Il ne faut pas oublier de laisser un petit commentaire sur prd et bazzart.
Merci de privilégier les inscriptions masculines.

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IRREPARABLE # mircea&attila

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poisoned soul

MessageSujet: IRREPARABLE # mircea&attila Dim 26 Juil - 7:06



A long time ago
Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords,
Qui vit, s'agite et se tortille,
Et se nourrit de nous comme le ver des morts,
Comme du chêne la chenille ?
Pouvons-nous étouffer l'implacable Remords ?
#baudelaire


La soie, rouge noire ou dorée, ancrée dans les profondeurs en velours de chaque siège. Les rondeurs qu’elle scelle avec parcimonie sous sa fibre, avec l’impie caprice de déraciner quelques lucarnes enfiévrées loin du zèle amoureux.  Les beaux vestons taillés jusqu’au moindre muscle pour accompagner l’esquisse féminine. Le tableau en est presque idyllique. Tous sont présents, hommes et femmes par centaine. Nobles et bourgeois, parmi lesquels quelques modestes se sont égarés. Des véreux sous les fantasques sourires, des insouciants aux prunelles curieuses. Moult genres réunis dans un ensemble hétérogène, bluffés par les sons qui percutent la salle depuis bientôt une heure. Mais le temps s’effiloche sans qu’ils n’y prêtent attention.  Leurs regards semblent exilés sur l’émeraude palpitant et solitaire. Les âmes, elles, désorientées par l’agonie capiteuse des cordes tripotées avec fureur sentimentale.

Une heure pour oublier son identité, mettre de côté les moindres formalités du quotidien. Une heure pour laisser jouir son organe sensoriel. Pour évacuer stress et tracas de la journée dans les roulis musicaux qui s’infiltrent au plus profond du cortex. La race narcissique ainsi soumise à l’une de ses distractions ancestrales : la musique. Ici, on oublie qui est notre voisin de siège, quel repas l’estomac digère, ce que réserve l’avenir en déroute. Bouches muettes et oreilles consciencieuses, chacun savoure ce vertige éphémère.

Lorsque clament les mains avec ferveur, une silhouette planquée dans l’assistance s’éclipse parmi les premières pour rejoindre les vents nocturnes. Les banalités post-concert sont d’une lassitude, que l’immortelle platine préfère mordre à la tiédeur de la nuit en attendant la sortie de sa protégée.  Marcella, étoile du soir, sa lumière dans l’obscurité depuis quelques années. L’enfant sauvée des eaux. Combien d’années depuis ? Cinq ans peut-être ? La gamine a bien grandi depuis. L’enfance quittée pour une adolescence tumultueuse, Attila en voit de toutes les couleurs avec sa pupille. Mais peut-elle lui reprocher ses humeurs déroutantes, à un âge où le trouble et l’indécision sont grands ? Au contraire,  la créature se distrait dans l’impondérable caractère de la jeunesse, y a pris goût depuis trop d’années pour quitter l’humanité et replonger dans les méandres de l’errance solitaire.

« Attila ? » L’interpellée sourit au cristallin familier qui résonne à l’arrière du bâtiment.  Mouvement imperceptible jusque dans l’ombre de la rousse joliment habillée. L’enfant qui ne soubresaute, habituée à l’invraisemblance de sa goule. « Que de merveilles jouées ce soir, vous nous avez tous sublimés » Les éloges sans détours, sincères et sans fioritures. Marcella accorde un regard pétillant, et d’un pas souple, invite à une balade le long du petit sentir en graviers. L’aînée emboîte le pas, d’enjambées silencieuses qui porteraient à croire qu’elle n’existe pas. Loin de l’entrée principale, boyau infernal,  le silence est maître des jardins qui s’étalent dans un panel efflorescent jusqu’au centre de la capitale. Il est l’architecte de la sorgue, des astres qui perforent la noirceur et auxquels l’on associe que trop souvent les mirettes divines. Sans mots,  la bourgeoise et son factotum jalonnent les allées dépeuplées alors que minuit approche. Le diable doré flanqué derrière la mortelle, à lorgner sans vergogne la blanche nuque qui s’étire par-dessus les bretelles de la robe. Un regard par derrière, Marcella s’arrête et offre un sourire d’une bienveillance confuse à celle qui veille depuis cinq années sur sa vie. « Je suis désolé, je t’ai un peu négligée ces derniers jours… » Pacte du sang, les services contre un peu de sève vermeil, le contrat toujours respecté jusque là. L’affamée détourne le regard, ennuyée d’avoir mis son appétence à nue. « Vous étiez fort occupée avec votre tournée de concert, une fatigue supplémentaire n’était la bienvenue » Inquiétude maternelle à la santé de la plus jeune. Cette dernière qui soupire, étreint la main du vampire fébrile, puis reprend route sur quelques dernières syllabes. « Ce soir… » A cette idée, le vieil esprit se soulage.

