Il ne faut pas oublier de laisser un petit commentaire sur prd et bazzart.
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La venus d’Ille (/w)

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poisoned soul

MessageSujet: La venus d’Ille (/w) Dim 9 Aoû - 9:51



La Venus d'Ille
“Avant de disparaître totalement du monde, la beauté existera encore quelques instants, mais par erreur. La beauté par erreur, c'est le dernier stade de l'histoire de la beauté.”

    ft. Mircea & Madeleine

L’enfant ressuscité se meurt dans l’apothéose de ses réflexions, fils de lin tissés aux champs de Pénélope, Madeleine tourne les pages de son livre à vitesse régulière, l’enfant des ravages habillé d’une robe de perle. Sur sa peau ivoirienne l’étoffe nargue la débauche. Ses bras se fiancent aux manches de brocart pailleté d’or et d’argent, son cou laissé à l’abandon de la pureté sommeille des mots agiles qui se retiennent sur les lèvres, le regard alors étincelle d’intelligence tandis qu’elle écoute la pluie des chaussures de cuir.

Là, dans son tombeau de pierre, elle traîne ses nuits immortelles, le début d’un cauchemar, du cauchemar qu’elle a peint sur le mur d’un havre marmoréen, aux tours de Babel détruites par les chaussons de soie de l’implacable ennui, spleen sournois qui tourbillonne dans les décombres de son crâne victime. Elle a passé ses vespérales dans les méandres du vide, errant dans les rues, regrettant l’humanité envolée par l’acte féroce de son ombre, elle s’est nourrie de ces quelques funestes chevaliers laissés sur la chaussée puante.

Ses cheveux de séraphin flottent sur son dos de marbre, Venus fragile à l’expression sublime. Son visage dévoile la beauté idéale tantôt amère de ces présages bénéfiques tantôt dangereuse par la tentation offerte, la pomme sanglante qu’elle tient en sa paume de vierge immaculée tremble des remarques abjectes, silence de son mépris pour les êtres de chair. L’ouvrage se ferme dans les précipices du tonnerre, il bruine des litanies de larmes, Dieu sanglotant la tragédie précieuse, spectateur abruti par les rêves démantibulés de sa progéniture débile. Sur ses lèvres allumées d’une couche de poison de maquillage elle cite Rimbaud la main sur le vitrail froid qu’elle ne ressent plus à présent.

Légères esquisses qu’elle aperçoit au lointain de la chaleur dilapidée, elle s’avance danseuse dans les dédales, esquive les bibelots âgés par son corps contrôlé, frappe délicatement dans un mouvement de poignet. La fausse ingénue entrouvre l’espace, ses joues coloriées d’une nuance ocre d’or qui parfume la jeune souveraine. « Je me demandais si deux corps de vampire pouvaient se tenir chaud. » Pas de politesse pour le capricieux ayant enfermé la vie, sa vie, dans la fiole de la pérennité, elle qui guide son auréole d’innocent serpent vers le cadavre conservé, la curiosité dans ses iris incendient les élucubrations apprêtées. Des hommes jamais touché, tout juste effleuré, elle en a observé ; vieux, grands, méchants, des hommes aux odeurs charnels, des hommes aux gestes gourmand. Lui est l’énigme qui se moque de la scientifique, lui qui sauve l’Eve dans ses envies destructrices, lui qui n’écoute les mots sortis de l’enfer de sa colère.

La lame git en dessous du matelas, ce pieu même qui permettra au criminel d’éteindre son existence, la chandelle soufflée dans les psaumes mortuaires ; elle a préparé la gosse, le plat de la vengeance. L’aime-t-elle ce sbire adorable ? Elle a appris durant ces deux semaines à le connaître, partiellement certes mais à l’apprécier dans l’étau de ses sentiments désuets. Le tuer pour le remercier se dit-elle, prie-t-elle. La chemise qu’elle défait sans lui demander l’avis proposé, les boutons qu’elle manipule angélique poupée, le regard plongeant dans les dérives de son jumeau créateur. Les doigts caressent le faciès du viking, les lippes embrassent la joue du solitaire dans le jeu amoureux du plaisir naissant. « Je suis vierge mais tu le sais n’est-ce pas ? Je ne connais pas mais l’apprentissage est l’un de mes ébat habituel. » Dit-elle dans le sourire candide ravissant son air de Diane coquine.

