Il ne faut pas oublier de laisser un petit commentaire sur prd et bazzart.
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(Mircea&Ana) Lire entre les lignes.

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MessageSujet: (Mircea&Ana) Lire entre les lignes. Mer 8 Avr - 11:17



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Mircea&Anastázia

Instinct primaire. Obsession dévorante, un pêcher bien trop présent chez cette femme brisé à l'honneur bafoué. Petits mots glissaient dans ses lectures, habitude récurrente chez un des nombreux clients de la bibliothèque. Hors de sa traque pour s'assurer que sa création s'en tirait bien, Ana se fondait dans les ouvrages. Le mot semblait faible pour cette jeune femme qui les dévorait. Soif d'imagination, quittant son petit monde à travers des lignes pour s'imaginer en héroïne de saga ou dans de simples poèmes en imaginant une seconde qu'ils lui seraient adressés. Pour une fois, Ana pouvait être la bonne personne dans une histoire. Celle qu'on aimait, qu'on chérissait. Pas cette fille de joie, cette aguicheuse d'hommes ivrognes qui ne demandaient que son corps avant de la jeter. L'amour, elle n'y croyait plus de toute façon. Brisée, lacérée de part en part par le sang de son mari qui coulait encore sur ses doigts fins. Le cœur malade, l'âme au diable. La louve trouvait refuge dans des livres aux univers différents. Comme un anesthésiant à ses douleurs, une bible qui repoussait ses démons ou bien encore un monde où le temps serait figé par des sourires. Personne ne lui faisait ce cadeau. Voir de belles dents écarlates, un privilège qu'elle ne connaissait plus sauf par des mimiques hypocrites pour goûter à sa chair. Pauvre enfant, fille de la lune à son plus grand malheur.

Il ne possédait pas d'habitudes, venait quand bon lui semblait pour rapporter des livres où ils glissaient des mots. Depuis son arrivée en ville, Ana ne cessait de chercher l'écrivain en herbe qui s'amusait à laisser sa trace. Elle le voyait plus comme un être tordu, avide de reconnaissance. La louve jugeait précipitamment. Depuis un mois, elle repérait sa cible sans pour autant l'aborder. Elle voulait en avoir le cœur net avant de crier à la folie. Attendant que l'inconnu dépose ses livres afin qu'ils soient rangés, la brune se cachait discrètement derrière des étagères tandis que des pensées négatives lui émiettaient l'âme. Qui était le plus fou des deux ? L'homme aux mots ou la femme qui traque. Peu importe, elle se précipitait sur les livres rangés. Feuilletant les pages, la louve trouvait ce qu'elle y cherchait. Petit sourire en coin, une petite victoire qui lui faisait battre le palpitant. Elle n'était donc pas morte, petite colombe qui ne ressemblait plus qu'à son ombre. Refermant l'ouvrage, elle restait quelques instants figée. Qu'allait-elle dire à cet homme. Qu'il l’intriguait. Qu'elle aimait cette petite attention ou simplement passer à côté sans en trouver le courage. Ana sentait ses jambes s'entrechoquaient. La peur, l'angoisse. Un souvenir de sentiment, un moment de faiblesse et tout son être envoyait valser ses certitudes. Voilà ce que cela voulait dire, vivre et non survivre.

Elle se dirigeait finalement vers l'homme, petit pas de loup pour ne pas le faire fuir. A vrai dire, c'est bien la jeune femme qui voulait faire demi-tour. L'homme dont elle connaissait à présent les traits par cœur ne semblait froid et distant. Comme une aura noire qui s’immisçait dans votre âme. Le genre de fréquentation qui n'attirait pas les trouillards. Les poings serrés, elle se dirigeait vers l'inconnu. Bouche en cœur, cheveux parfaitement coiffés. Elle se servait de son image pour ne pas changer. Elle ouvrait la bouche, se positionnant à côté de l'homme sans vraiment trop quoi dire. Des murmures pour ne pas déranger les autres clients mais aussi pour masquer les tremblements qui rendaient sa voix hésitante. « Beaucoup de personnes répondent à vos mots ? » Elle se raclait la gorge, se maudissant de ne pas trouver plus original. Ana se trouvait bien moins créative que les livres qui les entouraient. « Car moi, je les apprécie. Je tenais simplement à vous en faire part. » Stupide. « Monsieur. » Elle en oubliait certainement ses quarante ans, impressionnée par cet homme. S'il restait silencieux, la brune rebrousserait certainement chemin avec une énorme honte sur le cœur. Dix-huit heures-trente, cet instant où les secondes se déguisaient en heure.
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Mircea Brâncuși
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MessageSujet: Re: (Mircea&Ana) Lire entre les lignes. Jeu 9 Avr - 12:00


You want weapons? We're in a library! Books ! The best weapons in the world!

