Il ne faut pas oublier de laisser un petit commentaire sur prd et bazzart.
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Ricercar prélude de fugue ft Judah

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Lycidas Hemming
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MessageSujet: Ricercar prélude de fugue ft Judah Mar 23 Juin - 18:38


Chi vive di speranze muore di desiderio


Eskil & Eyvindr

Ses pas l’avaient mené dans cette masure d’exil dans laquelle il trouvait une once de quiétude quand il n’était pas en train de vivre dans la belle Budapest.  C’était une soirée fraîche, non pas que cela le dérange, bien au contraire. Assis dans son fauteuil, il écoutait la vie crépitante au loin par cette fenêtre qu’il avait ouverte.  Seule connexion au monde de l’extérieur qu’il s’autorisait en cette nuit. Près de lui, dans un verre de cristal aux boursouflures distinctives d’un verrier connu, reposait le liquide gras et coagulé rouge qui lui était vital.  Il était une créature distinguée, se nourrir n’était pas qu’un acte , c’était un savoir vivre, il dégustait le sang comme du bon vin, l’appréciait dans sa volupté et son enrobage. Ses gouts étaient couteux. Peu de candidats convenaient à ce qu’il appréciait en bouche, et de boire du sang synthétique, c’était goulument une horreur bien qu’une bonne alternative durant les jours pluvieux. Evyndr n’était pas du genre à s’attacher à ses logements, ni même ses meubles, instruments et autres matériaux qui fanaient avec l’âge.  Et pourtant en cette nuit, il reposait sur son ventre un lute. Bel instrument de la renaissance qu’il avait gardé dans sa collection.  Son regard perdu sur les fresques invisibles de la blancheur de son plafond, il avait entamé quelques notes. Des Ricercari comme on les appelait. Des notes d’un autre temps qui plongeaient le vampire dans une nostalgie qui rendait sa musique des plus agréable et douce.  Les jeunes s’amusaient sur des battements trop forts à l’oreille, trop rapide, trop électronique.   Lui préférait la lenteur et la quiétude de l’instrument physique.  Son salon n’était éclairé que partiellement.  Il avait apprécié la lumière dans la nuit, mais à présent le monde était trop clair à ses yeux, trop exposé, alors il se cachait dans une pénombre réconfortante.

Ses doigts retrouvèrent une le Ricerare de Francesco Spinacino .  Il ferma les yeux et se retrouva au début du 16ème siècle, dans une Italie renaissante.  Une Italie qu’il avait beaucoup aimé.  Oh ce n’était pas le pays en soi, ni même sa culture qu’il voyait derrière ses paupières closes.  Dans le défilement des notes , il dessinait dans le jeu d’ombres et de lumière de la toile de ses paupières  un visage qu’il admirait et adorait autant que celui de son créateur.  Un sourire discret se dessinait sur ses lèvres.  Il n’y avait qu’une seule personne dans ce vaste monde qui le faisait sourire ainsi, avec une tendresse secrète.  Il ouvrit les yeux , ses doigts s’arrêtèrent de jouer.  Le silence tomba dans la pièce, alors que par la fenêtre les bruits s’invitaient à nouveau dans un brouhahaha qui le faisait soupirer.  Il se redressa.  Il n’était pas Lycidas cette nuit , il n’avait pas pris soin de se cacher derrière des artifices comme une autre coupe de cheveux , sa longue chevelure lui cachait le visage , cela le rajeunissait. Il inclina la tête alors que ses yeux se posèrent sur un endroit précis.  « Eskil » murmura-t-il.  « Ho offeso fermando il gioco per farvi guardia i miei occhi ? (T'ai-je offensé en arrêtant de jouer pour que tu te gardes de mes yeux ?)» demanda-t-il d’une voix douce et amusée. Rares étaient ceux qui pouvaient se faufiler sans être aperçu ou senti par le vampire. Son plus vieil ami avait la manière de faire, mais même lui se trahissait.