Sur le lit elle se pose, s’allonge après avoir lascivement, langoureusement relevé sa robe de dentelle, sur ses jambes fuselées, sculptées de la matière d’épiderme, elle se détourne, danse sur le matelas promessiel. Elle n’a pas enlevé son unique parure, celle qui permet de protéger la statue, là, ses jambes à demie écartée, là sa chevelure d’ébène aux boucles ouvragées, là sa poitrine se soulevant calmement comme l’océan de saphirs brillant de ses pierres riches. Ses doigts ne se meuvent pas, seul le regard reste fixé sur le dieu, son sourire joyeux, timide. Elle est offerte, sage enfant des cieux.        
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Mircea Brâncuși
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MessageSujet: Re: La venus d’Ille (/w) Dim 9 Aoû - 13:14



liebestod
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    ft. Mircea & Madeleine

Sauvée des eaux, reprise au bucher, arrachée à la pierre sacrificielle. Les images ne manquent pas, elles se cognent, se reforment et il se surprend à la regarder, à imaginer ce qu’elle serait devenue si ils avaient continué ce jeu, si il était intervenu à chaque tentative. Une promesse de ne plus les prendre si jeunes, de ne plus dérober les vies pour les emprisonner. Des enfants. Pas assez compréhensives du monde. Esprits non formés. Les canines au cou. L’impulsivité qu’il prend comme excuse. Son obsession baignant dans le sang, le choix qu’il était nécessaire de faire. La voir périr, ou prolonger le séjour dans la mort, offrir les ombres. Deux semaines depuis la mort. Rien qu’il ne lui ait appris. Le nécessaire. Comme l’envie subite de la quitter, de relâcher les liens, de lui donner la liberté de rejoindre un dieu solaire. Les envies changeantes. Les nuits passées à se demander quoi en faire. Le corps jamais touché. Elle qui échappe à ses demandes. De toutes les autres petites qui ont connu l’étranglement des cuisses, la possession assassine puis la mort-renaissance. Pas elle. Madeleine la brave qui se relève. Lavée des péchés.

La maison crache l’abandon, la poussiéreuse qui ne connaît aucune vie. D’une chambre dans laquelle il se réfugie. Solitaire faufilé dans un fauteuil, à attendre le jour. Le temps devenu un souci. Les aiguilles qui ne tournent plus. L’éternité devenue fardeau depuis des décennies. Il se demande Mircea, comment on fait les autres, comment font-ils pour supporter le temps figé. Trop solitaire pour poser la question. Aucun d’assez vieux pour lui répondre. Judah peut-être. Lui qui a abandonné. Un livre qui retient son attention depuis quelques minutes. Les pas chavirent la maison, légèreté qu’il entend, se fit aux déplacements pour reconnaître sa nouvelle possession. Enfant devenue la sienne. Elle entre à la fournaise, elle l’Enigme. Le regard porté sur elle, à se demander ce qu’elle lui veut. Des reproches, encore ? Le livre qu’il abandonne. Les mains s’agitent sur le tissu, d’une chemise ouverte. Le corps à l’observation. Aucun geste pour la retenir, pas un mouvement. « Je suis vierge mais tu le sais n’est-ce pas ? Je ne connais pas mais l’apprentissage est l’un de mes ébat habituel. » L’intérêt soudain. Les paroles singulières qui heurtent la raison. Une donnée connue. Madeleine jamais offerte, toujours à refuser les mains. Les embrassades amoureuses. Il n’a pas jalousé les autres, juste observé, curieux de savoir ce qu’elle en faisait. Des hommes toujours rejetés. Mircea détourne la tête, incertain du jeu proposé. Sournoise. Un serpent qu’elle est devenue. « Non » Unique parole qui perce les lèvres. Yeux clos. Non. Non. Non. Les belles à ses draps deviennent corps sans vie, têtes arrachées. La réponse à la question d’avant, au mensonge qu’il lui offre. Mêler la mort ? D’une fois seulement qu’il a connu l’expérience curieuse, les sens fous, la violence tendre. Judah le créateur qui n’entre pas dans le schéma de pensées. Partage d’un lien. Différence. Une autre… millénaire qui a saigné le vice. D’une fois seulement, à la peur de recommencer. La débâcle d’un surplus d’émotions retrouvées. « Va chasser un humain si tu veux t’offrir, il sera… enchanté de ta proposition » La demande qu’il rejette. Le tissu qu’il referme de gestes secs et rapides. A ne pas l’observer alors qu’elle se donne. Odalisque. « C’est un caprice ? » Question qui déchire, la réponse qu’il ne veut pas entendre. Le corps hurle du manque de sang. Deux jours sans chasser. Des os qui craquent lorsqu’il se lève. Les siècles qui s’impriment lentement. Au rappel que la nourriture devient nécessaire. Assis au bord du lit, dos à l’offrande, les paroles emplissent la pièce. « Pourquoi ?... Pourquoi choisir le sacrifice ? » Le sang à verser. Il en tremblerait d’appréhension si il était encore humain. Les doigts devenus poings au fond des poches.
       