« Ils y répondent ? » Un sursaut. Elle apparaît à son dos. Les mots à l’abandon. Avions de papier qui se dispersent. « Avant, en 1867, j’ai entretenu une correspondance avec une petite fille, c’était intéressant, elle me répondait avec des dessins, mais plus personne ne prend le temps de lire » Le soupir aux lèvres. Le passé lui manque. Les lettres. Ces fascinants capable d’écrire, de capturer la beauté ou l’ignoble. Disparus. Rien ne subsiste. Pas de talent. Pas d’auteurs. Des déchets. Quelques prétentieux à qui il a tordu le cou, ne supportant plus ces atrocités en librairie. « Les mortels que tu aimes sont des idiots, des cerveaux absents, abandonnes Mircea, tu aimes des chimères » Vrai. C’est un fait reconnu mais l’espoir court encore, l’envie que quelque part, il y ait des intéressants, des humains qui ne vivent pas que pour les délires d’une boite télévisuelle. Ne pas capituler. Espérer. C’est sa faiblesse, le résidus de l’humain. Croire à la bonté de quelques uns, aux idées, aux âmes fabuleuses ! Des illusions. Des centaines de livres qu’il traine à travers les siècles, des premières éditions dont il ne souhaite pas se séparer, des trésors pour lesquels il accepterait sacrifice. Adoration des écrits, des lettres jetées, des mots à l’unisson. Il jalouse les auteurs, de quelques Baudelaire et Flaubert qu’il a observé, côtoyé. Il se souvient de ces hommes, et de l’absence. Morts. Une vie tranchée. Les délires à leur caboche. Le feu qui crépite, les idées qui se surpassent. Sont-ils tous morts ?

Il court aux bibliothèques, à ces lieux de magie, aux pages qui cavalent entre les rayons, aux livres emprisonnés et condamnés au mauvais traitement. Ombre qui se faufile et cherche la compagnie. C’est eux qu’il admire. Ces carcasses de chair, ces êtres qui ploient et se relèvent. Etudiants, quelques enfants et leurs livres de fables, et les adultes, les raisonnables. Mircea dépose des mots depuis des siècles. Calligraphie qu’il abandonne aux ouvrages, à l’espoir de réponse. Personne. Mais il continue, Petit Poucet des mots, amoureux des pages noircies.

Les pas à sa suite, l’odeur plus prenante. Il hésite à la distinction. Mûre ? Ou peut-être un mélange de figue. C’est boisé, c’est agréable. Figure féminine qui marche à sa rencontre. Il sait. Le corps qui pivote. Des efforts pour lui plaire, paraître moins grise que les âmes de la bibliothèque, mais il ne remarque pas. Les artifices sont pour les hommes. Les vivants. Jolie enveloppe qu’il note. Les premiers mots qu’il lui laisse. La politesse du bandit. « Vous me suivez, vous n’êtes pas discrète » Claquement de langue. Impérieux qui se tourne vers le chat sournois. Etre suivi. C’est le cas depuis quelques jours. Des regards à sa direction. Il sait. « Les gens ne répondent pas. Ils n’ont pas le temps » Les épaules qui se baissent un instant, le désespoir qu’il marque au corps. « Ce qui n’est pas un mensonge. Votre vie est comptée, combien de tic tac encore ? » Il oublie de devoir prétendre à l’humanité. Statue de Commandeur qui se fige. Attaque et jugement à la vie qui palpite. Tambour battant dont il se réjouit. « Quel est le dernier livre que vous avez lu ? » Question qu’il jette sans un regard. La curiosité revient, toujours, cette envie de connaître les mortels, de savoir si des joyaux existent encore. « Je juge les gens à leur amour envers la littérature. Je ne veux pas être impressionné, je veux savoir ce qui vous plait » Des grands noms qu’il aime, et des découvertes qui lui plaisent. « Vous ne m’avez jamais répondu. Pourquoi ? »



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MessageSujet: Re: (Mircea&Ana) Lire entre les lignes. Ven 10 Avr - 12:56



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Mircea&Anastázia


Ventre noué, gorge serrée, elle ne se sentait pas en position de force. Rares sont les personnes qui pouvaient envoyer ses certitudes et son aplomb valser en un regard. Pourtant, suivre un homme pour des simples mots la rendait vulnérable. Comme une enfant à la recherche d'une inspiration, d'un messie. Petite colombe qui s'arrêtait de s'enticher de connaissances depuis plusieurs années, incapable de construire des relations. Comment aimer quand on ne s’appréciait pas soi-même. Ana, elle ne cherchait rien d'autre que des questions à ses réponses mais la manière de s'y prendre semblait bien trop agressive. Elle ne savait pas où elle mettait les pieds. Il pouvait être tout, elle pouvait n'être qu'un rien. Qu'une femme qui lui volerait dix minutes de son précieux temps. Qu'un homme qui la déstabiliserait avant de la renvoyer sur ses pas. Cette pression, l'estomac noué. Elle n'en connaissait plus les mystères. La louve se faisait rarement surprendre par la vie. Pourtant, aujourd'hui, elle laissait ses impulsions faire ce qu'elles désiraient. Rencontrer cet écrivain oublié, ce passionné de lecture ravivait un espoir enfui. Celui de retrouver un semblable. Quelqu'un qui ressentait également le besoin de se perdre dans la lecture. Elle y croyait. Peut-être trop. Ana se berçait d'une douce illusion, celle de n'être plus une curiosité.

