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The Pomegranate seeds (aurore)

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Mircea Brâncuși
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MessageSujet: The Pomegranate seeds (aurore) Mar 16 Juin - 9:36



The Pomegranate seeds
   death is on my face
And if you wait too long,
Then you'll never see the dawn again

L’éternité pesante, les nuits à ne pas savoir quoi faire – un humain pour tenir une conversation, s’amuser à prendre une nouvelle identité et devenir le soliste de l’orchestre, ou encore, massacrer jusqu’à plus soif. Tout, il a déjà tout fait et l’amusement n’existe plus, ne reste que l’ennui et ces nuits solitaires qu’il comble par la présence des vies martelées, des cœurs tambours qu’il suit, des mortels qu’il observe et ensuite ? Rien. Des passions qu’il trouve, des curiosités qu’aucun autre de son espèce ne parvient à comprendre. La cuisine qu’il a demandé grandiloquente. Ridicule attention pour lui qui ne se nourrit que de sang. Un jeu. Des livres qui trainent à chaque coin, les explications connues, les ingrédients qui l’amusent et l’écoeurent en même temps. Ce que mangent les humains, il n’en saisit pas le quart, mais il y a tout l’attrait pour l’esthétique, le temps qu’ils passent à présenter pour au final y donner un coup sauvage de fourchette. Horreur ! Des œuvres qu’il dresse et attend la pourriture. Un intérêt pour voir la vie se faner. Un banquet qu’il étale sur la table, les convives absents. Il pourrait… inviter, s’amuser, prétendre mais une fois a suffit. Et toute l’assemblée est passée sous ses canines. Festin qui avait couté sa fuite hors de la ville. Les couleurs virevoltent, les montages, les associations et le festin pour une Perséphone égarée est dressé.

Au salon, à jouer une partie d’échecs sans adversaire, à ne pas trouver de personne capable de l’affronter. Le temps qui ne passe plus, les aiguilles arrêtées. Cavalier et reine qu’il observe, les pions à déplacer. Peut-être devrait-il capturer un mortel, juste pour une partie. Pensée chassée. Il s’apprête à partir lorsque quelque chose se modifie dans l’air. Les odeurs qui percutent mais plus encore un autre son, celui d’un petit bandit au cœur tambourinant. La partie qu’il abandonne pour la curiosité. Les visiteurs sont souvent nombreux, garçons abrutis qui espèrent quelques trésors et terminent la tête sur le plancher. Les cadavres qui terminent au jardin, les corps à jeter. Des mois qu’aucun n’a trouvé le courage de le dérober. Ses possessions qu’il ne tolère pas qu’on touche. Les pas mesurés alors qu’il écoute le cœur, s’en sert comme guide pour trouver la pièce dans laquelle a trouvé refuge le voleur. Les marches qu’il descend sans aucun bruit, le corps qui semble flotter. Cabinet de curiosités qui ferait le bonheur de tout curieux. Une course poursuite parmi les ombres jusqu’à trouver une figure dans la cuisine. Une gosse égarée.

Figé dans l’obscurité, il détaille la visiteuse et remarque le sang d’un mort, l’odeur désagréable. Petite furie qui s’est jetée sur les plats. « Je me suis toujours demandé si le gout était à l’égal de la présentation… » Assemblages incertains. Un pas qu’il fait en dehors de l’ombre. « Si tu meurs empoisonnée, je m’excuse d’avance » Politesse qui n’a pas sa place. Un geste de la main qu’il amorce en comprenant la crainte de l’inconnue. « Reste là… ne pars pas, tu peux prendre ce que tu veux, sinon tout va pourrir » Une compagnie ! Une égarée qu’il ne peut tolérer de laisser repartir.