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MessageSujet: Re: La venus d’Ille (/w) Dim 9 Aoû - 14:38



La Venus d'Ille
“Avant de disparaître totalement du monde, la beauté existera encore quelques instants, mais par erreur. La beauté par erreur, c'est le dernier stade de l'histoire de la beauté.”

    ft. Mircea & Madeleine

Outragée la venus qui attendait la venue du supplice, du transport qu’elle s’imagine, sur le lit de satin elle sent le poids du mécréant s’appesantir tel le monde sur son séant portant la misère des âmes envolées. Elle qui s’offre dans la fierté déçue, elle qui voit la chemise reboutonnée par les mains du justicier. Elle sent le désir toutefois suinter la peau parcheminée de l’amant timide, elle sent les frissons de promesse, quelques mots pourraient l’amadouer ce lion orgueilleux mais elle tait les remarques moqueuses, taquines.

De tout homme il est roi et la reine ceignant dans les draps de pourpre se recule discrètement, sort de l’alcôve d’Eden pour venir égayer les genoux du Christ. Assise devant lui, son visage auréolé de bonté, elle ne feint plus, l’amour charmant sur ses traits masqués de dureté alors qu’elle défait l’armure du viril. Le pantalon brûle ses doigts féériques, la ceinture chute sur le sol poussiéreux des cendres d’agonie qu’elle discerne invisible.

Dans ses bras elle porte le fardeau, pécheresse solitaire, du tissu disparu révélant ainsi la masculinité levée. « Un non qui dit oui. » Chuchote-t-elle dans l’espace tendre de l’acte amoureux, dans l’armoire elle range les vêtements, consciencieuse gamine, le cintre cliquetant sur les échafaudages. Elle s’efface dans l’ombre d’une salle de bain où les bruines humides s’éclaircissent de présage, elle porte le sceau de la propreté Madeleine pénitente qui s’agenouille encore, sa chevelure de cristal cachant son front pâle de mauvaises attentions. Des pieds qu’elle lave, débarbouille de la crasse fictives ; elle s’immole dans la gentillesse stoïque. De pieds qu’elle frotte, elle permet au maître de s’allonger, laisse toi aller lui dit-elle dans le silence de ses baiser apposés à sa peau morte de vampire désobligeant.

Le chevauchant quelques instants elle se recule, ramasse un coutelas usé, devant lui perce son poignet où s’égare les viles semences de son périple, rouges comme la rose épineuse, rouge comme le sang sur les babines du saint qu’elle souhaite perdre dans le voile sacré de l’extase. Elle baigne dans la lumière argentine Madeleine, se noie dans les terribles échos interdit. « En veux-tu encore ? » Soudain, la princesse devient mante, écarte les cuisses du sordide. « Etre consentant… ce n’est pas un sacrifice. C’est une découverte. » Est-elle réellement vierge celle qui engouffre de sa gorge le dard du narcissisme, celle qui effleure les ramages courbés de l’arbre vieilli ?

Le temps s’amenuise pour s’enrouler dans l’éternité, les minutes pétrifiées dans le requiem de la surprise, elle ne tente plus, elle prend l’initiative. Madeleine qui termine, dans sa gorge ensorcelle tremble les saveurs humaines, sur ses lèvres rien que la douce crème satinée d’un produit de beauté. Le caprice d’une femme, le désir d’une dauphine qui tourne dans la chambre étoilée. Les murs illuminés par les fragiles épopées, elle se déguise en duchesse l’enfant gourmande qui sillonne de ses mains la robe de miel merveille.