L’expérience et l’âge lui permettent de tenir en laisse à la soif qui tiraille, mais vient toujours cet instant où le ventre creux réclame, où l’esprit se distrait et s’épanche à la frénésie. Depuis deux jours, Attila en est à ce stade. Fragile et disparate, inattentive et frustrée. C’est pourquoi elle ne réagit que trop tard à l’évident danger : elles ne sont pas seules.

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Mircea Brâncuși
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MessageSujet: Re: IRREPARABLE # mircea&attila Dim 26 Juil - 7:53



A long time ago
This is what they are: a mess of limbs, of wounds and scars, of feelings too big
to be properly expressed, all tied together by the simple truth
that they can't survive on their own anymore


La soif taraude. Ce n’est pas le besoin, mais l’ivresse qu’il réclame. Les corps jonchent le salon, de belles vestales désormais promises aux limbes. Elles sont trois, face contre terre, les membres désarticulés. Poupées dont l’utilité est devenue absente. Et lui baigne dans le carmin, monstre amoureux, repu au visage tâché de leurs larmes. Elles suppliaient, elles demandaient la vie. Il les aurait dévoré avec amour si elles ne s’étaient pas débattues pour une vie fanée. Il les aurait aimé. Trop tard. Elles baignent dans la mort les écarlates. C’est un carnage qui coule à son regard, la pourriture qu’il sent déjà, les mécanismes qui s’enclenchent à l’intérieur, la mort qui s’approprie la vie outragée. Mircea n’a pas la patience d’observer. L’attention est portée sur un souffle qu’il entend, un rien, pas assez pour l’oreille d’un humain mais lui… il perçoit. L’une n’est pas encore trépassée. La cage écrasée, c’est rauque, c’est déchirant comme plainte et il s’agenouille devant elle. La paume se glisse au visage, le sang qu’il tâche et répand. Sa pitié qu’elle demande. De l’aide qu’elle réclame. La promesse de ne pas parler. Le jouet perd de son intérêt. A nouveau debout. Un coup de chaussure sur le crâne. Mâchoire déplacée, cervelle exposée. L’enfant capricieux ne peut que contempler ses méfaits. Plus d’amusement pour ce soir. Malgré le sang qui tâche, il prend soin de ne pas marcher dans les flaques grenats. Le corps qu’il défait des tissus rougeâtres, la mort qu’il abandonne sur le plancher et rejoint la douche. Le sang des crevées roule avec l’eau, et ça l’écoeure, le révulse cette odeur de pourriture. Une des raisons pour lesquelles il déteste à tuer chez lui – après elles restent, elles encrassent les lieux et sa peau. Il frotte jusqu’à faire disparaître les dernières traces, l’odeur furieuse. Un diable qui revient, revêtu des plus beaux apparats. Aucun miroir ne peut lui rendre son reflet, mais il reste devant, à s’imaginer, à se souvenir. La soirée est à peine entamée. D’autres projets qu’il a en tête malgré la tête qui cogne d’une ivresse passagère. C’est le sang, trop de sang. Les pas voguent et valsent, il se rattrape au mur et laisse échapper un rire à la mélodie effrayante. Percussions. Un opéra qu’il envisage de voir, d’écouter, un opéra pour la belle qu’il admire depuis quelques nuits déjà. Une représentation qui est la dernière. Il n’a pas encore posé ses griffes. Juste un regard amouraché.