Des dessins, une chose dont l'homme semblaient garder un bon souvenir pour pouvoir en parler. Elle n'y voyait rien à répondre, imaginant cet inconnu qui attendait sans cesse des réponses. Ou bien pire, qui ne connaissait plus l'espoir. Ana, elle prenait le temps de lire ses mots avec beaucoup d'admiration. Car cela faisait partie d'une personne, quelqu'un qui avide de découverte. La louve ne pouvait que saluer l'initiative, incapable d'en faire autant. Elle ne serait qu'une admiratrice, ne cherchant pas à faire de même par peur. La peur d'attendre, de tourner en rond pour finalement se taper la tête contre un mur. Elle n'ouvrait jamais sa porte, ne laissait aucun sentiment se glissait dans son esprit livide. La louve ne cherchait pas la présence et la rencontre comme cet homme. Pourtant, elle se trouvait bien dans cette bibliothèque face à l'homme qui laissait ses mots. Curiosité, un vilain défaut qui la menait souvent à sa perte.

Cœur battant, elle se sentait bien plus vivante que dans le passé. Peut-être le risque. La chute imminente. Il marquait son manque de discrétion, aussi froid qu'un cadavre en décomposition. Elle restait perplexe, perdue par un homme pourtant enthousiaste dans ses mots. « Si je ne suis pas discrète, c'est que je veux me faire remarquer. » Ne pas sous-estimer. Elle pouvait faire des merveilles. Peut-être que le temps altérait ses sens ou que son instinct lui contraignait à se faire voir. Dans tous les cas, son aplomb revenait donner un caractère à son âme. L'inconnu parlait de temps. A vrai dire, il parlait de la faucheuse qui se nourrissait d'âme comme si la sienne se trouvait déjà dans les entrailles de l'enfer. Ses bras se croisaient sur sa poitrine, haussant un sourcil.« Mon temps est déjà écoulé. Le vôtre va filer à mesure que vous étudiez celui des autres. » Mordant, arrachant des réponses de sa gueule de louve. Il se voulait distant, elle se ferait féline. Elle ne vivait plus, Ana survivait depuis la mort de son mari. Blessure encore béante qui laissait une douleur indélébile dans son être. L'homme s’intéressait à ses lectures sans même lui adresser un regard, impolitesse des âmes vagabondes. Sa seconde phrase froissait la brune, outrée d'entendre ses mots sortir de la bouche d'un homme qui la fascinait. « Dans la brute assoupie, un ange se réveille. » Elle passait sa langue entre ses lèvres maquillées d'un rouge à lèvres prune. « Les fleurs du mal. » Ana se raclait la gorge, ne pouvant retenir son opinion. « Juger les personnes par leurs lectures est une chose, savoir lire entre les lignes en est une autre. Les livres nous guident mais nous restons de simples vagabonds. » La jeune femme se mordait la lèvre inférieure, réflexe tordu qui lui venait de sa tendre enfance. Elle ne s'écrasait pas, son tempérament défiait le feu. La question de l'homme était limpide mais elle n'en possédait pas vraiment la réponse. Du moins, elle ne lui en ferait pas réellement part. Ana, bout de femme qui ne se jouait que de son physique, oubliant avec les années où son âme pouvait trouver preneur. Elle se pensait coquille vide, papillon incapable d'éclore. « Je préférais venir vous adresser mes sympathies en personne. J'aime lire mais je ne suis pas cette femme courage qu'on met en héros des livres. Juste la catin, incapable d'aligner deux mots. » Elle roulait des yeux, ne cherchant pas la sympathie de l'homme mais faisant juste preuve de vérité. Ana ne se cachait pas, elle ne dissimulait plus ce qu'elle pensait d'elle. Le temps l’abîmait tandis que son reflet la consumait.
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Mircea Brâncuși
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MessageSujet: Re: (Mircea&Ana) Lire entre les lignes. Mar 14 Avr - 13:46


You want weapons? We're in a library! Books ! The best weapons in the world!

« J’ai eu l’impression d’être espionné... » Mircea ne saisit pas que certaines paroles doivent être masquées, qu’il n’est pas necessaire de tout dévoiler. Une franchise étonnante. Les mensonges sont difficiles. Il sait comment faire, comment formuler des informations mais l’envie se fait absente. Etre suivi. La désagréable idée que quelqu’un piétine son ombre.

Les aiguilles se sont arrêtées pour lui. Depuis près de huit cent années, elles ne font plus aucun tour, se sont figées pour une éternité qu’il apprécie parfois et sur laquelle il hurle par instant. Le sablier qui ne fait plus sa route. Mircea ne change pas mais observe le monde s’écrouler, les vies qui se fanent. Ces humains pou lesquels il ne peut rien. « Le temps n’existe pas pour moi. Ce n’est qu’une définition, quelques mots dans un dictionnaire » Des sous-entendus, quelques énigmes qu’il glisse à la compréhension. « Vous avez peur de ça ? Du temps ? » Ils sont tous effrayés par le point final. Le dernier pas. La ligne et au-revoir.