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MessageSujet: Re: The Pomegranate seeds (aurore) Mer 17 Juin - 10:26



 
C
revé le galeux…
A genoux aux pieds du fauve, le regret sur les pourpres lèvres. Carcasse figée, les derniers tremblements s’épuisent d’une âme avilie. L’homme qui voulait dérober. Mort le voleur! L’inconnu aux mains avides. Doigts amputés par l’animal aux abois. De deux âmes, il n’en est plus qu’une. La rescapée sur l’écorce du monde.

Emprunter l’autoroute était une mauvaise idée… La solitaire perdue sur le bitume, la fille au capuchon rouge. Il ne fallut guère longtemps pour appâter un loup. A marcher sur cette langue de goudron moyennement fréquentée, un pick-up qui arrête sa course à la vue du tendron isolé. Aide proposée, aide refusée, l’adulte insiste, s’obstine et paye de sa vie. Aurore chevrote, poitrine ouverte à la panique. Les iris oscillent sous les rideaux de chair, tremblent au morbide qui s’enracine déjà dans l’ivraie. Poumons convulsés, les dyspnées se perdent dans les ronronnements du 4x4. Puis la seconde d’après, plus rien. La belle engloutie sous la cime des conifères. S’enfuir loin de son crime, la ferraille et le macchabé délaissés dans le vestige de ses vieilles converses. A courir, l’affolée. Loin du putride, loin de la civilisation. Crinière de feu dans l’obscurité, l’enfant du monde qui s’enfonce dans les entrailles de l’inconnu. Progressivement, le rythme diminue aux battements organiques insoutenables. Crampe aux côtes oblige, la peintre s’accorde une trêve contre ce qui semble être un saule. Combien de temps a-t-elle couru ? Suffisamment pour avoir effiloché tous ses repères. A gauche, à droite, des arbres à perte de vue.

Perdue. La constatation qui percute le crâne roux. Mais pire que cette rengaine, l’évidente fatalité d’être seule. Céleste loin, la mère absente, l’excentrique emportée par ses caprices. Un mois putain ! Où diable est-elle ? A l’habitude de voir la seule aimée s’éclipser sans un mot, la même angoisse qui ronge pourtant la fragile chrysalide. Elle qui rage, elle qui pleure, petite fille blottie sous le sommier, bestiole calée contre la porte d’entrée,  à attendre son retour.

Flux de vertige croissant, Aurore doit bouger, ne pas céder à la crise qui gronde sous son sein. Alors, sans une idée de l’endroit précis où elle se trouve, elle s’égare au hasard des bois. La mission s’oublie à l’engourdie qui progresse sous la ronde lune. Feuilles et branches craquent sous ses pas, l’animal se perd mais continue sa pérégrination. Epuisée, affamée, mais le corps qui tient bon difficilement. Elle pourrait s’endormir là, à même le sol, tant la fatigue est grande. Mais à l’épuisement précoce, Aurore n’est pas sûre de se réveiller au petit matin. Ses muscles tiraillent, son ventre grogne. Celle qui se fane à l’absence de son pivot. Céleste, où es-tu ? Chez ‘lui’ c’est ça ?

Lucioles dans le lointain, la fourbue se sait proche de la culture humaine. Son espèce, celle qu’elle fuit, ceux qui ont étiolé sa belle chair, sa blanche âme. Aujourd’hui, elle n’est plus qu’un puzzle mal reconstitué, aux sillons gravés dans l'épiderme que ses vêtements tentent de dissimuler. Chimère d’inconfort, la belle souffre des siens et préfère la solitude au côtoiement humain. Que l’importe leurs avis, Aurore se satisfait dans le silence de la glèbe, loin du capharnaüm des grandes cités.  A vivre dans les doux mots d’une immortelle. Ames liées…

Les contours d’une villa apparaissent finalement à travers la dense feuillaison. Progressivement, la vagabonde quitte la sylve pour se rapprocher de l’onéreuse bâtisse. La silhouette planquée contre les planches de bois, un regard jeté au travers d’une fenêtre, les narines frissonnent à l’odeur séduisante d’une nourriture encore chaude. L’estomac réplique et réclame, faisant hésiter le fauve un instant. Personne en vue, c’est l’occasion. La faim trop longtemps repoussée qui revient au galop, haineux, féroce. Et elle, soumise à ce besoin primitif.