Le bâtiment se dessine dans l’obscurité, un crachat de faste qu’il apprécie depuis des années. Un jeu que de tous les visiter. Lui qui a connu les plus grands. Il n’est pas là pour revoir le charme, il est venu pour cueillir la rouquine, la belle de nuit au talent incroyable. Elle qu’il réclame, elle qu’il envisage de garder à ses côtés quelques années. Peut-être qu’elle ferait un joyau magnifique. C’est l’hésitation, il se décide toujours au dernier moment – impulsif. Les portes sont closes lorsqu’il arrive. Un homme qui lui propose de rentrer. Amusant de voir que son apparence lui ouvre les portes mais Mircea décline et s’assoit sur les marches. De l’extérieur, et en se concentrant, il peut entendre les notes, vaguement, mais elles résonnent, et c’est bien assez pour s’imaginer. Les yeux clos, la représentation vue il y a trois jours danse dans sa mémoire, de chaque détail retenu. Et c’est un visage qu’il revoit, toujours le même. Cette jolie qui l’attire, elle dont il n’a pas remarqué l’ombre protectrice. D’une fois il a su adresser la parole, quelques banalités, les compliments pour son talent, les mots qui ne restent pas au cœur. Ce soir. Il réclame plus. Le sang bu cogne toujours à ses tempes, comme un vin ancien, rareté appréciée. Il est ivre de la vie qui bat dans son corps mort.

La représentation s’achève une heure plus tard. Lui est à l’arrière du bâtiment, figé dans les ombres, à attendre la sortie. Le moment d’agir se présente, mais il est doublé par une autre personne, le dos seulement qui se découpe, et la voix qui s’élève, semble faire écho dans sa mémoire, mais sans plus. Les vampires et leur absence d’odeur, il ne peut pas la reconnaître, il ne peut pas fouiller sa mémoire afin de retrouver l’identité. Juste une connaissance qu’il suppose, une entrave à son repas. Le croquemitaine suit les deux personnes, fourbe qui se glisse dans leurs pas. C’est un geste vif. La petite qu’il attrape et retient contre son torse, le bras qui s’enroule à la gorge. « N’hurle pas… je promets d’être délicat » Les mots qu’il souffle à l’oreille de celle qui panique, cherche du regard l’aide qui ne vient pas. Un clin d’œil à l'autre, et il est déjà loin avec sa jolie proie. Des ruelles dans lesquelles il cavale. Celle qui poursuit n’est pas assez rapide. L’enfant est jetée contre un mur, dévorée. Si loin de la merveille qu’il s’imaginait, une qualité moyenne. « Il ne faut pas suivre les monstres » Ricane le sanglant en se retournant vers la blonde – ELLE.


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MessageSujet: Re: IRREPARABLE # mircea&attila Dim 26 Juil - 9:01



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Danger. Minuit passée, la pensée qu’un trio puisse coexister dans les courtils de Budapest. Repue, Attila n’aurait eu aucun mal à détecter la présence de l’infâme, ni à la dissuader à forces égales. Mais à la nourriture qui fait défaut, la bête s’affaiblit aux heures qui s’épuisent. Six jours sans s’alimenter, les forces se dispersent, comme la raison et la sagesse. Nombreux de ses pairs auraient abdiqué depuis longtemps. Les siècles défais ont bâti la vaillante platinée. Là où nombreux échouent, la féroce déroule ses crocs et emporte son dû.  Même au bord de l’agonie, la guerroyeuse ne rechigne pas à cracher à la figure du prétentieux.

