  Je bus une gorgée de mon verre, avant de reposer mon attention sur elle. « Oui … ça fait longtemps ». Et tout ça est de ma faute. Mais je me tus. Elle n’avait pas besoin de le savoir et je ne voulais pas m’étaler sur le sujet. C’était déjà bizarre de me retrouver en face d’elle après toutes ces années. Je ne savais même pas quoi lui dire, c’est-à-dire à quel point je n’étais vraiment pas à l’aise. Je pris le briquet dans ma main et je le fis tourner entre mes doigts, en signe de nervosité. Je pris une grande inspiration avant de poursuivre « Tu as fait un bon voyage ? » Question débile, mais c’était la seule chose qui m’était venue en tête. Je n’arrivais plus à démarrer une conversation avec elle alors qu’avant, on était inséparables et s’il y avait des moment de blancs dans la discussion, ce n’était pas grave, ce n’était pas gênant comme aujourd’hui. « Tu bois quelque chose ? » demandai-je avant de boire une gorgée de mon eau gazeuse. Décidément, j’aurais dû prendre un whisky, mais ce n’était pas le moment.  

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Adalyn Blackwell
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MessageSujet: Re: Bubbles, she is the joy and the laughter. {ft. Adalyn Lun 31 Aoû - 17:21



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Elle s’assoit finalement face à lui, la nervosité accompagnant chacun de ses gestes. Elle se sent un peu gauche, a l’impression que si elle commande un truc à boire, elle risque de tout renverser. Elle aurait besoin d’alcool pour apaiser la tension qu’elle ressent, mais elle a l’impression qu’il est un peu tôt pour ça. C’est étrange, elle s’était imaginé les choses autrement. Elle aurait cru que James l’aurait au moins embrassée sur la joue ou serrée dans ses bras, mais non, ils conservent une distance absolue, preuve que leur complicité a pris un sacré coup dans l’aile. Ça la blesse, mais elle comprend. Elle jette un coup d’œil au menu, tout pour éviter son regard, l’évidence de sa présence. « Oui, je suis heureuse d’être rentrée. », répond-t-elle simplement, tendant une main un peu tremblante vers le menu afin de choisir un truc à boire. « C’est juste les circonstances de ce retour qui sont un peu… tristes. Enfin. » Elle repense à sa mère, l’état dans lequel elle se trouve. Amaigrie, faible. C’est idiot, elle avait conservé l’image de sa mère comme elle l’était lors de son départ pour les États-Unis, une éternité auparavant. Une femme un peu ronde, joviale et souriante, toujours pleine d’énergie. Le choc a été rude, intense, douloureux. Mais elle préfère ne pas y penser dans l’immédiat, ne pas ajouter une lourdeur supplémentaire à ces retrouvailles tendues. Le serveur s’approche d’eux, et elle demande timidement un verre de vin blanc. Au diable les convenances, elle a besoin d’alcool, c’est comme ça. « Il est dix-sept heures quelque part dans le monde pas vrai..? », dit-elle timidement à James avant de rire doucement.

« Ça fait drôle… On ne s’est pas vus depuis des siècles, j’ignore comment briser cette glace. » Elle pose enfin le regard sur lui, le détaille longuement du regard. Elle remarque que quelques petites choses ont changées, ses traits ont mûri, il a ces petites rides si charmantes au coin des yeux. Il est toujours aussi attirant, à son regard. Elle a l’impression de redevenir l’adolescente en pâmoison qu’elle était autrefois face à lui. Cette époque où elle camouflait ses sentiments en blaguant toujours auprès de lui, en jouant le rôle de la meilleure amie, de la petite sœur de cœur. Mais beaucoup de temps s’est écoulé… Elle ne peut plus feindre, aujourd’hui. Le serveur s’approche d’elle pour lui donner son verre, et elle le remercie avant de prendre une gorgée. Elle incline légèrement la tête sur le côté, son regard toujours posé sur son visage. « Tu m’as manqué. » C’est peut-être trop honnête, elle s’en fout. Il la connaît par cœur, et même si elle a certainement changé depuis tout ce temps, elle n’a pas envie de se poser des barrières inutiles. Dire ce qu’elle pense lorsqu’elle le souhaite, c’est l’une des caractéristiques principales qui fait d’elle ce qu’elle est.