Il attend le choix de livre. La vérité ou le besoin de l’impressionner ? Beaucoup se perdent dans une volonté de vouloir égaler une image qu’il renvoie. Des titres qu’on lui donne, des incroyables mais l’intérêt n’est pas là. Mircea reconnaît les menteurs. Les doigts tapotent les tranches des ouvrages. Les titres en relief. Le nom jeté suffit à ce qu’il accepte enfin de regarder celle qui l’a dérangé. « Baudelaire… » Un homme qu’il a côtoyé, a observé pendant des années, dérobant quelques pages, quelques précieux dont la connaissance n’appartient qu’à lui. Bandit. « …la beauté dans les descriptions macabres. J’avoue préférer les textes de celui qu’il a traduit. Edgar Allan Poe ? » Auteur américain. Plume dont l’incroyable n’est due qu’aux traductions. La langue de l’origine est fade. Des textes devenus somptueux sous l’égide du français.

Les mots qu’elle lui donne sont appréciés. Ce sont des réflexions et pas uniquement des critiques jetées au vent. La tête qu’il incline légèrement, signe de reconnaissance, d’acceptation. « Les livres sont des traductions du monde, du comportement de vos semblables » De ses paroles, Mircea s’éloigne des mortels. Il annonce la vérité sur sa condition, glisse des énigmes qui ne sont jamais résolues. « Ils dénoncent les bouches cousues » Les livres et leur pouvoir de délier les atrocités, de noircir des pages pour proclamer ce que l’on veut oublier. Le pouvoir de l’écriture l’a toujours fasciné. Lui qui jalouse les auteurs, lui qui est incapable de poser sa plume pour plus d’une ligne. Ses écrits se résument à ses mémoires, à ces carnets qu’il entasse par centaines. La surprise se note à l’ambre. Une absence soudaine. De personnages auxquels il fait toujours référence, comme si ils étaient la vérité. Il cherche à lui attribuer une figure mais ne parvient pas à trouver. Trop peu d’informations pour le moment. Peut-être plus tard. Un CLAC. Et les lumières s’éteignent. Ils n’ont pas entendu, pas vu que les autres rejoignaient leur vie, au dehors. L’obscurité n’est pas une gêne. Il perçoit mieux qu’à la lumière. « Bien… deux options. Nous en profitons pour dérober quelques livres précieux de la réserve, ou nous partons, laissant échapper une belle occasion » Le sourire dans le noir, elle peut le deviner. Homme à la malice de ses intentions.



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MessageSujet: Re: (Mircea&Ana) Lire entre les lignes. Lun 20 Avr - 15:39



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Mircea&Anastázia


Elle n'était qu'une femme. Constituée de chair et d'os, de vices et de charme. Un être commun qui prenait une route opposée au bonheur. Et sur son chemin, il piquait sa curiosité à vif. Écrivain d'un monde perdu, l'homme à la plume. Messager d'une époque où la technique enterre largement les livres. Elle aimait ses mots, ses attentions et s'en délectait. Comment ne pas s'y intéressait. Pourquoi ne pas prendre dix minutes de son temps pour parler de vive voix avec l'auteur. Juste pour enrichissait son âme, pour se sentir à nouveau vivant. Les mots de l'inconnu la rendaient mal à l'aise. Espionné. Il n'avait pas totalement tort. Elle le faisait, par habitude. Parce que venir à lui sans en savoir un minimum ne la mettait pas en confiance. Se pinçant les lèvres, elle fronçait légèrement les sourcils. « Je m'excuse pour cette gêne. Vieille habitude. » Sincérité, une facette qu'Ana n'utilisait que très rarement. Pourtant, le fond de ses yeux trahissait ses pensées les plus profondes. Elle ne voulait pas que l'homme la voit comme une pocharde qui s'amusait à suivre des inconnus. Pourtant, c'est bien ce qu'elle était. Petite fleur qui perdait ses pétales.

Il parlait de temps, laissant sous-entendre que ce dernier ne possédait plus aucune emprise sur lui. Elle connaissait bien trop les méandres de ce monde pour en faire sa conclusion. L'inconnu ne se cachait pas de sa condition. Il assumait pleinement de n'être qu'un mort de plus jouant avec le commun des mortels. Le marionnettiste de l'univers. Sa question étirait un sourire sur le minois de son interlocutrice. Elle ne connaissait pas la peur et surtout pas celle de la mort. Du temps. De toutes ses choses surfaites. Elle se raclait la gorge en s'approchant un peu plus, parlant à voix basse. « J'ai fait du temps mon allié. Le seul à pouvoir anéantir la malédiction de la lune. Je n'ai pas peur de la vieillesse, de la mort et de ce qui s'ensuit. Alors je prendrais mon temps avec vous. » Elle gloussait légèrement. Ana restait franche quand on se donnait la peine de l'être avec elle. La brune appréciait les vérités bien trop lassées par des désillusions. Des silences qui en disaient bien trop longs. Jouer cartes sur table restait son occupation favorite.