« Marcella… » Mais la rousse a déjà disparue. L’odeur musquée s’éloigne, Attila soubresaute. A quelques mètres plus loin, deux ombres glissent sous le halo des lampadaires, puis s’évanouissent par-delà les feuillages de quelques rosiers plantés en bordure de jardin. La blonde à leurs trousses, manœuvrant d’avenues à venelles au rythme des battements d’un cœur affolé. Déchirée de honte et d’angoisse, les jambes puisent les forces restantes et accélèrent. Qu’importe la folie aux aguets, pas une seconde de répit pour la mort qui menace. Mais lorsqu’à peine quelques mètres la sépare du bourreau et de sa muse, l’arôme d’un sang délivré explose et grésille chaque molécule d’oxygène. Non ! Attila qui tombe sur sa pupille toute empourprée, et le chaos flanqué juste à côté, se léchant les babines souillées. Si Marcella respire encore, l’immortelle peut sentir la vie s’en échapper. A la mort irrévocable que l’Autre lui a infligé, la fleur qui se meurt...

Colère qui gronde, le fléau implose dans la carcasse millénaire. Le corps s’élance.  Gueule du condamné fracassée contre le mur, le choc y déloge quelques briques.  Attila cède aux impulsions qui d’un mouvement barbare, guide ses phalanges solidement fichés dans la gorge de l'ignoble. L’étau se resserre au moulinet de bras qui envoie le fautif tonner contre les pavés humides de l’étroit layon. Elle peut entendre l’ossature se briser contre la pierre, renifler le sang encore frais de Marcella sur les lèvres du funeste. Et sans reconnaître ce visage du passé, qu’elle a connu jeune et odorante une époque jadis, les doigts s’enfoncent dans la gorge, prêtent à déloger la tête du corps, la folie aux abois.  Attila la sage n’est plus. Disparue, avec la raison et douceur qu’on lui attribue souvent. L’on a sorti la féroce, la fauve violente. Celle, rare, issue des origines de sa vie, à l’aube des guerres vikings. Assise à califourchon sur son cadet, les paluches s’enfoncent dans la chair froide et le sang étranger qui composent la carcasse de l’autre immortel. Il n’est plus question de courtoisie, mais de vendetta justifié à sa chère et belle qu’on vient de lui dérober. Aux soupirs de la rousse qu’elle n’entend plus, l’émotion se déverse dans son corps comme un torrent de poussière. Le muscle se crispe, doigts y compris. Mais pourra t’elle avoir la suffisance de tuer sa némésis, aux dernières forces qui s’éclipsent ?

Esquisse pensée qui foudroie soudain. La mémoire percute au visage familier, au sanguinaire déjà rencontré. L’enfant qui a grandit, mais peu changé. Bloquée au souvenir de l’ancien âge, l’étau se desserre un peu autour de la gorge de l’animal, sans que les doigts ne se délogent de la chair immuable. Lui?


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Mircea Brâncuși
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MessageSujet: Re: IRREPARABLE # mircea&attila Mer 5 Aoû - 4:39