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James Batthyány
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MessageSujet: Re: Bubbles, she is the joy and the laughter. {ft. Adalyn Lun 31 Aoû - 20:46



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A peine lui ai-je dis qu’elle pouvait s’asseoir, qu’elle le fit. Une vague de soulagement m’assaillit. Au moins elle n’allait pas rester debout tout le long. Ce n’était pas du tout une question de supériorité ou d’infériorité, mais ça me perturbait facilement quand quelqu’un restait debout alors que j’étais moi-même assis. Une bonne chose de faite. Je plante mon regard dans le sien, c’est une habitude chez moi. Je regarde toujours les gens avec qui je parle, surtout elle, même si, au fond de moi, j’ai mal. La culpabilité et les remords ne sont jamais très loin. Depuis ces onze dernières années, j’ai toujours un point sur la consciente, et qui n’est pas prêt de partir, à moins que j’arrive à lui parler, mais ça ne se fera pas aujourd’hui. Je ne la sens pas trop. J’ai juste l’impression qu’on est chacun dans notre petit monde, faisant attention à notre gestuelle, à chaque parole prononcée. Ce n’était pas comme ça à l’époque. On parlait de tout et de rien, on rigolait, on partageait les bons moments ensemble et on n’avait pas honte de ce qu’on disait ni de ce qu’on faisait. On ne se jugeait pas. Tandis que là, je ne savais pas dire pourquoi, mais on faisait attention à absolument tout. C’était peut-être l’âge qui nous faisait nous comporter de cette manière, ou alors tout simplement les années qui nous on séparés. Chacun a refait sa vie de son côté, se créant de nouveaux souvenirs, et une grande distance c’était installée entre nous deux. C’était triste. Je donnerai tout pour revenir au bon vieux temps, mais voilà, ce n’était pas police. Même en tant que sorcier, car je savais très bien ce que j’étais, je n’avais pas ce pouvoir. Et encore, celui que j’avais était plutôt une malédiction. Voilà encore un sujet tabou entre nous deux, c’était une de seules choses qu’Adalyn ne savait pas de moi.  Tout ce dont j’étais certain, c’était qu’une tension régnait entre nous, et que j’espérais qu’elle allait bientôt se dissiper. Elle me parla de la raison de sa venue. Sa mère. Logique. Je ne montrais pas, qu’au fond de moi, cela me blessa. Si sa mère n’avait pas été malade, elle ne serait pas revenue. C’est en tout cas ce qu’elle sous-entendait. « Oui je suis au courant … c’est effectivement triste. Mais au moins t’es revenue à temps … tu peux encore passer quelques temps avec elle ». Elle n’était pas encore morte. Mais je ne lui donnais pas encore long feu.  

Quand le serveur arriva à notre table, je n’avais pas encore fini mon verre d’eau, que je portais justement à mes lèvres. La jeune fille commanda un verre de vin et le serveur commençait à partir quand je l’apostrophais, m’excusant de ne pas avoir réagi avant. « Un whisky svp ». Tout compte fait, pourquoi pas ? Je n’allais pas changer mes habitudes parce qu’elle était revenue. Et un peu d’alcool ne me ferait pas de mal. Elle avait bien pris du vin elle. Certes, le whisky était un peu plus fort mais voilà, ça allait peut-être nous aider à détendre l’atmosphère. « Oui tu as tout à fait raison. Certainement en Europe. C’est l’heure de l’apéro », fis-je en réponse à sa question, lui faisant un clin d’œil. Ça lui était échappé. Je me grattais la tête, l’écoutant parler. Je ne voulais pas me l’avouer, mais elle m’avait terriblement manqué. Même sa voix. J’avais presque envie de fermer les yeux, juste de l’écouter. Mais ça aurait été mal vu. J’hochai lentement la tête, lui faisant comprendre que je n’avais rien à ajouter et que je comprenais totalement ce qu’elle venait de dire, et que j’étais d’accord avec elle. Sur toute la ligne. Le serveur arriva avec nos verres et je vidais d’abord mon verre d’eau avant de m’attaquer au whisky. Nerveux, je m’allumais une nouvelle cigarette. Tant pis pour mes poumons. « Tu m’a manqué » Une simple phrase. 3 mots. J’inspirais profondément, fermant pendant un court instant mes yeux, tirant sur ma cigarette. Je pris une gorgée de whisky cette fois-ci, ne sachant pas quoi répondre. Ne sachant pas si je voulais me lancer sur ce terrain ou pas. Et pourtant, il le fallait. On devait mettre les choses à plats, les points sur les i. Je regardais loin derrière elle, avant de répondre « Toi aussi … tu m’as manqué. Tu ne sais pas à quel point », je m’interrompis, reprenant ma respiration. « Ecoute … je ne veux pas te retenir pour rien. Je voulais juste te dire que j’étais désolé ». Je n’en dirais pas plus. Déjà que je n’étais pas du genre à m’excuser. C’était une première.  