Parler de littérature. Un univers très peu connu de la louve. Elle aimait lire, réfléchir et penser à travers des lignes mais personne ne serait capable d'en converser sans y perdre la raison. Car la passion dévorait son être. Un peu plus à chaque livre. Une échappatoire. Un monde parallèle où la théorie paraissait tellement paisible. Elle aimait chaque personnage, se nourrissait des expériences. Ana vivait sous les lignes d'un poème, se mourrait dans une dernière page qu'elle tournait après une gorgée de vin. L'homme lui parlait d'un poète américain que Baudelaire prenait plaisir à traduire, un homme dont elle ne connaissait que le nom. La littérature était française à ses yeux, elle laissait cela au grand penseur du pays de la grenouille. Balayant l'homme du regard, Ana ne mentirait pas pour l'impressionner. Elle ne faisait pas partie de ses gens qui changeaient pour se faire apprécier. « Question de point de vue. J'aime les écrits français depuis l'enfance. Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de parcourir des auteurs américains. » La louve lui adressait un sourire en coin. Elle connaissait très bien la France, pays où elle déposait ses valises pour un long moment dans sa jeunesse.

Elle gardait la tête haute alors qu'il la comptait parmi ses humains. Ceux qui se nourrissent de malheur et ne cessent de se plaindre devant le premier obstacle. La louve n'était plus une enfant, elle possédait de la bouteille et une sorte de respect malgré ses mœurs légères. Elle était l'inaccessible tout en laissant ses portes ouvertes. Visiter son corps était aisé mais entrevoir son âme relevait du défi. Elle se barricadait. La louve ne prenait pas le temps de répondre à l'homme alors que les lumières s'éteignaient en une fraction de seconde. Elle gardait ses yeux grands ouverts dans l'obscurité. Les propositions de l'inconnu lui décrochaient un sourire alors qu'elle percevait le sien. Yeux de lynx qui sommeillaient dans la nuit, elle savait parfaitement se débrouiller dans la pénombre. Enfant de la lune, gâtée des dieux comme dirait certain. Elle haussait les épaules, gardant son enthousiasme pour elle. « Tant qu'on est ici, autant aller voir les bijoux de cette bibliothèque. » Elle souriait de plus bel, tournant le dos à son interlocuteur pour ouvrir la marche. Les escaliers de la cave se trouvaient au fond de la bibliothèque, elle parcourait donc les allées à pas soutenus. Prendre les devants, c'est bien ce qu'elle savait faire de mieux. Arrivée devant la porte qui menait à la descente, elle se retournait un instant. « Un peu de suspens quand même. » La jeune femme bloquait la porte avec son dos même si elle savait pertinemment qu'il pouvait l'écarter en quelques secondes. Se mordant la lèvre inférieure, la brune laissait son air joueur gagnait son minois. « Puis-je connaître votre nom avant de faire partie de vos partenaires dans le crime ? » Elle gloussait. Simplicité déconcertante, elle gardait ce côté enfantin. Comme un soupçon d'innocence. Ana ne demandait que rarement les prénoms des hommes de passages, car elle ne voulait pas s'attacher. C'était bien différent. Elle souhaitait partager avec lui. Une sensation nouvelle, elle en oubliait presque son poulain.

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Mircea Brâncuși
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MessageSujet: Re: (Mircea&Ana) Lire entre les lignes. Sam 25 Avr - 13:50


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La permission de quelques mots avec une mortelle. C’est encore un jeu. C’est difficile aussi, de prétendre, de ne pas se voiler derrière quelques stratagèmes grossiers. On devine qu’il n’est pas humain, les yeux à l’obscurité, le froid aux mains. Plus rien ne subsiste depuis près de neuf siècles. Corps pourrissant à son intérieur et l’apparence des perfections. Un diable, un trompeur, un sournois drapé des plus beaux apparats. Papillons que sont les mortels, les ailes qui se fracassent au colosse. Souvent il s’égare, et le monologue dure des heures. Un souvenir des conférences qu’il a donné, des thèmes relatifs à la littérature. Mais ils se fatiguent les mortels, et lui oublie qu’ils ont des besoins, qu’écouter pendant huit heures leur est impossible. Mircea capitule pendant des années à se lier avec eux. Un siècle qu’il a passé à la solitude de sa créatrice, à les oublier, à ne sortir que pour se nourrir, à redevenir une bête, le monstre de leurs contes. Et le changement s’est opéré, encore… ll joue à l’humain, pour quelques années encore, le temps jusqu’à la lassitude. « J'ai fait du temps mon allié. Le seul à pouvoir anéantir la malédiction de la lune. Je n'ai pas peur de la vieillesse, de la mort et de ce qui s'ensuit. Alors je prendrais mon temps avec vous. » Malédiction de la lune. La perplexité s’imprime à ses traits, une curiosité. Il n’est pas certain d’avoir entendu. Faux. Son ouïe est excellente, comme les autres sens, il ne peut pas prétendre avoir compris autre chose que la vérité. La lune. Imperceptiblement, c’est un mouvement de recul, la peur qui cavale. Mircea songe à s’enfuir, à délaisser la compagnie. Les loups. Il connaît le mal, connaît la morsure, connaît leur faculté à abandonner la conscience pour devenir des animaux. Pas de commentaire. Le sujet qu’il laisse mourir pour un autre. La littérature qui est le sujet principal, primordial pour lui qui ne sait se passer des ouvrages, toujours un dans la main, toujours à les dévorer même si il les connaît par cœur. « Lesquels sont vos adorés ? » Les auteurs français, il en connaît. Des auteurs de tout pays. La mémoire est parfaite pour la littérature, des extraits qu’il peut citer, que parfois il ne peut pas s’empêcher, surtout le théâtre.