Dans la cuisine, la crasse qu’elle ramène du dehors. Poussière brune, lambeaux de pétioles morts, elle n’en a cure et se rue sur le buffet déserté. Aux bonnes manières oubliées, les mains souillées de sang qui piochent au hasard des viandes marinées. Jouissance de saveurs, le palais ne s’est pas régalé depuis longtemps. Qui a préparé cette merveille ? Peu importe, elle dévore le nécessaire puis s’éclipsera sans un mot. Mais le dessein devient échec à la carne qui se tranche sous la lumière artificielle. Un homme, l’apparente quarantaine. Cet homme ! Les mots ne sont qu’échos à la rage qui bourdonne. C’est lui ! Le rapace qui vole sa muse. La charogne vénale aux paluches qui s’égarent sur la peau de sa belle. L’homme est-il père ou amant ? L’intruse ne réfléchit plus, lâche sa viande et bondit sur celui qu’elle sait créature. Folie plutôt que courage à celle qui étale la carcasse séculaire à même le sol, poignard logée sous la blanche gorge. Lame trop longue pour poignarder. A la décapitation qu’elle prévoit, la bestiole optimiste. « Ou est-elle !? » Crie t’elle, la forcenée. Désespoir et colère qu’elle dissimule mal, l’émoi explose à la figure du propriétaire confus.  « Où t’as planqué Céleste? » Injustice des mots, la jalouse réclame la sienne. La lame s'enfonce déjà dans la chair. Ou est-elle? Ou est-elle!? Les mots hurlés dans la mêlée, fille perdue sans la mère. Tranchoir tremblant sous le pulpe rougie de ses doigts. Humaine sur vampire, David contre Goliath. David trop faible...


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Mircea Brâncuși
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MessageSujet: Re: The Pomegranate seeds (aurore) Jeu 18 Juin - 5:59



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Compagnie pour les nocturnes pensées, à l’espoir qu’une personne accepte de rester avec lui, comme les autres mortels qu’il a côtoyé, comme tous ceux qui se sont évadés avec les années. Il espère Mircea, à la vue de la petite qui s’est glissée dans la maison, d’une fille en haillons, d’une inconnue dont il devine les guerres et saisit que l’innocence est une donnée rayée de tout vocabulaire. Pas de bagarre d’enfant mais autre, plus violent, le sang qui appartient à un homme, les odeurs mêlées.

La furie qu’il ne voit pas arriver, qu’il ne prend pas le temps de maintenir entre ses bras, et c’est le choc contre le sol. Une arme levée à sa jugulaire. Chasseur ? « Ou est-elle !? » Il ne sait pas, ne comprend pas de qui elle parle. Une sœur qu’il aurait dévorée ? Une mère qu’il aurait déchirée ? Ou peut-être une famille tout entière. Les rancoeurs sont nombreuses, les petits qui courent dans son ombre, qui espèrent obtenir la vengeance pour les êtres dévorés. Pas de jugement pour ce soir. « Où t’as planqué Céleste » Un cœur mort qui manquerait un battement. Céleste. Céleste. L’enfant des songes absent. Elle qui l’a abandonné, elle dont il ne possède plus rien si ce ne sont que les échos de crachats. Comment ? De la lame pointée il en oublie la mort présentée et se focalise sur les paroles, sur la question pour laquelle lui non plus ne possède pas de réponse. Qui es-tu. Comment tu connais Céleste. Pourquoi tu la cherches. Les mêmes questions. Ses doigts qui s’enroulent autour du poignet assassin, de la lame qu’il force à rejeter, la poigne qui sert à en éclater les os mais il se retient afin de ne rien briser, suffisamment pour ordonner que la menace soit abattue.