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Adalyn Blackwell
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MessageSujet: Re: Bubbles, she is the joy and the laughter. {ft. Adalyn Lun 31 Aoû - 23:01



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Bien qu’il ne fasse rien pour le démontrer, elle devine que James est également triste, lorsqu’elle évoque sa mère. Elle le connaît trop pour qu’il puisse réellement lui cacher ce qu’il ressent. Elle ne devine cependant pas la réelle raison de cette tristesse, elle croit simplement qu’il est touché par la maladie dont souffre Mme. Blackwell. Après tout, elle a fait partie de sa vie, il la considère sans doute comme une tante, ou autre truc du genre. En tout cas, si l’un des parents de James était gravement malade, elle sait qu’elle se sentirait concernée, qu’elle ressentirait comme un vide. Mais penser à sa mère ne l’aide pas, en ce moment. Si elle veut se détendre, elle doit arracher à son esprit la vision de sa mère. Elle rit doucement lorsque James commande à son tour un verre d’alcool. Au moins, elle n’est pas la seule à ressentir de la nervosité, ça lui parait désormais évident. Et, d’une certaine manière, ça la rassure. Ça aurait été horrible, d’être la seule à être si affectée par ces retrouvailles. Elle observe James qui s’allume une cigarette, légèrement envieuse. Elle a cessé de fumer depuis des années, mais il faut avouer qu’en cet instant précis, la nicotine lui ferait le plus grand bien. Mais ce serait vraiment idiot de reprendre une si mauvaise habitude, elle détourne donc légèrement le regard du paquet qu’elle observait, prend une nouvelle gorgée de vin. « Je pense que je sais. À quel point. » Sûrement autant qu’il lui a manqué, à elle. Elle s’est toujours sentie mal par rapport à cet éloignement. Lorsque James avait dû la quitter pour retourner en Hongrie, elle ne lui en avait pas tenu rigueur, au contraire. Elle comprenait bien la situation, et croyait tellement à leur histoire qu’elle avait la certitude qu’elle se renforcirait au travers de cette épreuve. Mais le temps avait malheureusement fait son œuvre, et alors qu’ils s’étaient promis de se retrouver, c’était elle qui avait finalement porté un coup de hache fatal dans leur histoire en restant aux États-Unis. C’était elle, la fautive. Ainsi, lorsque James lui présente des excuses, elle ne comprend pas.

Avec du recul, elle ne saurait expliquer pourquoi elle n’a pas pris le premier avion qui décollait vers la Hongrie, une fois son diplôme en poche. À l’époque, elle était toujours amoureuse de James, et s’ils n’étaient plus en couple, elle savait bien qu’il l’attendait. Mais elle était une jeune diplômée qui venait de se faire offrir un poste important, elle avait décidé de tenter le coup, se disant que cela ne durerait que quelques mois. Les mois s’étaient changés en années, et plus le temps passait, plus elle redoutait le moment fatidique où ils se retrouveraient enfin. Aujourd’hui, elle n’attend évidemment plus rien de lui. Si elle était revenue immédiatement après la fin de ses études, elle est à peu près certaine qu’ils auraient repris leur relation là où ils l’avaient laissée. Mais après toutes ces années… c’était tout simplement impensable. « Désolé?! Mais… pourquoi? » Elle a peur qu’il comprenne mal ses paroles, qu’il croit qu’elle considère toute cette histoire comme quelque chose de peu important, quelque chose qui ne mérite pas des excuses. « C’est moi qui suit désolée… C’est moi qui n’est jamais revenue. »
 

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James Batthyány
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MessageSujet: Re: Bubbles, she is the joy and the laughter. {ft. Adalyn Mar 1 Sep - 19:29