La lumière s’éteint. C’est le rideau d’un théâtre. Représentation terminée, il n’est plus temps de prétendre. Abattre les masques. Il sait et elle sait. Chacun créature infernale. Le sourire s’offre à la l’ombre alors qu’elle accepte de le suivre à ses manigances de bandit. « Puis-je connaître votre nom avant de faire partie de vos partenaires dans le crime ? » Son prénom. L’identité est toujours différente. Il n’octroie pas la vérité à ce sujet. Des mensonges. Pour préserver l’ombre. Pour ne pas s’attacher, et qu’ils ne reviennent pas. De quelques pas, d’une fraction de seconde, un doigt contre les lèvres de l’inconnue, et ses lippes sont à l’oreille. Le chuchotement d’un secret. « Octave… existe t-il un mot de passe ? » Il ment. C’est nécessaire. Puis c’est la demande à ce qu’elle s’écarte. C’est l’enfant au devant d’une vitrine. La possibilité d’obtenir ce qu’il souhaite, mais il est entravé. Le corps de la louve qui fait barrage. D’une pression à l’épaule, c’est la jolie qui doit céder le passage. Une porte qu’il ouvre sans mal. La réserve qui se découvre à son regard. Enfant qui se retient de cavaler à la vue des ouvrages de temps passés. La main qui s’accroche au poignet de la louve, le geste fou. « Pardon » Les excuses, le buste qu’il incline. Mircea ne se permet pas les touchés. Une erreur. Une envie serait plus juste. Elle qu’il abandonne, elle a qui il n’a pas demandé d’identité. Les doigts qu’il glisse aux tranches des adorés, les pages noircies.

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MessageSujet: Re: (Mircea&Ana) Lire entre les lignes. Dim 26 Avr - 12:07



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Mircea&Anastázia

Traquer, semer la mort. Suivre jusqu'à ce que la proie soit en confiance. Connaître les habitudes, jouer avec le temps pour en devenir invisible. Ana se voulait être un loup de qualité, une meneuse qui ne ressentait pas le besoin d'appartenir à une meute. Elle se débrouillait seule, se faufilait dans les esprits avec une aisance démoniaque. Poison enivrant qui prenait à la gorge pour ruiner l'espoir d'un avenir heureux. Tentatrice d'une nuit qui ne perdait pas une miette de la détresse qui s'exploitait dans les yeux de ses chers amants. Pourtant, ce jour-là, elle changeait de registre. Sans le savoir, elle en devenait la proie. Ana se retrouvait face à plus fort qu'elle, face à un vampire avec bien trop d'année au compteur pour éprouver de l'admiration devant le cabot qu'elle était. La brune se retrouvait face à lui, cherchant à ne pas fléchir devant l'homme qu'il était. Petite enfant qui redevenait impressionné par ses pères. Il ne cachait pas sa nature, il en semblait même fier. Méprisant. Son air supérieur donnait une impression de toute-puissance qu'elle se ferait un malin plaisir de briser si l'inconnu continuait sur ce chemin. Bien heureusement, un sujet venait attirer leurs attentions respectives. La lecture, une passion qui les menait à se rencontrer. Ses mots, ses griffes qu'il déposait dans les ouvrages. Elle ne mentait pas, elle ne cherchait pas à l'impressionner. Ana aimait la littérature française et il semblait réceptif. « Victor Hugo reste l'homme qui a su voler mon cœur avec de simples écrits. J'aime l'authentique. » Elle passait sa langue entre ses lèvres. « L’avenir, fantôme aux mains vides, qui promet tout et qui n’a rien ! » Les yeux de la belle s'écarquillaient. Il était son auteur préféré. Celui qui jouait avec les mots sans pour autant y attendre de l'argent. Ana ne cachait pas son admiration pour cet écrivain d'un autre temps. Ce poète d'un jour nouveau.