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MessageSujet: Re: Ricercar prélude de fugue ft Judah Mar 23 Juin - 19:59



Avere il cuore in gola
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L'esquisse d'une fusain éclaté cesse sa course, et le visage éclairée de la jeune femme sous la flamme vacillante de la bougie. Lueur tamisée qui joue avec les contrastes lunaire d'une nuit de pleine lune, et tandis que hurlent, époumonés, les enfants de celles-ci, lui s'accorde une trêve. Il n'a pas la tête à ça ce soir, il n'a pas la moindre envie de donner vie à cette toile, pas plus qu'il n'a envie de s'adonner à l'observation dégénérescente d'une fleure déjà fanée. D'un geste de la main, plein de désinvolture autant que de lassitude, il montre la porte à l'humaine qui lui tenait jusqu'alors compagnie, et dans un dernier regard vague il souffle sur la mèche incandescente. Obscurité. Le voir est tombé, lourd, implacable, sur son existence, lui rappelant soudainement le poids de sa solitude et l'abandon mortel de son engeance. Cadeau empoisonné offert du bout des lèvres, rejet épris d'une souffrance qu'il écœure et abhorre sans pour autant rien n'en montrer. Il se sent mal. Si mal. Il n'arrive plus à démêler le vrai du faux qu'il prêche, il ne sait plus ce qui est bon de ce qui est mal. Il n'y a plus rien que cet éclat de verre fiché au milieu de son cœur. Mortel blessure, souffrance indicible de l'invisible, il s’effondre dans sa peine et arrache avec haine le croquis naguère tracé.

Haine pour haine. Sang pour sang. Il s'échappe comme une condamnées en proie aux spectres de ses victimes, détournant les yeux du spectacle des marcheuses nocturnes, faisant la sourde oreille au vacarme de la ville. Il sait exactement ce qu'il cherche, et comme un papillon de nuit attiré par la lumière, il recherche sa lueur dans les ténèbres. Titubant d'un manque qui lui lacère le cœur et brise un peu plus les dernières ruines de son âmes, il n'est plus rien qu'un empire désœuvré dont l'étendard est en lambeaux. Cadavre échoué sur la grève d'un bâtiment, il se mêle aux ombres, et se mû d'un silence éternel tandis que raisonnent les derniers accords adroits d'un luth. Il reconnaît la mélopée divinement accordée, il n'en connaît qu'un dont l'adresse le lui permet. Son sauveur. Son aimé. Son ami. Phare dans son obscurité, bougie vacillante et salvatrice. La nuit le recrache sous ses yeux clairvoyants tandis que son nom roule sur sa langue dans un divin sourire.

Cela fait déjà si longtemps que ce prénom n'a pas été prononcé. Presque oublié de tous, à jamais connu que de lui. Le sourire, d'abord timide puis bien plus franc, fait son apparition sur les rondeurs de son visage. « Solo la vostra assenza che sa offendere me. » ( Il n'y a que ton absence qui sache m'offenser), répond-il alors dans la langue dont cet autre fait l'empreint, souvenir fugace d'une époque révolue, celle où tous deux étaient des rois en ces nuits et non les esclaves ainsi rendus prisonniers. Il s'écarte de l'ombre, cherche la lumière. Sa lumière, prenant goût à le toiser ainsi, à le détailler une nouvelle fois. Eyvindr. Tableau parfait dont il se réserve les droits, dont seul lui à le pouvoir et la privilège d'en dessiner les contours par son crayon ou sa caresse. « Ton absence provoque toujours un vide en moi. Un tour béant que nos souvenirs ne suffisent jamais, totalement, à combler. », il contourne l'assise de son hôte, caresse les velours rougeoyant de celle-ci et ne cesse sa course que sur la rondeur d'une épaule opalescente. « Pardonne moi cette invitation impromptue, mais il est des nuits où tu m'es plus indispensable que d'autres. », souffle-il dans sa douleur tandis que ses doigts, encore noircis du fusain, se perdent dans les mèches longues, peut être trop longues, de cet ami qui n'en est pas vraiment un.
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Lycidas Hemming
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MessageSujet: Re: Ricercar prélude de fugue ft Judah Ven 26 Juin - 6:48