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Il n’y avait plus rien à dire. Je n’allais pas non plus m’étendre sur ce que je ressentais vraiment. C’était déjà pas mal que j’avais réussi à lui dire qu’elle m’avait manqué, alors continuer la discussion sur ce sujet, ce n’était pas trop ça. Je n’aimais pas montrer mes sentiments, et je me sentais surtout trop con et faible de ressentir encore quelque chose envers elle après onze ans d’absence. Certes, pendant quelques temps j’avais passé à autre chose. Je n’étais pas non plus resté célibataire pendant toutes ces années. Je m’étais même marié, si on pouvait dire cela comme ça, avant de le faire annuler deux semaines après, à Las Vegas. Ça, en tout cas, j’étais sûr, je ne le lui dirais jamais. C’était mieux qu’elle ne le sache pas. Quoique, peut-être qu’elle l’était aussi après tout. Onze ans ce n’est pas rien. Si ça se trouve elle est revenue ici avec sa nouvelle famille, et un môme en prime. Va savoir. Je ne fis aucun commentaire non plus sur l’état de sa mère. Je passais quasiment tous les jours la voir, et à chaque fois, ça me déchirait le cœur. Même si sa maman ne faisait pas partie de la famille, elle avait toujours été présente depuis ma naissance. C’était ma marraine d’ailleurs, et le fait de la voir se dégrader du jour au lendemain, me faisait souffrir. Ce n’était pas une belle fin de vie. Elle ne méritait pas ça. Tant de souffrance pour rien. Alors je pouvais très bien comprendre ce qu’Adalyn pouvait ressentir. C’était sa mère, ça devait être la même chose que moi, mais en mille fois pire et je ne voulais pas mettre ce sujet sur le tapis. On n’était pas là pour parler d’elle, même si ça lui ferait peut-être du bien, quitte à plomber l’ambiance. On était là pour des retrouvailles, qui pour l’instant ne se passaient pas vraiment comme je l’aurais souhaité. C’était tellement normal dans mes rêves, quand je la revoyais. C’était comme si on n’avait jamais été séparés. Tout se passait à merveille. On tombait dans les bras de l’un et de l’autre. Limite en pleurant  à cause de l’émotion. La réalité était tout autre chose. On pesait nos mots, on faisait attention à nos gestes. On n’osait pas. Alors que pourtant, on avait mûri depuis le temps. Je ne comprenais pas trop pourquoi je me comportais de cette manière. Normalement, on se se comportait pas comme cela quand on se culpabilisait. Mais bon, après tout, on ne sait jamais à l'avance comment une rencontre va se dérouler.  

J’avais pris une gorgée de mon whisky avant de m’excuser. C’était passé assez difficilement et je ne voulais pas le répéter plusieurs fois. Je n’y arriverais pas. « Désolé ?! Mais … pourquoi ? » Sur le moment je ne sus quoi répondre, et je repris mon verre en main, le faisant tourner entre mes mains, les glaçons tintant contre le verre. Que répondre à ça ? Et je n’étais pas sûr de ce qu’elle voulait vraiment dire par là. Toute la tension, la culpabilité enfuie en moi pendant ces années remonta à la surface. J’avais envie d’exploser. De crier. Ce n’était pas de sa faute, loin de là, et j’essayais donc de rester calme, d’utiliser un ton neutre. « Pourquoi ?! » Je m’étais retenu,  mon visage toujours crispé. Elle osait encore me demander pourquoi ? C’était pourtant logique ! Je m’excusais de l’avoir abandonné en Amérique. D’avoir écouté mon père plutôt que d’être resté avec elle, faire ma vie avec. Je rebus une gorgée de mon verre, louchant un instant sur mon paquet de cigarettes, mais il fallait que je me calme de ce côté-là. Faisant tourner le briquet entre mes doits à la place, j’écoutais la suite. « C’est moi qui suit désolée … C’est moi qui n’est jamais revenue ». Ha. C’est donc ça. Je restais un moment ébahi à sa confession. Elle croyait que c’était de sa faute ? Mais … Je secouais la tête, essayant de remettre en place mes pensées. Soupirant, je posais mon regard sur elle. « C’est moi qui t’ai abandonné … tu n’as pas à t’excuser Ada … ». Je regardais ensuite les alentours, les gens qui marchaient, par petit groupe, seul ou en couple. Je m’attardais d’ailleurs un moment sur un couple avant de reporter mon attention sur elle. « Bon … », je pris une grande inspiration avant de poursuivre « Qu’est-ce que tu deviens sinon ? », avant de chuchoter « On parlera du reste une autre fois ». J’étais encore trop secoué par sa révélation pour me lancer sur ce terrain.

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MessageSujet: Re: Bubbles, she is the joy and the laughter. {ft. Adalyn Mar 1 Sep - 21:56



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« C’est moi qui t’ai abandonné … tu n’as pas à t’excuser Ada … » Il n’a pas nécessairement tord sur ce point. Lorsqu’il est parti, ça lui a brisé le cœur, même s’ils ont entretenu une relation longue distance pendant plusieurs mois. Durant cette période, elle s’acharnait dans ses études afin de se changer les idées, récoltant des notes parfaites et des stages qui faisaient l’envie de tous ses confrères. Elle nageait cependant en plein désespoir, ne pouvant s’éloigner de son ordinateur plus de quelques heures, dans l’espoir de recevoir un mail de lui. Elle comptait les jours avant leurs retrouvailles trop rares. Lorsqu’ils se voyaient, elle oubliait tout ce qui était extérieur à leur amour, et replongeait dans un état de pur malheur lorsqu’il devait rentrer à la maison. Après quelques mois de pur supplice, ils avaient décidé, ensemble, de mettre fin à cette torture, afin de mieux se retrouver lorsqu’ils pourraient enfin vivre près l’un de l’autre. Mais voilà. Elle n’était jamais retournée, alors il n’avait pas tous les tords. Certes, il aurait pu laisser tomber la compagnie de son père, ou du moins repousser à plus loin ses engagements qui le retenaient en Hongrie afin de rester près d’elle jusqu’à ce qu’elle obtienne son diplôme. Mais elle-même aurait pu laisser tomber Yale, se contenter d’une université en Hongrie. Et, surtout, elle aurait pu rentrer près de lui dès que l’occasion s’était présentée, plutôt que de laisser la distance l’emporter et tout simplement refaire sa vie en Amérique. Au final, ils avaient tous les deux leurs tords, c’était un fait indéniable. Elle ne répond toutefois pas à James, ne voulant pas jouer au jeu de qui a le plus fait souffrir l’autre. Elle se contente de hausser les épaules, hocher timidement de la tête, boire une gorgée de vin. Un jour, sans doute, ils en reparleront. Mais dans l’immédiat, il est mieux de laisser cet aspect de leur passé de côté.