Les gestes rapides, elle qu’il renvoie plus loin, lui qui se relève et prend la lame dans sa main. A l’autre bout de la pièce qu’il s’évade. A croire qu’il est l’animal traqué. La peur d’une gamine. « Je pensais que j’avais trouvé un peu de compagnie pour ce soir… » Créature dépitée qui baisse les épaules. Las. L’aiguille avec laquelle il joue. Loin de la petite folle, en sureté, alors qu’un claquement de doigts suffirait à la tuer. « Céleste n’est pas là… elle n’est pas rentrée » Depuis des années… des siècles. Deux. Céleste qu’il appelle et qui ne vient pas. Son enfant, sa création, elle qui n’est pas revenue, l’accusant de faits qu’il n’a toujours pas compris. Une absence à son cœur, comme une autre, le créateur. Tous le délaisse, tous disparaissent. Les siècles voués à la solitude, aux remplacements par des figures éphémères. « Tu es son chien ? Sa favorite… son animal domestique ? » Mots qui claquent, la jalousie soudaine en comprenant que si elle connaît l’enfant, alors elle n’est pas une indifférente. Une vie partagée. « Je n’ai pas envie de me battre, je ne veux pas salir le sol de la cuisine… alors s’il te plait, un peu de décence » La vengeance qu’il ne souhaite pas, l’attaque qu’il préfère oublier plutôt que de disloquer le corps décharné. Une enfant des rues, une gosse ayant couru à travers champ. La lame qu’il enfonce dans la table, à l’assurance qu’elle ne pourra pas la retirer. D’autres objets feraient des armes parfaites. Il sait. « Tu peux attendre avec moi… si tu as de quoi patienter pour quelques siècles » Le sourire à demi qui se faufile, les regrets apparents. Petite humaine, louve ou autre, il n’en sait rien, ne veut pas savoir – ce n’est pas son problème.  « Tu n’as aucune défense, tu sais certainement qui je suis alors soit tu m’attaques une seconde fois et j’achève ta vie ou… on recommence tout depuis le début »

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MessageSujet: Re: The Pomegranate seeds (aurore) Jeu 18 Juin - 9:40



 
L
’illusion de soumettre l’autre à son joug. Mirage éphémère, mis à terme par deux paluches, doigts centenaires se cramponnant aux radius barbouillés de sang séché. Chair contre chair, le masque du sénile se dérobe dans les callots de la furieuse. Des siècles se diluant dans les iris dilatés, l’horreur sympathique en chaque esquisse. Aurore flanche, comme toujours. A chaque fois le même scénario, elle qui fléchit au poids des vies étrangères. Le contact répugné, horrifié, à l’angoisse de se dissoudre dans la mémoire des autres. Hommes, femmes, tous esquivés, fuis par l’agnelle apeurée. Soubresaut, le fauve frissonne aux souvenirs de l’immortel. Les bras s’agitent, tentent la délivrance pour s’échapper à l’étau immuable. Yeux affolés, les paupières férocement scellées à l’espoir que les chimères se noient dans l’obscurité. Qu’il n’y ait plus que noirceur dans l’âme foudroyée...

Mais déjà, l’étreinte se relâche et le persécuté l’affranchit et s’en détache. L’humaine est éjectée d’une simple foulée, jetée comme un sac à patates, à la force du titan qu’elle ne peut batailler. Elle, avec sa force humaine. Autrement dit ridicule. Peut-être sorcière, mais pouvoirs qu’elle ne maîtrise nullement.