La lumière s'éteignait, le moment où les cœurs déchiraient se rendait dans des bars pour vider leur peine. L'heure du crime, l'instant où les humains rentraient sagement dans leurs demeures pour ne pas finir en repas. La proposition du vampire semblait alléchante, depuis le temps que la louve rêvait de visiter les caves de cette bibliothèque. Elle se dirigeait, cachant son enthousiasme dans une attitude des plus sereines. Ana bloquait la porte en toute innocence. Elle voulait changer ses habitudes, bouleverser ses préjugés. Un prénom, une chose que la brune ne demandait jamais pour ne pas créer de relation. Libre à l'inconnu de mentir, cela ne ressemblait qu'à un symbole. Elle attendait, l'appréhension bouffant une grande partie de son assurance. Il chuchotait un prénom. Un mensonge ou une vérité, qu'importe. Elle souriait sans pour autant se pousser, cherchant la raison pour laquelle cela semblait si facile. Petite pression sur l'épaule avant qu'elle ne laisse finalement le vampire s'approchait de la porte. Le contact qui empoisonne son esprit, cette peau froide qui caresse sa poignée pendant une seconde avant que les excuses ne viennent résonnaient à tout son être. Ses sourcils se fronçaient tandis qu'elle s'engouffrait dans la réserve. Elle en oubliait les livres, c'était bien la première fois qu'un homme s'excusait pour un toucher. Traits fermés, voix distante. « Inutile de s'excuser. » Mots qui s'évaporaient dans la pièce. Elle n'était qu'une fille de joie, mœurs faciles qui laissaient libre cours aux caresses.

Elle passait entre deux étagères, regardant les ouvrages avec envie sans pour autant y mettre son emprunte sur le voile de poussière qui protégeait les livres. Ana se sentait tellement petite face à tout ce savoir. Yeux pétillants, admiratifs d'une telle collection. Elle frissonne, elle sent sa fragilité revenir au galop. La louve empoigne finalement un livre totalement inconnu avant de souffler délicatement dessus pour en retirer la poussière. Bram Stoker. Un sourire s'échappait de ses lèvres devant le titre. Dracula. Ouvrage d'un autre temps, bien loin des livres de poche. L'invention d'un écrivain, décrivant des vampires à son plus simple sens. Une fascination du sang, des bains rouges fait avec le sang de vierge. Elle se laissait aspirait par les premières lignes avant de finalement relever la tête. Il n'était plus dans son champ de vision, bien loin de se sentir en sécurité. Le cœur battant, elle balayait la salle du regard. Aveuglée par la peur. « J'ai un excellent livre pour vous. » Diversion, cacher sa peur relevait d'un don naturel. Seuls ses battements de son palpitant la trahissaient.
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Mircea Brâncuși
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MessageSujet: Re: (Mircea&Ana) Lire entre les lignes. Dim 26 Avr - 13:37


You want weapons? We're in a library! Books ! The best weapons in the world!

L’obscurité est une aisance, un besoin, une facilité pour ses pupilles qui s’adaptent. Dans le noir qu’il voit au mieux. La lumière l’agresse, l’empêche de voir correctement. Là. Il se déplace sans encombre, se faufile à tous les rayons avec une vitesse effroyable. Un instant là et le second ici. Il n’est qu’une ombre qui virevolte d’un point à un autre, seules les pages volantes sont le témoin de son passage. Des magnifiques qu’il dérobe, essaye de ne pas arracher de pages, de juste prendre les ouvrages sous son bras. Deux manuscrits qu’il porte sans en ressentir le poids. Mircea a égaré sa compagnie du noir. Maladresse ! Il entend le cœur, mais c’est autre qui le dirige, c’est l’odeur suave. A son dos. A distance de quelques ridicules centimètres mais elle ne sait pas, il est mort, pas de battement, pas de chaleur. Personne. La vie palpite à l’intérieur. Ca court. Comme une demande. Les lèvres à la nuque, le manque d’une bétise, mais c’est l’odeur qu’il capture uniquement. « Stoker est un menteur et un voleur. Vous savez ce qu’on raconte ? Qu’il aurait supplié un vampire de le transformer, qu’il voulait connaître une vie dans l’obscurité et le sang » Il chuchote à l’oreille, les mots douloureux mais l’intonation plaisante. Le velours qui s’enroule à la langue. Des histoires qu’on lui a contées, quelques mots d’autres millénaires. Le bras gauche qu’il lève, la main qui joue à l’épaule, ordonne que la belle ne se retourne pas. « Votre prénom ? » L’identité qu’il souhaite connaître, pour celle qu’il a faussé. Le cœur cravache à ses doigts, l’impression qu’il est juste là, sous l’épiderme. Ce n’est que la peur qu’il peut sentir. Lui qui s’en réjouit, saurait apprécier un spectacle sanglant pas mais ce soir. Pourtant, elle est belle sa connaissance, à l’image des poupées qu’il massacre, à celles qu’il conserve dans leur mort. Mais l’idée est impossible. Le sang de loup. Mircea ne sait pas. Les effets sont-ils les mêmes que les mortels ? « Stoker, c’était de la provocation. Vous êtes comme lui ? A attendre le frisson ? A vouloir effleurer la mort ? » Les lippes effleurent le battant, puis la nuque. Aux frissons qu’il voit courir. Des loups, il n’a qu’une connaissance vulgaire, un folklore qu’il a lu. L’éternel ne se doute pas du venin qui court aux corps des chiens. Il disparaît. La fuite se fait à d’autres rayons. Il connaît ses limites à ces jeux. Et la faim qui taraude, les veines qui éclatent à sa peau. Mains bleutées, le visage qui se cerne de l’absence de vie. Il redevient statue de Commandeur. Des livres qu’il emprunte encore. Les pages qu’il feuillette. Elle est là celle qui a recueilli ses mots. Là, à effleurer les ombres sans savoir s’y dérober. « Je m’excuse si je vous ai fait peur » Paroles sincères qu’il accorde. L’envie le change. Le bestiale qui revient pour quelques repas. « Si vous restez ici, je ne promets pas de vous épargner » L’homme qui pivote, aux ambres qui ricochent contre le bleu.