«Qu’est-ce que tu deviens sinon ? » Il est vrai que James ne sait rien d’elle, tout comme elle ne sait plus rien de lui. Les rares cartes de souhait qui constituaient leurs seuls échanges durant les dernières années ne comportaient que des mots fades, des clichés de toute pièce. Elle a perdu le fil de la vie de James depuis trop longtemps. « On parlera du reste une autre fois ». Malgré elle, elle pousse un rire sans joie, ses sourcils se dressant en signe d’incrédulité. « Une autre fois?! T’es sérieux là..? » Elle pince les lèvres, soupire. Elle n’a pas du tout envie de se disputer avec lui, mais elle n’arrive pas à simplement entretenir une conversation comme si elle l’avait vu la veille. « Je ne sais pas si je peux. Je… j’ai besoin qu’on s’explique. Je ne peux pas rester ici à discuter de la femme ou des enfants que tu as sûrement, sans comprendre ce qui nous est arrivé. » Elle attrape son verre de vin, le vide d’un trait, faisant signe au serveur de lui en apporter un autre. Elle aussi avait imaginé ces retrouvailles complètement différentes. L’évidence même la frappe en plein visage : elle l’aime toujours. Elle n’a jamais pu tourner la page, vivant constamment dans le passé. Tout au long de sa vie en Amérique, elle avait adopté la même attitude que lors de leur relation longue distance, se plongeant dans le boulot, accumulant les heures supplémentaires, ne donnant aucune chance aux potentiels prétendants. Elle aurait pu se contenter de si peu, mais voilà, elle est de retour, face à lui, et désormais, elle ne peut plus prétendre qu’elle va bien. Elle a besoin de savoir s’il ressent la même chose qu’elle, ou si elle doit enfin amorcer le deuil de cette relation qui n’existe plus depuis déjà onze ans.

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James Batthyány
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MessageSujet: Re: Bubbles, she is the joy and the laughter. {ft. Adalyn Mar 1 Sep - 22:35



Bubbles, she is the joy and the laughter.
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« Une autre fois ?! T’es sérieux là ? » Ha. Je reste planté là, bouche bée, me demandant ce qu’il venait de se passer, essayant de comprendre ce qu’elle voulait dire par-là. Sérieux de quoi ? Je restais silencieux pendant un moment, serrant les points le plus possible, pour contenir ma colère. Moi qui tout à l’heure j’avais essayé de garder mon sang-froid, c’était un peu foutu là. Une simple phrase avait suffi. Je me retins quand même de crier, je ne voulais pas trop attirer l’attention sur nous. Déjà que les gens nous regardaient bizarrement, on n’avait pas besoin de ça en plus « Putain Adalyn, commence pas tu veux ? » Je secouais la tête. J’avais presque oublié cette partie-là d’elle. Adalyn rentra dans des colères noires, pour rien. Un simple petit détail et boum, elle explosait. Comme maintenant. Je soupirais. Surtout que je n’étais pas mieux. Ca risquait de mal se finir cette histoire. Essayant d’adopter un temps plus doux, je poursuivais sur ma lancée.  « Tu comprends vraiment tout de travers là. Faut que tu reviennes sur terre ». Avec ma main, qui tremblait légèrement, je vidai d’un coup mon whisky. Tout compte fait, j’avais bien fait de prendre un verre d’alcool. L’eau n’aurait pas suffi. Vraiment pas. Apostrophant le serveur qui passait pas loin de notre table, je lui en commandais un deuxième, mais un double cette fois-ci. Tant pis si je ne serais pas en état de conduire. Au pire je pourrais toujours garder ma voiture ici et rentrer à pied, ce n’était pas vraiment si loin que ça. Sous l’effet de la colère, je détruisais par la même occasion le vœu que j’avais fait tout à l’heure, de me calmer sur la cigarette. J’étais conscient que ce n’était que psychologique la sensation qu’on ressentait, mais j’en avais bien besoin.