Chi vive di speranze muore di desiderio


Eskil & Eyvindr


Le regard de l’ainé se posa sur la créature qui venait à lui. Cela serait donc une de ces nuits. Il avait eu loisir d’apercevoir plus d’une fois l’appel du vide en la personne de Judah. Cette envie folle de se perdre dans des sentiments trop profonds, tellement profond qu’il était impossible à se hisser hors du marais enclavant qu’étaient ces sentiments. Lycidas ignorait ce qui troublait ainsi Judah en cette agréable soirée, peut-être que les lippes du vampire le apprendraient, peut-être que non. Une lueur de curiosité brillait dans le regard ancestral d’Eyvindr. Il se demandait si son ami cherchait du réconfort ou une main pour le guider. «Il est de bon gout que je me sois décidé à une vie sédentaire dans ce cas.» Une légère plaisanterie, rien de plus, rien de moins. L’idée même de sédentarité était absurde pour eux. Vivre autant, il était impossible de rester à un endroit. Au final, errer sur cette Terre était dans leur instinct. Parcourir le monde, un monde duquel il n’avait plus rien à apprendre, avait perdu de sa saveur, du moins pour Lycidas. Alors oui, il se plaisait dans ce mensonge de sédentarité et de vie humble de mortel pour l’instant. C’était une cassure de la routine d’immortel. Incroyable paradoxe.

S’attardant sur un écho de musique en grattant quelques cordes dans une sourdine parfaitement executé, il prit son verre et dégusta une gorgée du liquide qu’il contenait. Il se délecta dans les sensations. Le sang avait cette vertu d’éveiller sa carcasse. Il se sentait d’une énième jeunesse et il savait qu’il en aurait besoin pour son invité. Comme il l’avait si justement dit, certains soirs il avait plus besoin de lui que d’autres. La douce caresse d’Eskil dans ses cheveux, le fit sourire tendrement. Il était rare pour une créature aussi prédatrice et dure d’afficher autant d’attention dans ses gestes. Il savait que l’autre vampire était de nature plus dure que lui, mais à ses yeux il restait amarantine. Il inclina la tête. Simple geste que son interlocuteur n’avait pas à s’excuser. Il était le bienvenue dans son humble masure, qui n’avait rien des lieux prestigieux où il avait pu résider par le passé. Enfin, là était une hypocrisie de vampire, car la moitié des objets rien que dans cette pièce, avaient une grande valeur. Entre les meubles, les œuvres d’art, les instruments et même le petit bar qui ne servait à rien mais permettait de prétendre d’être humain lorsque quelqu’un visitait. Ce qui n’arrivait pratiquement jamais. Comme un loup protège sa tanière, Lycidas ne ramenait que rarement des gens dans son nid.

Le lute fut placé à ses côtés et il leva les yeux vers Eskil. Il s’autorisa une infiltration dans les brumes profondes de son esprit. Les murmures lui dictèrent l’état d’esprit du vampire. Un tourbillon duquel Lycidas n’était nullement surpris. Son don pouvait être suffoquant, il l’avait presque poussé à la folie durant ses premières années vampiriques. Si Viràg ne l’avait pas aidé, il aurait sans doute été un autre style de vampire. Ces bêtes sanguinaires qui n’arrivaient pas à sortir du brouahahaha des voix incessantes. Peut-être était-ce pour cela que les schizophrènes attiraient tant Lycidas, il comprenait que trop bien ce que c’était que d’entendre sans répits des murmures. Sa main vint se poser sur celle d’Eskil, caressant lentement la chair de porcelaine. «Tes pensées sont bien noires.» commenta-t-il avant de lever les yeux vers l’autre vampire. «Quelle muse s’est emparée de ton fusain pour dessiner tant de peine sur ton visage ? »
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MessageSujet: Re: Ricercar prélude de fugue ft Judah Lun 29 Juin - 7:35