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Monstre. L’enfant qu’il dévore sous les yeux d’une mère. L’enfant qu’il terrasse à ne rien en laisser, un souffle pour l’amusement, pour la voir périr, pour entendre la vie s’échapper. Un joueur. Un chat ayant trouvé une belle souris. Mircea ignore la folie qui gronde dans son dos, l’autre qui cherche la petite perdue. L’éplorée. Un geste et le voilà à terre, le visage cogné par les poings millénaires. Le visage arraché qui se reforme aussitôt. Un surplus de sang qui lui permet ce petit tour de passe-passe. Elle cogne, et tout se reforme. Les yeux, la mâchoire. Rien ne disparaît plus de quelques secondes. Mais la douleur est là, infernale, elle vrille, elle mord, elle déchiquète. Il n’a pas l’habitude de croiser les plus anciens, et si elle continue, il sait que le sang va s’épuiser, qu’elle l’aurait, qu’elle obtiendra la mort. Le sang est de trop dans la bouche, il s’étouffe, recrache, essaye de recroqueviller le corps. Impossible. Il subit. Il attend. Maladroit qui a attaqué la mauvaise proie. Les doigts serrent à la gorge, jusqu’à gratter les tissus, d’une tête qui bientôt ne tiendra plus sur son socle. Arrachée la cervelle ! Il geint celui qui n’est qu’un enfant capricieux, il se débat avec la force maigre. Les coups qu’il porte mais la poigne est plus forte. Il grogne mais la force opposée est plus importante. Débat illusoire. Mircea ne reconnaît pas le visage. Trop lointain. Une vie humaine abandonnée, des souvenirs jetés. Judah qui s’est chargé d’effacer l’humanité. Des échos qui parfois reviennent mais pas ce soir. Ce n’est que l’impression que le corps va imploser à cause du sang, du surplus. Poche de carmin. Il crache encore la vie, tâche les pavés. Mourir une seconde fois. Il n’est pas prêt. Des mots de sa langue natale comme dernier rempart, la folie qui sourit. Le voilà mort. Pas encore. La poigne se desserre mais il ne remarque pas. Déjà dans les limbes. C’est un rire. L’euphorie de la mort. Il se croit calciné, cherche à se relever mais la pression l’empêche toujours de rejoindre ses deux jambes. Dos contre pavé. Pluie qui lave doucement le sang. Il regarde le ciel, à se demander si tout est vrai. L’eau coule aux sillons du temps.

« Vous aviez le temps de la sauver… de lui offrir une nouvelle vie, mais vous avez préféré les coups » Il ne voit que la lune superbe qui se moque. Les yeux qui s’absentent, qui refusent l’affrontement d’une Colère terrifiante. Il provoque encore, n’a plus rien à perdre. N’a jamais rien eu à perdre. « Elle n’était pas importante. Un objet ? Une fascination ? » Les yeux clos. L’eau qui massacre les tissus adorés. Il voudrait demander pour qu’elle le laisse rentrer, l’excuse d’une pneumonie à venir. Ridicule idée qui le faire rire. Ça explose dans la rue, résonne contre les murs. L’hystérie. Le sérieux qu’il est difficile de reprendre, le corps soumis au rire ravalé – soubresauts. L’étranglement a causé une plaie, d’une tête qui ne tient plus correctement en place, qui va piteusement tomber de côté si il se relève. Sa main glisse au poignet de l’inconnue, dans un geste suppliant pour qu’elle arrête, qu’elle desserre l’emprise. Une figure de son passé qu’il ne reconnaît pas. L’humain qui a enterré ses souvenirs. D’une aimée lorsqu’il était enfant, Mircea n’en garde rien. Soldat adoré. Maitre d’armes. Les souvenirs sont bouclés sous d’autres. Judah qui a pris un plaisir certain à tout lui dérober. Plus rien. Ses deux mains sur les poignets maintenant. A demander la trêve. Il ne rit pas le fou. Il implore. enfant qui prend conscience du degrés de sa bêtise. « Je ne voulais pas… la tuer. Je la voulais… pour moi. Trop de sang, d’autres ce soir… j’ai perdu le contrôle » Les mots entrecoupés par la panique soudaine.

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MessageSujet: Re: IRREPARABLE # mircea&attila Mer 5 Aoû - 10:40



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Des siècles qu’elle le pensait mort, devenu poussière millénaire aux saisons passées. A ce visage d’une époque révolue, où les épées s’embrassaient dans le féroce et l’habile. Tendre chair parcheminée au grès des âges, l’enfant devenu adulte, et pourtant pas plus sage. Aux questions essentielles, supplante la colère d’une identité restée fidèle à elle-même. Amertume à la réalisation des efforts vains pour éduquer le borné, rage qu’il soit comme la plupart, pour ne pas dire la majorité de ses congénères : être violent soumis à ses instincts. De la trempe d’Attila, il n’y a qu’une poignée d’érudits aux quatre coins du globe. Qu’une infime minorité pour s’attirer la sympathie de certains humains et vivre parmi eux, dans l’espoir de se rallier à leurs antiques racines.  Les autres ne sont que bourlingueurs dévorant de leurs humeurs ambulantes ce monde qu’ils s’approprient avec ferveur. Les insouciants, les égarés, paumés à la folie de leur mirobolante nature.