Plus elle continuait dans sa frénésie, plus elle avait le don de m’énerver. Je n’avais jamais été connu pour être quelqu’un de calme, surtout pas dans ce genre de situation. Si j’avais su que ça déraperait à ce point avec elle, j’aurais certainement annulé le rendez-vous ou je lui en aurais donné un autre, bien plus tard. Tout compte fait peut-être que deux semaines d’attente n’étaient pas assez. « Je ne sais pas si je peux. Je … j’ai besoin qu’on s’explique. Je ne peux pas rester ici à discuter de la femme ou des enfants que tu as sûrement, sans comprendre ce qui nous est arrivé ».  Elle y allait fort là. Elle n’était pas prête de lâcher le morceau, tout ça car elle avait mal interprété mes paroles. Soupirant ,je vidais mon verre, attendant que le serveur revienne vers nous. « De la femme et des enfants ? Tu … ». Je m’interrompis, réfléchissant un petit moment. Elle pensait vraiment que j’étais marié avec des enfants ? J’avais presque envie d’éclater de rire devant elle, mais tout de même, j’avais quand même une retenue. Bon, en même temps je pensais pareil, elle était excusable, mais c’était trop tard.  « Arrête de jouer à ça, tout de suite », fis-je, pour essayer de la calmer, sachant pertinemment que ç’allait l’énerver encore plus. Je devais aimer l’autodestruction ou le sadomasochisme pour dire une chose pareille. « D’ailleurs, je n’ai pas le temps. Comme tu l’as si bien dit, je dois aller chercher mes enfants à l’école. Ma femme travaillant, elle ne peut pas vraiment », répondis-je en raillant. Juste pour la faire monter sur ses grands cheveux, la voir rager encore plus. J’étais dans un état tel que la seule chose qui m’important à l’instant présent, était de blesser les gens autant qu’ils m’avaient blessé. Manque de pot ça tombait sur elle, celle qui m’avait fait le plus mal. J’allais certainement regretter mes paroles, mais je n’étais pas en état de me contrôler.

J’arrêtais de nouveau le serveur, reprit un whisky. J’écrasais avec fureur ma cigarette, avant d’en rallumer une nouvelle. Tout ce qui se passait là, ce n’était pas vraiment moi. Normalement, je savais me tenir, me comporter correctement, être galant.  Là, c’était juste de la tristesse, de la frustration, un trop de tout, qui ressortait. Tout ce que j’avais retenu en moi pendant des années. Une bombe prête à exploser. « Bon. Expliquons-nous alors, vu que tu y tiens tellement. Onze ans bordel. Tu reviens ici, comme une fleur, comme si rien ne s’était passé. Tu veux savoir quoi ? ». Je détournais le regard, ne voulant plus la voir. C’était bon là, j’avais eu ma dose, et je n’avais pas envie d’empirer mon cas. Je préférais donc l’ignorer.  « Et pour ta gouverne, je ne suis ni marié et je n’ai pas de gosses, pas que je sache en tout cas ». Seul petit moment de consciente, fallait quand même que je mette les choses au clair aussi de mon côté, ce n’était que pur mensonge ce que j’avais dit plus haut, pour la blesser. Je voulais juste voir sa réaction, tant pis si elle me taperait, je l’aurais mérité.  Le serveur revint avec un verre. J’hésitais presque à lui acheter directement la bouteille, mais ce n’était pas une bonne idée. Autant prendre une bonne cuite chez moi, à la vue de personne. Et au moins, je serais à la maison. Je m’affalais dans ma chaise, regardant droit devant moi. Je n’arrivais plus à la reconnaître. Ce n’était plus la même fille que j’avais connu depuis tout petit, avec qui nous avions tout partagé, qui m’avait soutenu après la mort de ma sœur, la première personne à qui je m'étais totalement lâché, et ainsi de suite.  