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Âme en peine délaissée aux chavirement d'un cœur. Blessure endeuillé d'un cœur dagué de milles et unes écorchures. Il avait l’œil rougis de larmes et les joues rosies de son chagrin. Tout lui semblait si lourd à porter, et plus que le poids de ces lourdes années passées à faire comme si de rien n'était, c'était la masse de ses regrets qui semblait aujourd'hui le clouer à ses idées endeuillés. Il aurait laissé, assurément, voix à ses peines et tout autant à sa barbarie libératrice, s'il ne s'était pas raccroché à cette idée fixée dans le temps. Personnification parfaite et imperfectible d'une mélodie qui venait à calmer son esprit abîmé, écorchée, et rejetée par l'être aimé. Ainsi, s'accrochait-il a se radeau dantesque, caressant l'écume des jours en compagnie de cet autre qui l'avait déjà mainte fois sauvé de sa déchéance autant que de sa décrépitude. Dans une caresse infinie, ivoire sur opale, il arrivait ainsi à le ramener à la vie. Souffle éphémère qui le comblait et l’étouffait à la fois, le faisant vaciller sur ses pieds et le sommait ainsi à prendre appui.

Créature mutilée, il contournait le canapé sur lequel son plus ancien ami se trouvait pour mieux venir prendre appuis sur lui. Il se laissait ainsi tomber sur les coussins, animal alangui et épuisé par les remous infernaux d'une existence trop passive. « Je suis fatigué. », laissait-il passer au travers de ces lèvres en guise de réponses aux interrogations de son aîné. Il était éreinté par la charge viciée de toutes les actions qu'il avait engendré, et plus encore par toutes celles qu'il n'avait pu empêcher. La tête lourde de toutes ses idées qu'il venait déposer sur les genoux de son  conjurateur devenu confesseur, il fermait les yeux un instant. Il revoyait ces images éphémères et pourtant encrées à jamais dans sa réalité se dérouler sur le fond de ses paupières. Cinématographe de la pensées, conscience érigée en martyre qu'il ne pouvait écouter. « Je me sens si seul. Abandonné par les miens. Qu'ai-je fait de si mal, Eyvindr ? », finissait il par lâcher dans un souffle, ramenant sur ses yeux éplorés la manche immaculée d'une chemise qui ne tarderait à se rougir de ses larmes.

Culpabilité exacerbée, et pourtant incapable d'être avouée, il se roulait encore dans les mensonges qu'il avait battit tout autour de lui. Forteresse érigée pour mieux le sauver de cette déchéance qui le menaçait. Se trouvait alors dans l'air comme une saveur douce-amère, celle de l'abandon qu'il faisait de lui-même, celui de sa lente dégringolade au pied même de son existence. La lame coulait alors le long de sa joue, écarlate et incandescente marque de cette rupture consommée avec lui-même. « Ne leur ai-je pas tout donner ? N'ai-je pas tenter de leur offrir ce qui m'avait été arraché. », il se défaisait de ce bras qui lui barrait jusqu'alors le visage, relevant sur son hôte une main, puis la seconde, caressant son visage comme une idole d'un autre temps. « Aucun parent ne devrait survivre à ses enfants dans ces conditions. Il m'aura détruit, il m'aura anéanti. », et comme défait de ses forces, les bras retombaient, presque désarticulait sur sa poitrine immobile.
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Lycidas Hemming
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MessageSujet: Re: Ricercar prélude de fugue ft Judah Dim 5 Juil - 17:16