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MessageSujet: Re: (Mircea&Ana) Lire entre les lignes. Dim 3 Mai - 11:18



Lire entre  les lignes.
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Son palpitant la trahissait alors que le noir la rendait subitement nerveuse. La peur, Ana ne connaissait plus ce sentiment avec les années. Sûrement car la louve ne possédait plus rien à perdre, même sa propre vie. Pourtant, une goutte de sueur glissait le long de sa colonne vertébrale alors que le bouquin de Dracula qu'elle serrait dans ses bras s'écrasait contre sa poitrine. Elle voulait faire taire cette émotion, rendre la peur insignifiante. Pourtant, c'est bien un souffle glacial qui parcourait son coup, qui aspirait son âme peu à peu alors qu'elle se tétanisait sur place. La louve ne faisait plus de jeux, elle ne cherchait plus la reconnaissance. Elle était la proie, pour la première fois de sa vie. L'homme murmurait quelques mots sur l'auteur, des contes d'un autre temps qui éveillaient le sourire sur le minois de son interlocutrice. Elle roulait des yeux, restant dos à lui pour ne pas se retrouver en face d'un mort. Par conviction. Pour ne pas affronter la mort. « Il n'y a que les maudit qui souhaitent se délivrer des malédictions. Les humains sont tellement obnubilés par le pouvoir qu'ils en oublient que la mort n'est qu'un fardeau. Que la force est éphémère. » Elle soupirait sans pour autant abandonner sa mimique. Son palpitant se calmait malgré la main de l'homme qui se posait sur son épaule en lui interdisant de se retourner. Ana s'apaisait, elle savait que cet homme ne planterait pas ses crocs dans un fauve. Il lui demandait son prénom, comme pour l'intimider. Ana tournait la tête sans pour autant bouger son corps, l'envie que son souffle chaud arrive jusqu'à l’épiderme du vampire. « Je suis la fille de la bibliothèque. Une identité comme celle-ci me convient. » Elle ne mentirait pas mais la brune ne donnerait pas son prénom. Parce qu'elle aimait détourner les choses, garder un contrôle sur la situation. Pourtant, son palpitant qui retrouvait un rythme de croisière la trahissait tout autant que le frisson qui la parcourait alors que l'homme parlait encore de l'auteur de ce tissu de mensonges. Ses paroles laissaient un rire s'évaporer dans la pièce. Ana n'était pas facile à cerner, seuls les fous se penchaient sur son cas. Caressant le livre du bout des doigts, elle se mord la lèvre inférieure. « Je n'aime la mort que quand cette dernière est face à moi. Quand j'en suis l'auteur. » Elle se raclait la gorge. « Le grand frisson, je l'ai à chaque fois que mes os se brisent. Être immortelle serait un supplice, vivre avec la mort en soi ne fait pas partie de mes envies. » La louve se voulait honnête. Elle n'enviait pas ses suceurs de sang qui se pensaient tout permis. Bien au contraire, Ana chérissait son statut de loup en pensant à ses âmes qui se condamnaient à une éternité de souffrance.

Il se dérobe à nouveau tandis qu'elle reprend doucement possession de son corps. Un petit pas puis deux avant que la voix de l'homme ne revienne caressait son âme. Des excuses puis un avertissement. Son rire qui se mélange à l'ambiance glauque. Elle ne ressentait plus la peur, elle ne croyait plus en l'horreur que l'homme tentait de semer. La brune reposait le bouquin en silence, reprenant ses recherches sans pour autant savoir ce qu'elle désirait. « Je ne cherche pas à être épargnée. » Ses mots qui résonnaient dans la pièce. « Mais vous ne serez pas assez fou pour vous en prendre à une louve. Vous savez qui nous sommes sans pour autant connaître l'étendue de nos facultés. » Ses doigts glissaient sur le rebord d'une étagère. « Ce soir, je suis la femme qui lit vos mots et vous êtes l'inconnu qui a attisé ma curiosité. Les maudits reviendront quand nous passerons cette porte. » Elle passait sa langue entre ses lèvres, portant son attention sur les livres qui défilaient sous ses yeux. Ana ne voulait pas connaître le vampire mais bien l'homme qui se mourrait en dessous. Celui qui lui dictait ses maux. Celui qui touchait son palpitant sans y voir un repas frai.


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