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MessageSujet: Re: Bubbles, she is the joy and the laughter. {ft. Adalyn Ven 4 Sep - 20:23



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« De la femme et des enfants ? Tu … Arrête de jouer à ça, tout de suite. » Elle sait bien qu’elle est injuste, qu’elle exagère carrément. Mais elle n’a pas pu s’empêcher de réagir ainsi, cette situation est tellement irréelle! Elle aurait voulu que James l’accueille plus chaleureusement, ou du moins, qu’il lui fasse sentir qu’il était réellement heureux de la retrouver, malgré tout. Mais depuis qu’elle est arrivée, l’ambiance est tendue, et même l’alcool ne parvient manifestement pas à les calmer. Elle a été trop honnête, comme c’est malheureusement souvent le cas, et elle le regrette déjà. « D’ailleurs, je n’ai pas le temps. Comme tu l’as si bien dit, je dois aller chercher mes enfants à l’école. Ma femme travaillant, elle ne peut pas vraiment. » Voilà. Ses pires craintes se confirment. Elle encaisse le coup, hochant simplement la tête, sentant son cœur se comprimer dans sa poitrine à un tel point qu’elle se demande si elle ne fait pas carrément un arrêt cardiaque. Mais c’est logique. On ne peut pas dire qu’elle ne s’y attendait pas. En onze ans, jamais elle n’a demandé à ses parents de la renseigner sur la vie de James, parce que cela lui était toujours trop douloureux. Dès que le sujet de la famille Batthyány était abordé, c’était de manière évasive. Elle avait toujours su au fond d’elle que ses parents étaient déçus de la tournure des choses, parce qu’ils adoraient James comme s’il était leur propre fils et qu’ils auraient adoré les voir ensemble, mariés et heureux. Mais voilà. Désormais, elle se devait de complètement tourner la page, de faire le deuil de cet amour qu’elle éprouve toujours bien malgré elle.

« Bon. Expliquons-nous alors, vu que tu y tiens tellement. Onze ans bordel. Tu reviens ici, comme une fleur, comme si rien ne s’était passé. Tu veux savoir quoi ? » « Laisse tomber. C’était idiot de ma part de demander à te voir. Nous n’avons plus rien à nous dire. » Elle a besoin de s’échapper à lui, de reprendre son souffle, d’encaisser le choc. Elle s’était toujours douté que James avait refait sa vie, mais le voir le lui cracher au visage avec un tel mépris la prend complètement de court. Alors qu’elle entame un mouvement pour se lever de sa chaise, James reprend la parole. « Et pour ta gouverne, je ne suis ni marié et je n’ai pas de gosses, pas que je sache en tout cas. » Elle ne répond rien. Durant de longues secondes, elle se contente de le fixer longuement, alors qu’il s’obstine à demeurer détourné d’elle. Apparemment, il ne peut supporter sa présence en cet instant. Le serveur profite de cet instant pour ramener leurs nouvelles consommations, et elle remarque qu’il s’attarde plus longtemps que nécessaire auprès de leur table, sans doute curieux d’en savoir plus sur cette évidente dispute. Le regard noir qu’elle lui envoie semble le convaincre de s’éloigner, et elle reporte ce même regard sur James, toujours dans le plus parfait des silences. Sans un mot, elle se saisit de son paquet de cigarette, s’en allume une. Et après quelques bouffées, elle lâche finalement un rire sans joie, portant une main à son visage pour se masser légèrement les tempes. « Ça te plaît vraiment de me faire du mal, pas vrai? »


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James Batthyány
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MessageSujet: Re: Bubbles, she is the joy and the laughter. {ft. Adalyn Dim 6 Sep - 20:08