L’enfant parle enfin. Enfant ? Traître mot pour accuser la bévue de l’homme plaqué au sol. L’erreur qu’elle tolère mal, à ces mirettes familières qui la toisent de cette même insolence qu’au temps de son vivant. S’il était simple étranger, l’assoiffé aurait rejoint le Styx sans préavis. Mais aux souvenirs du désinvolte révélé, la flavescente sent ses ambitions trébucher, la folie passagère prendre le large et ses mains se défaire aussitôt du cou saccagé de la bête. Mais la caboche ne décolère pas. Au contraire, vague d’émotions qui s’agitent sous sa cage sans qu’elle n’offre la liberté d'escampette à l’oiseau retenu par deux serres bredouilles.  Aux toquades du cadet, les blanches phalanges resserrent l’étau autour de la chair accaparée. Epaules cintrées, empourprées par la fureur du titan millénaire. « Est-ce sauver que d’offrir une éternité de fléau à l’infortuné qui n’a rien demandé ? Ficelé à jamais au désir meurtrier, considérer ce fardeau comme une bénédiction est le propre du sot… » Puis la tristesse secoue la vieille carcasse. Le nez se pince à l’odeur irrespirable de la mort. A sa portée, la dépouille de Marcella s’attiédit progressivement, corps sans vie qui va rejoindre le berceau des morts.  Fascination ? Objet ? En partie, mais surtout l’ambition de ressusciter dans le globe de leurs yeux. « Elle était, comme nombreux avant, mon ambition, mon échappatoire aux errants que sont nombreux de nos congénères. Mais peux-tu comprendre, toi qui dévore l’humain comme un simple dû, et qui survit comme l’infertile civilisation… »

Elle qui semble inconnue à ses yeux, mémoire verrouillée aux souvenirs d’une époque lointaine où la belle était beau, à se faire passer pour un maître d’armes réputé. Lui, l’enfant roi, gâté d’insolence et de cruauté pour ceux qui lui étaient inférieurs. Sale bête qu’on lui refila entre les pattes, mais qui sut évoluer aux années passées ensemble, à jouter et se défier à toute heure. Aujourd’hui, que reste t’il de ses labeurs ? Au premier regard, rien. L’enfant agit, et pire, l’enfant n’assume pas. Soupir lourd qui s’échappe des lèvres immortelles, et deux calots d’un bleu acier douloureux qui se vissent sur le faciès dépité du benjamin.  « Voilà bien une chose qui n’a pas changé chez toi, jeune vaurien. Les années auraient pu t’assagir, tu as décidé d’embellir ton appétence pour la désolation… » Jeune vaurien, le titre d’un passé, longtemps préféré à « jeune seigneur ». Sans peur ni honte d’attribuer l’étiquette grossière au misérable, avec l’étonnante bénédiction du roi, Attila ne s’était pas privé de faire mordre la poussière au morveux effronté. Encore aujourd’hui, le jeune lion a subi de sa sottise. Malmené, placardé à même le sol, parmi la crasse et l’humidité, là où s’élève le niveau d’estime du viking. Le prénom qu’elle se refuse pourtant à prononcer. La crainte d’en éveiller de vieilles sensations pour celui qu’elle préfère haïr qu’adorer pour l’heure. Trop fragile pour supporter de vieux conflits, trop affamée pour s'appuyer sur des idées claires. La faim tiraille, sa carcasse qui en tremble sous les vêtements froissés et souillés de sang étranger. Celui de Marcella, devenu poisseux aux secondes écoulées, qui recouvre la ruelle de son essence excitante.