Debout devant le fauteuil, elle goûte à l’estime du titre proposé, elle voudrait lancer l’appel de l’argumentation, toujours cette pinacle tentatrice d’abandonner le physique. Mais les gémissements du monarque dans les ténèbres de ses songes berce l’affection qu’elle lui donne, susurrements dans la caverne des miracles, elle recommence le manège. Là dans le lit à sa robe qu’elle défait petit à petit. Juste un bouton de nacre encore attaché, les autres aussi ne se lassent pas du corps de la demoiselle gentiment affolée, lascivement chipie, le regard incandescent de la connaissance. Lui est nu devant elle, l’œuvre qu’elle se permettra de toucher, elle gardant son armure de cristal ; Blanche Neige sur le ventre, des jambes battant follement dans le jeu de la juvénile impatiente. « Un non qui crie oui. » Le sourire qu’elle lui donne à l’attente d’une aventure de chair, elle murmure des symboles grisant dans le lieu confiné de volupté. Elle garde cependant sa paume sur l’ouverture du trésor, ce temple d’Eve longuement convoité.        
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Mircea Brâncuși
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MessageSujet: Re: La venus d’Ille (/w) Lun 10 Aoû - 16:31



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    ft. Mircea & Madeleine

L’abandon pour l'autre qui prend les devants. Les mains curieuses qui se débattent avec la ceinture. Le son d'un cuir qui s'échoue sur le sol et chute le pantalon. Rempart dernier qu'elle empoigne. Une négation qu'il chuchote. Pas Ca. S'il te plaît. Tu ne sais pas ce que tu fais. Les mots pour la prévenir. Lui dire. L'écarter. Le corps bascule sur le lit. La tête renversée. Il prie pour que le sang ne soit pas versé. Veines tranchées. Le carmin qui goutte a ses lèvres. La langue qui en retire le maximum. La poigne sanglante qu'il attrape et ramène. Le festin qu'elle lui arrache. Enfant qui a obtenu ce qu'elle souhaitait. Désir furieux. Douleur à l'éveil des sens. Le prénom qu'il chuchote comme dernière mise en garde. Prénom avalé. Les draps agrippés. Les lèvres gourmandes qui tendent ses envies. Le corps scindé de ses volontés. Non qu'il murmure. Oui dit le corps. Vierge qu'elle lui a assuré. Menteuse. La bouche curieuse qui s'amuse. Elle court l'euphorie. Il gémit. Une main qui attrape la tête. La gorge ravagée. Vampire qui ne peut suffoquer. En entier qu'il est pris. L'étau se desserre. A l'incapacité de faire un mouvement. Trop faible. Maladie de ses amours. Le prénom qu'il murmure. Litanie. A la prière de la stopper. Mots rejetés. Un geste qui suffirait à retirer la léviathan gourmande. Rien. Il se laisse avoir. Dévorer. Éclats dans la bouche. Et se répercutent des mots dans des langues perdues. Extase du roi. Pas de souffle. Le corps mort qui pourtant semble vivant. Mircea défait.

Péniblement il se relève. Assis. A observer le corps encore habillé. Vêtue de peu. Éden convoité. Empereur épuisé d’une sauvagerie appréciée. Partir et l’abandonner. Ne pas entrer dans le jeu d’une enfant, d’un caprice qu’il sait dangereux. S’enfuir. Le corps est retenu. Volonté qui n’est pas la sienne. A l’enfant qui commande, une nouvelle convoitée, les marques pour le lendemain. La tête qu’il détourne un instant, loin de l’offrande. Nymphe sournoise. Mircea qui n’a jamais su comment se comporter avec les siennes. Ses belles. Monstre qui susurre de terrifiantes idées. Elle pour qui il ploie. Cœur mort d’une sensation fantôme, cavalcade des battements dont il peut se remémorer. Une main au torse, à chercher la vie disparue. A croire que le trépidant va sursauter. Rien. Mais la vie semble palpiter. D’un surplus d’émotions qu’elle lui a offert. Le partage du sang et des corps entre infant et créateur. Cataclysme. Les gestes à la rapidité déconcertante. Le tissu arraché qu’elle semblait vouloir conserver. La robe devenu morceaux épars sur le parquet. Elle emprisonnée. Retournée, et ramenée contre lui. Les serres aux cuisses. Lui à genoux devant le lit. Les mains qui séparent les blanches. La prise ferme, de bleus qui apparaissent. Les canines se plantent à la cuisse, effleurent l’interdite beauté. Intérieur. Morsure. Le sang qui court au corps. Réveille. Sauvagerie abandonnée pour l’acte adoré. Le partage des passions. Le temps qu’il prend pour la défaire, le carmin avalé à lenteur déraisonnable. La main libre agace l’offerte, l’éphémère des touchés. Au corps arqué, présenté. Il se recule et semble essoufflé. Le sang qui rend l’humanité abandonnée, joues rougies de la victoire. Roi à genoux. La bouche pourpre d’une convoitise. « Ca sera tout pour ce soir ? » La demande faussée. L’Eternel relevé. Sol quitté. A attendre un oui. Une commande.