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Affalé sur ma chaise, je soupirais. La discussion prenait vraiment une tourne désagréable. Jamais je n’aurais pensé que ça en arriverait là. J’avais juste l’impression qu’Adalyn était une inconnue, que je ne connaissais pas cette femme-là. Certes, après onze ans sans parler à une personne, on ne la connaît plus vraiment, mais à ce point-là, j’étais sidéré. J’avais tout partagé avec elle. Depuis tout petit. A ma naissance, son père était déjà le majordome du mien, je l’avais vu naître, vu ses premiers pas, ses premiers mots. Toutes ses premières fois. Elle avait toujours été là pour moi, dans tous les moments, qu’ils soient bons au mauvais, comme à la mort de ma sœur. Et vice versa. Nous nous soutenions tout le temps. On était toujours collé l’un à l’autre, comme si c’était la petite sœur que je n’avais jamais eu. J’étais là pour elle, pour la protéger du monde extérieur, de tout. Et puis, en grandissant, j’avais commencé à éprouver des sentiments pour elle, de plus en plus fort. Au tout début, je ne savais pas ce que c’était. Je n’avais jamais été amoureux auparavant. Certes, à l’adolescence j’étais sorti plusieurs fois avec d’autres filles, mais je n’avais jamais ressenti ce que je ressentais pour elle. Je restais dans le déni, me disant que ça allait passer, que les sentiments étaient tout simplement plus fort parce qu’on avait passé toute notre vie ensemble, comme des jumeaux, des siamois. Mais ces sentiments ne sont jamais partis. Quand je suis parti pour Yale, à l’autre bout du monde, le monde tout autour de moi s’était écroulé. Je n’avais plus Ada à mes côtés, plus aucun soutien. Et puis elle m’avait rejointe, trois années plus tard. Quelle joie ce fut. J’avais de nouveau pu la prendre dans mes bras, la soutenir, la protéger. Être là pour elle. Et le vide que j’avais ressenti dans mon cœur s’était de nouveau rempli. Cette fois-là, je n’avais plus envie de la perdre, et j’avais décidé d’être honnête avec lui. Lui avouer les sentiments que j’avais pour elle, depuis plusieurs années déjà. C’était là que j’appris par la même occasion que c’était réciproque et je m’en voulu presque de ne pas avoir sauté le pas plus tôt. Mais le passé était le passé et on ne pouvait pas revenir en arrière.  Quelques temps plus tard, et aussi sous l’insistance de nos amis communs, je l’avais demandé en mariage, chose qu’elle avait accepté avec joie, sans savoir que je devais revenir en Hongrie quelques mois plus tard. Je m’en voulais encore d’avoir cédé au caprice de mon père plutôt qu’être resté avec elle. Et je m’en voulais encore maintenant. Mais là, ce qu’elle me disait, je ne comprenais pas trop. D’un côté oui, car c’était en partie de ma faute, mais le reste ? Secouant la tête, j’essayais de me souvenir du passé, de la revoir comme elle était avant et pas ce qu’elle était devenue. J’avais oublié à quel point une personne pouvait changer en onze ans, et j’avais certainement dû changer aussi. Contrairement à ce que je lui avais dit au début, je ne m’étais pas marié. Enfin … oui. Rapidement à Las Vegas, une année après qu’on avait rompu nos fiançailles, mais à la fin du week-end nous nous étions rendus compte de notre bourde et nous avions fait annulé le mariage, mais officiellement, je n’avais jamais été marié. Je ne voulais tout simplement pas et je ne me sentais pas vraiment prêt. Je n’avais surtout trouvé personne qui me convenait. J’avais mis la barre très haut. En quelque sorte, je m’étais barricadé derrière un mur. Revenant à la réalité, je finis mon verre d’un trait, avant d’en recommander un nouveau. Le dernier. Je ne voulais pas passer pour un ivrogne, il ne manquerait plus que ça, et en plus, je devais rentrer chez moi. Etant venu en voiture, je n’avais pas trop le choix de faire attention à ma consommation d’alcool.

J’en avais marre de prendre des pincettes seulement parce que c’était elle. Je pris une grande inspiration avant de lui répondre.  « Bon bon Ada. Maintenant tu vas te comporter en adulte et non pas en gamine. Ce n’est pas parce que la situation ne se déroule pas comme tu l’aurais souhaité que tu doives la tourner en ton avantage ou alors vouloir fuir. Certes, il y a onze ans, je suis parti. Je n’aurais pas dû. J’étais jeune et con. Pendant deux ans, le temps que tu finisses tes études, j’ai attendu ton retour, en vain. Sincèrement, dis-moi comment je devrais me comporter ? Te prendre dans mes bras et dire que j’ai oublié tout ce qui s’est passé ? Non. C’est impossible. ONZE ANS merde. T’es jamais  revenue. Je pense que j’ai aussi le droit à quelques explications là non ? » Le serveur arriva avec un autre verre, que je m’empressai de boire. Quelques gorgées seulement. J’avais posé mon regard, qui s’était assombri, dans celui de la jeune fille assise en face de moi. Je n’arrivais plus trop à rester calme, mais je faisais quand même un petit peu attention. Haussant les épaules, et au point où j’en étais, je repris mon verre en main et le vidait d’un trait. J’étais sur le point de me lever et de partir, la laissant là, quand j’entendis la dernière chose qui sortit de sa bouche. « Ça te plaît vraiment de me faire du mal pas vrai ? » Sur le moment, je restais ébahi, à deux doigts de partir en fous rire. Elle sortait ça d’où elle ? Voilà qu’elle essayait de tout me mettre sur le dos. Ce n’était pas possible. Je me rassis, croisant mes bras sur mon torse. « Tu rigoles là j’espère ? Moi te faire du mal ? Ça ne va vraiment pas bien ma chère là. Faut te ressaisir là. Mais bon, vu que tu veux en parler une autre fois, parlons-en une autre fois, à ta convenance. J’ai autre chose à faire là que tourner en rond pour rien ». Cette fois-ci, je me levai, allumant une cigarette. Ne voyant aucune réaction de sa part, je décidais donc de partir. Je fouillais dans mes poches pour en sortir de la monnaie, pour payer les consommations, avant de partir, sans un regard en arrière, en direction de ma voiture.

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Bubbles, she is the joy and the laughter. {ft. Adalyn

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