Attila maudit cette fébrilité qui plonge ses sens aux aguets du moindre vivant à proximité. Un couple non loin, s'éclipsant d'un restaurant, le ventre repu. Chien errant et sans abri dans une autre bifurcation, là où l'odeur n'est que flétrissure et puanteur morbide. Et juste à l'autre bout du boyau où les deux striges règlent leurs affaires, les cris étouffés d'une mortelle. Une adolescente qui, aux senteurs alcoolisées, doit revenir de soirée, et qui eut le malheur d'attirer le premier diable égaré dans son sillage chancelant. Sang délogé, la prise semble se débattre et couteau sorti d'un homme mécontent. Merde!

Six jours sans boire, peut-on demander plus à l'immortelle, lorsqu'un doux nectar chatouille ses narines depuis le trépas de sa belle? Faut-il que celui d'une gamine supplante la première de sa flagrance édulcorée, pour que "Mère-Grand" lâche prise et crache son fiel au jeune bourreau sur lequel elle est toujours juchée? « Je te déteste » Le ton est donné, la strige libéré du poids de son joug alors qu'apparaît dans le dos du condamné le fauve doré.

Sans tergiverser, une main déjà souillée, toute empourprée, qui saisit la gorge fragile du ravisseur, et l'écarte sans ménagement de la jeunesse légèrement meurtrie. La même lui jetant un regard apeuré, yeux arrondis à l'homme qu'elle tient d'une main aisée. « Rentre chez toi » L'ordre percute, l'agnelle décampe au triple galop. Lorsque la jeune silhouette s'évanouit dans une ruelle plus peuplée, Attila reluque une dernière fois l'agonisant, et scelle son sort au détour d'une morsure violente. Les crocs se fichent dans la chair avec voracité, langue avide pétrissant la sève jusqu'aux dernières gouttes. De quoi tenir une semaine en toute aisance... La dépouille soubresaute une dernière fois, puis s'éteint entre ses griffes sanglantes. Un mort à planquer et truquer pour duper les forces de l'ordre. Non, deux. Marcella aussi...  

La grande blonde semble soudain se rappeler, hésite alors, mais finit par couler un regard accablé vers les boucles rousses défaites. C'est toujours le plus douloureux, de les perdre.  Ceux qu'elle a aimés et protégés, de quelques années à presque toute une vie humaine. Sa force pour les protéger, eux les fragiles, contre quelques goulées de sang. Le minimum pour survivre, un contrat honorable. Que diraient-ils aujourd'hui, face à la désolante esquisse d'une fleur blanche rougie en ses pétales? La belle cerbère saccagée par la colère et la faim? Ils fuiraient. Parce que c'est le propre de l'homme de s'éloigner de l'horreur inconnue.  Attila en oubliait son homologue. Mircea. Un regard troublé s'égare dans le décor, à la recherche du responsable de cette mascarade, s'il avait fui ou non.
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Mircea Brâncuși
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MessageSujet: Re: IRREPARABLE # mircea&attila Mer 12 Aoû - 8:54



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that they can't survive on their own anymore