       
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MessageSujet: Re: La venus d’Ille (/w) Mar 11 Aoû - 5:45



La Venus d'Ille
“Avant de disparaître totalement du monde, la beauté existera encore quelques instants, mais par erreur. La beauté par erreur, c'est le dernier stade de l'histoire de la beauté.”

    ft. Mircea & Madeleine

Madeleine l’envieuse de ces secrets parfumés de ses cheveux se recouvrait loin dans le désert chaleureux, pleurer la mort de son amant, de son mari ; Madeleine la vampirique s’étouffe goulûment dans les abysses du plaisir, celui possédé par son christ, la bouche remplie de l’ambroisie parcheminée, vieillie de huit cent années. Elle n’imagine pas la fielleuse qui ramasse dans le Graal de vénusté la semence sempiternelle, la nourriture chérie, du sang sur ses babines délicates ornent la faim ravagée, elle tremble un peu de contempler le sire agenouillé par le pouvoir qu’elle obtient, narcissique personne qui se soulève dévoilant les monts de piété.

Déshabillée par la féroce folie de son père, elle s’égare, se permet de fermer ses paupières de marbre, juste un seul instant, un seul moment. La respiration toujours calme, saccadée n’est pas un mot dans les sphères d’obscurité de son âme meurtrie, le cœur chamarré de patience infime, elle s’abreuve des lèvres offertes de l’homme vaincu par la caresse. Tendrement, un écho de désespoir, subitement un requiem de préscience ses iris s’éclairent de la tristesse coulant, ruisseau sanglotant pour les cendres préparées. « Un cadeau Mircea, pour toi le gladiateur. » murmure-t-elle dans le souffle incandescent de ses émotions mélangées, peinture raffinée d’or et de bronze, des nues silhouettes dans la fresques de leur intimité.

Sur le sol elle le relève, reine auréolée de l’éther éternel, cette lune si pure, si merveilleuse baignant de ses étoiles féérique la statue fantastique, debout la vierge mère qui, d’une main tendue prend le chevalier sous son aile. Guenièvre si belle dans sa tour chaussée de vermeil, des teintures sécrétant le précipice pour les ombres dansantes au clair d’une chandelle mouchetée de paroles amoureuses. Elle, elle ne dit rien, elle suit du bout de ses doigts marmoréens le visage de Mircea, suit les contrées de ses joues qu’elle embrasse, suit les paysages de son cou pour venir s’étreindre sur le torse de l’athlète.

Un rire cristal de joie sillonne les murailles du nid d’adoration, l’enfant des terres charnelles semble enivrée, déboussolée, jamais encore elle n’avait ressenti cette exquise sentence, cette délectable gourmandise, jamais encore elle n’avait bu dans le sein de l’intensité, regardant les êtres sublimes, répugnante agonie de la chaire. Elle comprend maintenant, elle demande l’immortalité de la consommation, d’une directive elle l’allonge sur le lit le bel apôtre perdu. Le temps s’ébruite, s’ébroue dans les eaux claires des effleurements. Elle veut épouser ce Loth, lui offrir le châtiment naturel d’Eve et d’Adam dans les draps mêlés de senteurs alcoolique.

Deux jambes viennent harmoniser le côté du marquis, la figure chétive presque fragile de la dulcinée tandis qu’elle s’empale plaisamment sur l’épée de chair, la mort applaudit près de sa sœur la vie toutes deux observant le spectacle grandiose de l’abandon de l’esprit. La place des pensées s’estompe, couleur chatoyantes pour les promesses physiques, un besoin même de s’enorgueillir de la naissance du diable. Elle présente son ventre, ses traits mouvant des saisons rugissantes, dans le cou du taureau qu’elle perce de deux canines féminines elle boit au fleuve du temps le présent de ses impétuosités, de ses caprices de fée. S’arrête alors l’acte mélancolique, l’hymne du septième ciel exploré, Madeleine se recule chancelante sur ses branches de nymphe errante, les ambres dilatées par l’envie de recommencer. « Explorer, encore encore jusqu’à la lie. Dis-moi, procure moi tes images, nous avons l’immuabilité. »