Que fait-elle là ? Ah oui…l’espoir d’y trouver sa douce, l’idée que la fille soit retournée auprès du père. Mais Céleste n’est pas là. Partie quelque part, dieu sait où, loin des siens. Du père, de la fille. Les proches qu’elle s’habitue à délaisser dans le vestige de ses pas, les départs capricieux sans cérémonie. Aurore réalise alors qu’elle n’est la seule hostie aux affres de l’enfant immortel. L’homme planté à l’autre bout de la pièce l’est aussi, martyr jeté à la solitude, liens dissolus par les frasques du diable doré. Mais à cette dernière que le chevalier du temps passé n’a revue depuis si longtemps, la panique gagne les jeunes entrailles. Et si Céleste la désertait elle aussi ? Toujours revenue jusqu’alors, en serait-il toujours ainsi ? Si l’ange plie bagages, la sorcière se sait perdue. Trop peu adaptée à la société, la peur des gens, de la foule, besoin de se réfugier dans ses pensées, au calme des nuits tièdes. ‘Céleste n’est pas là, elle n’est pas rentrée’ Les mots qui déçoivent. Bien sûr qu’elle n’est pas là. Elle avait beau s’en douter, l’espoir creusait sa poitrine à la perspective de croiser sa bienfaitrice auprès du créateur destitué.

Planquée par terre, Aurore glisse un regard désabusé vers la poussière croûtant quelques dalles. Que faire maintenant ? Réponses vides, l’esprit noir, confus de choix qui s’offrent à elle. Puis l’homme questionne sur son lien avec la tornade blonde. « Sa fille » Les mots coulent naturellement de la bouche rosace.  Si elle n’était que ça. La mère, la sœur, l’amante. Un tout forgé dans quatre années de vie commune. Mais est-elle vraiment cette ébauche aux yeux de l’absente ? La négligence de sa personne installe parfois le doute. Quand l’appartement est vide, l’enfant abandonné qui s’égare au chaos du passé. Cauchemars à répétition, les larmes roulent, le sang s’étale aux murs et au sol. Peinture macabre, la fresque de sa douleur qu’elle délivre aux yeux de celle blâmée.

Décence ? Les yeux clignotent au mot familier. Opprobre courante lorsque la mère revient au bercail et juge le bilan de ses excès. « Excuse moi… » Les mêmes mots qu’elle balance à Céleste lorsqu’elle sent quelques phalanges se loger dans sa crinière, avant que n’éclate le tumulte de sa détresse. Attendre avec lui ? Les lèvres s’ornent d’un faible sourire. « Je ne…suis pas d’une bonne compagnie » Désuétude, elle qui peint, cuisine, crée au grès de ses humeurs, planquée loin du monde, à l’abri des regards et des voix. Rêveuse perdue dans sa ritournelle, l’handicapée des sentiments. «  Me tueras-tu ensuite, plus tard, comme toutes les autres avant ? » Pouvoir qu’elle dévoile, sous entend. Question curieuse sans grief, elle qui veut juste savoir. Après le bref contact de leurs chairs, Aurore connait l’homme. Son passé, ses crimes, ses souffrances, comme ses envies et desseins. Le désespoir leur est commun, douleur insoluble propre aux deux écorchés qui se fixent avec parcimonie.  « Elle part, la brise incertaine, sans un mot. Mais elle m’est toujours revenue… » Céleste au cœur bohémien. « Des semaines, parfois des mois. Mais toujours, elle est revenue » Murmures dans le vague, l’expression de ses sentiments, de sa déception. « Je croyais qu’elle serait revenue ici, voir l’homme de ses souvenirs, le père oublié… » Mais seuls sont-ils, trou béant dans leur cœur à l’aimée volatilisée. Pour Aurore, la peur de retourner dans une cage. Des barreaux pour inhaler sa liberté, de la rouille comme seul parfum pour enjôler ses rêves. « La viande est délicieuse… » L’esprit qui s’égare, le regard qui s'accroche au buffet pillé par ses mains voraces. Depuis quand n'a t'elle aussi bien mangé? Trop longtemps. Un mois. Quelques miettes grignotées ci et là, le squelette sous les amples tissus.