Vaurien. L'appellation d'un passé oublié. Un mot qui ricoche a la caboche. Une dénomination pour le sale gosse qu'il était. Guerrier maladroit. Toujours à lever l’épée de bois contre des mécréants invisibles. Il se souvient Mircea. De l'enfance. Des années passées sur les terres adorées. À combattre, à attendre une guerre. Enfant unique destiné au trône d'un royaume maigre. Et c'est un homme singulier qui est engagé. A la grâce d'une femme mais la poigne d'un colosse. Ça l'étonne. Il tâte du bout de bois. Il dégaine et s'en prend une dans le dos. Tombe le petit seigneur. Il se souvient maintenant. Du beau devenu amour. Des sentiments pour un homme. Et sous les voiles. Une femme. Il se souvient de la déclaration. Des mots emmêlés. D'un mariage proposé. Lui. Ou elle. L'épée qu'il voulait à ses côtés. Et les années passées. Le gosse emmené loin des terres. A sa première guerre. Retour tardif et elle n'était plus la. Les souvenirs se mêlent. Entrelacs avec les émotions. Les larmes se joignent. Le bonheur. La colère. La hargne. L'amour. Chaos.  L'apparence ne laisse rien paraître des années passées. Elle semble immuable. Statue. Marbre impérieux. Il tremble l'enfant. A la peur d'une mort prononcée. Il tremble des souvenirs évoqués. Vampire. Le secret de sa force. Vampire. Le secret des traits éternels. Lui qui la pensait égarée. Et pourtant… la dernière lettre revient à sa mémoire, la promesse d’un retour qu’il voyait comme le secret de l’au-delà. Quelques mots jetés pour ne pas offusquer. Ces politesses immondes. Elle est bien là ! De retour. Mircea oublie la douleur, les plaies, les mains à son cou, il ignore la rage qui tambourine dans les billes bleutées. C’est le retour heureux d’une perdue, d’une figure qu’il pensait au tombeau. « Pourquoi ? » Pourquoi être partie. Pourquoi m'avoir abandonné. Pourquoi ne pas m'avoir offert la mort heureuse. Pourquoi ne pas m'avoir aimé. Pourquoi…. Pourquoi. Une question qui demande milles réponses. Enigme de sphinx. Il secoue la tête, cherche l’air qui n’est pas nécessaire, relique d’une humanité. Quelques gestes qu’il n’a pas perdu avec le temps. L’enfant grogne sous les mains assassines, cherche la liberté qu’elle ne daigne pas lui octroyer. Des s’il te plait silencieux qu’il murmure d’un regard faussement attendrissant. « L’ennui, et les beautés passagères. Je l’aurais gardé avec moi, je la voulais… mais elle s’est débattue » La tristesse gagne les ambres, pas d’une perte, pas de la fin d’une vie, mais d’un caprice auquel il ne pourra pas accéder. La rouquine qui jonche les pavés, le sang qui ruisselle jusqu’à la carcasse du vampire. D’une langue gourmande, il pourrait rattraper la sanguine rigole, mais il se retient, préfère la décence plutôt que le geste sauvage qui lui vaudrait probablement la perte de sa tête. Insolent. Rien n’a changé depuis la vie d’autrefois. Toujours ce même défi envers la vie, cette même volonté de ne rien écouter. La tête dans le mur jusqu’à l’éclater. Ne jamais reconnaître ses tords. Un enfant qu’il a toujours été. Mircea. Incapable de grandir. Incapable d’assumer les conséquences de ses actes. Sale gosse !

« Je te déteste » Simplicité des mots, langage qui diffère de celui donné. Trop simple et pourtant mordant. Suffisant pour que l’enfant cherche l’attention. Les mains qui courent dans le noir, débat des gestes pour rattraper celle qui n’est plus là. Celle qui abandonne. Je te déteste sonne dans la caboche comme des dernières paroles. Non et non. Il secoue la tête, encore. Un refus de croire que les sentiments sont si négatifs. Non. L’enragé ne se relève pas à la liberté retrouvée. A terre. A vomir avec la crasse, à rejoindre les ordures. Dans le caniveau il se plait. Incapable de se relever. Incapable de prendre la fuite. Il cherche la sienne, il cherche son passé matérialisé. Le prénom qu’il chuchote, l’interdit qu’il se permet. De quelques gestes, il est débout à courir les ruelles, à quémander la présence. Ne m’abandonne pas. Reste avec moi. Tu m’aimes ? La blonde impériale et un corps abandonné. Un regard curieux qui observe. Mircea s’adosse au mur, mains fourrées aux poches. Allure de mauvais garçon. « Je pensais que vous n’étiez pas le genre à tuer… que quelques gouttes suffisaient à apaiser vos appétits. Et c’est moi que l’on accuse de barbarie… » L’attitude qui appelle à la violence. « Vous auriez pu m’offrir tout ça… vous m’avez abandonné » Le vouvoiement dont il ne peut se défaire. L’échine qui se courbe malgré les années.


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IRREPARABLE # mircea&attila

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