Assise sur le fauteuil partagé, le trône de cuir échoué dans la passion plaintive ; le ronronnement du silence berce la pause de la juvénile, ses agates voyageuses mordant langoureusement l’étalon fougueux. Elle a avalé le nectar fascinant, reposée non repue, elle se remémore quelques fragments de souvenirs, des expériences abrogées, l’enfant qui ne paraît pas avoir cent ans. Femme d’entre les déesses, elle est la voix d’Eurydice, celle qui a suivi la lyre par pitié pour l’autre démuni. Elle est la femme de la miséricorde, mais par choix, par amour pour l’égaré feint assoupi sur les draps de luxure imbibés de cette hémoglobine lancinante. Elle se penche, au-dessus de lui, appose un baume sur sa poitrine, échange la place. La nuque qu’elle tient, sur elle, elle s’ébat dans le coton de la soumission. « Fais de moi ce que tu veux. La violence a le goût de la curiosité. Ne te retient pas, fais-moi sentir ta flamme d’Hadès. Je serai ta Perséphone. » Le chuchotement suave de la perte.                  
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Mircea Brâncuși
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MessageSujet: Re: La venus d’Ille (/w) Dim 16 Aoû - 13:52



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L’éveil d’une immortalité, le corps devenu tremblant d’une bouche gourmande. Il s’adosse au mur devenu pilier. A attendre. A ne pas savoir ce qu’elle souhaite de plus. Mircea ne veut pas, il n’est plus certain et c'est la capitulation. Mélange chaotique. Elle n’est à lui que depuis deux semaines et déjà il perd tout contrôle, déjà elle est parvenue à tout lui dérober, à maintenir ses envies, à les imposer. Enfant dangereuse. Gosse qu’il a transformé par impulsivité, à ne pas savoir ce qu’il faisait. Une main tendue qu’il suit, les pas qu’elle demande, l’allongement au lit. Tout recommence. Il peut… il pourrait… sans jamais s’arrêter. Le sang qui octroie la possibilité. Mais il ne veut pas. De trop. C’est dangereux. Aucun geste de recul, aucune commande, pas un non qui est soufflé. C’est la capitulation. Paupières closes quand l’enfant l’étreint. C’est elle qui guide, et demande. Elle. De longues secondes, il croit encore pouvoir y résister, ne pas la regarder, ne pas accepter ce qu’elle lui donne, ce qu’elle lui fait. Il souffle la douleur. Trop empressée, pas expérimentée, elle s’agite, petite furie au dessus de lui. Les paumes viennent se poser aux hanches, retiennent le rythme, retiennent le corps possédé. Vice qui suinte. Mouvements accompagnés, à geindre au cou perforé, au sang arraché. De peu il suffit pour tuer, défaire. Sensations décuplées. Roi achevé. Pas de souffle pour trahir l’instant, juste les joues rougies d’un sang précédemment avalé. Une main impérieuse qui retient son enfant contre lui, au refus de la voir s’en aller, pas maintenant… pas comme ça. Un reste s’il te plait. Un silence sur les lèvres.

Echoué aux draps, il observe la Mort d’un œil absent, elle qui semble ravie, elle qui le juge. Heureuse de la défaite de l’homme. Du monstre terrassé. Les mots qu’elle lui souffle arrachent un rire, infime. Une résonnance dans les oreilles de la petite qui s’est faufilée sous lui. « Ca suffit. Ta gourmandise est trop grande, tu crois que l’on pourrait recommencer indéfiniment ? » Un rire grave étouffé contre le cou de la juvénile. « Tu crois que j’apprécierai ? Je ne voulais pas et je ne veux pas » La gorge tenue d’une main, les lèvres à la chair, morsure sauvage. Epiderme arraché. Sang sur les babines d’un affamé. « Tu es trop jeune, tu ne sais pas ce que tu fais… tu provoques. Et après ? Si je te tords le cou ? » La caresse monstre à la joue, la tête qu’il pourrait arracher. Fraction de seconde seulement. « Je t’ai sauvé… je te sauve encore et tout ce que tu fais, c’est de réclamer, sans arrêt » Le corps qu’il laisse absent, les reins qu’il tait. Aucune envie de recommencer, de lui donner ça, de se soumettre à des volontés qui ne sont pas les siennes. Il roule sur le côté, abandonne l’enfant, lui laisse le droit de voguer, ne se rend pas compte qu’il lui donne le panorama d’une mort certaine. D’un ‘’oui’’ commandé. Etendu. Corps prêt à recevoir la sentence.

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