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Mircea Brâncuși
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MessageSujet: Re: The Pomegranate seeds (aurore) Lun 22 Juin - 15:39



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« Elle est incapable de s’occuper d’elle-même, toujours à voguer et elle a fait de toi sa fille ? Tu es plutôt son animal de compagnie, un jouet qu’elle délaisse » Comme moi… comme tous. Des jouets pour une enfant qui ne sait se satisfaire de la compagnie d’un seul, d’une capricieuse dont il n’a jamais su ce qu’elle désirait ou plutôt… qu’il ne voulait pas voir, ni comprendre. Son enfant dans les nuits vagabondes, sa belle aux lueurs blafardes qu’il imagine voguer. Les songes hantés. D’une larme qui verse à la joue opaline, le sang arraché d’un revers de la main. Le temps écoulé sans la revoir, sans savoir si elle est encore vivante mais les mots de l’inconnue lui prouvent qu’elle n’est pas morte, qu’elle continue de fouler la Terre.

«  Me tueras-tu ensuite, plus tard, comme toutes les autres avant ? » La question interpelle. Des interrogations. Comment peut-elle savoir ? Et de son visage qu’elle connaissait. Des questions qu’il laisse en suspens et préfère abandonner toute logique. « Si tu m’ennuies… si tu m’attaques encore une fois… probablement que oui. Je peux juste te promettre d’être délicat » Des enfants sauvages qui se refugient à sa maison, les rivages pour petits égarés qu’il aime quelques temps, les belles figures qu’il garde des années, jusqu’à les voir faner et demander la libération qu’il n’octroie jamais. La peur de la solitude qui serpente lentement entre ses entrailles, l’abandon qu’il ne tolère plus, de deux êtres qui se sont évadés sans rien lui donner pour les retrouver, sans aucune trace, aucune lettre. Rien. C’est la frayeur dans ses paroles, d’un Peter Pan sans ses fidèles camarades, du garçon sauvage qui ne sait tolérer le vide autour de lui, le silence de sa vie qui ne connaitra aucune fin. Le temps qui est son ennemi alors que l’impact n’existe plus, que les années ne se comptent que sur les visages des mortels, les corps qui se dégradent alors que le sien subsiste. A l’approche du millénaire, c’est la crainte de voir le monde s’effondrer alors qu’il sera toujours présent – les paroles d’un petit amoureux des étoiles qu’il possède encore à la mémoire, la mention d’un soleil qui mourra avant la Terre. Avant eux.

Le bonheur qui irradie soudainement aux ambres, d’étincelles dansantes qui n’étaient pas apparues depuis des années. La joie véritable à la mention du plat aux saveurs appréciées. « Je me demandais… si c’était mangeable, tu peux prendre ce que tu veux… je jette à chaque fois » Le dépit des festins préparés, de la table dressée pour aucun convive, uniquement les fantômes de sa mémoire. C’est l’idée singulière qu’il s’apprête à lui proposer. « Il faut que je cuisine pour toi, tes vêtements flottent » Le corps qu’il devine sous les tissus trop amples, petit sac d’os qui le terrifie, les côtes saillantes. C’est la panique du corps malade. Petit oiseau rejeté qu’il veut pour lui, un caprice, une possession qu’il demande. « Tu restes pour ce soir ? Dormir dans la maison d’un monstre c’est un risque, mais je promets de garder mes appétits loin de toi » Pas un sarcasme. La tête qu’il baisse doucement, comme honteux de sa nature, du terrifiant qu’il cache sous la belle apparence du mensonge. De quelques pas furtifs il s’approche de la petite, une main qu’il tend, les convenances qu’il se remémore. L’entente qu’il demande. « Tu as un prénom ? » Le sien qu’il garde jalousement, alors que Céleste lui a probablement dit, qu’elle a brisé le secret de l’identité.

Les doigts qui courent sur la table. La question timide qu’il n’ose pas. « Tu devrais rester un peu… ici. Tu peux attendre si tu veux… qu’elle revienne. La maison est grande, tu n’auras pas à supporter ma présence » La carcasse de géant qui s’éloigne de la pièce, à la crainte de la réponse. D’une petite vie qu’il veut prisonnière, pour lui.


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