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Eskil & Eyvindr


Il aurait dû s’attendre. Le vampire avait depuis plus de mille an ce deuil en lui. Un cœur en lambeau, une âme torturée par la perte de celui qui l’avait fait. La fatigue était une vieille amie dont il n’arrivait pas à se débarrasser et il semblait qu’en cette soirée, les vieux démons d’Eskil faisaient surface. Le vampire prit cet aveu de faiblesse avec le silence et laissa l’autre s’installer sur ses genoux. Il vit alors qu’il fermait les yeux, ce qui le tourmentait tant, les images de ses souvenirs parlant plus que les quelques mots qu’il daignait poser sur sa douleur intérieure. Eyvindr n’était pas la rédemption, il n’était pas la douce mère qui ment simplement pour épargner encore plus de douleur. «Tout jeune vampire dans son apprentissage doit apprendre l’indépendance et non dépendre du sein du créateur… mais peut-être leur rancœur à ton égard est due au fait que tu les a quitté trop tôt. » répondit-il aux interrogations de Judah. Il était cruel de pointer la faute vers lui, mais aucune larmes ne pouvait l’attendrir dans ses propos. Il avait de l’empathie pour son ami, mais s’il se trouvait là, c’était par ses propres actions. Il passa une main dans sa chevelure en bataille, cependant. Un geste tendre , qui visait à apaiser. Il ne tentait pas à l’enfoncer, mais il ne voulait pas le plonger dans une réalité qui n’était pas la sienne, cela ne lui rendrait pas service.

Il amena son autre main pour sécher les larmes de Judah , ces sillons qui marquaient sa peau blanchâtre pendant qu’il porta la main à son visage. Il inclina son visage, acceptant ce toucher doux. Avec un sourire discret et quelque peu triste, il voyait encore Judah souffrir de cette absence de ce fantôme. Il avait vu cette douleur dans le regard de tant de vampires, tant d’orphelins dont il avait pris certains sous son aile pendant quelques siècles. Mais Judah outrepassait la longévité de tous les autres, il avait passé tant de temps seul, réellement seul à essayer de colmater cette plaie béante d’un lien qui n’existait plus. «Et tu a survécu, tu as une force en toi que peu ont Eskil, le passé est ce qu’il est, s’étire pour nous comme un long fil intriqué dans un brouillard, mais le future est encore à tes pieds, vierge tel qu’il est. Notre éternité nous permet de nous racheter de nos erreurs. » lui souffla-t-il patiemment. Ce n’était pas réellement des encouragements, juste un constat et une différente optique, mêlée avec une suggestion de choisir lui-même de changer sa route. Il était enfant de Tolvaj, Lycidas savait que cela jouait, ce clan avait une certaine façon de faire, mais peut-être qu’aller contre cette nature pouvait être salutaire à son ami. Il ne se permettait pas d’en dire plus. Les années lui avaient appris qu’il était plus sage de ne pas forcer la main si on voulait aider. Telle était la différence entre contrôler et guider son enfant. Et par les cieux, Judah pouvait être un enfant capricieux par moment.

Caressant encore la joue du malheureux, il continua d’enfermer Judah dans cette étreinte de tendresse, lui qui ne voyait que la froideur du monde et comptait le détruire plutôt que d’y vivre. Lycidas était honoré d’être celui à pouvoir voir ce genre de tensions inverses en la personne de Judah. Au-delà de leur amitié, c’était également l’intérêt de sa curiosité qu’il satisfaisait. Il n’y avait plus d’aussi vieux vampires, ils se faisaient tellement rares, Judah était l’un des seuls si ce n’est le seul avec lequel il avait réussi à construire une relation. Le regard bienveillant du vampire se posa sur celui de Judah. Le silence suffisait en cet instant. L’ainé se baissa gracieusement et posa ses lèvres délicatement sur celle de son ami. Il y avait dans le claquement discret de la chair de leurs lippes, une envie de forcer au silence le tumulte des voix. «Repose-toi.» murmura-t-il contre ses lèvres avant de se redresser et prendre sa coupe. Il en but une gorgée, ou plus, la dégusta, avant d’entrouvrir les lèvres de Judah et d’en verser dans la bouche de l’autre vampire.
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MessageSujet: Re: Ricercar prélude de fugue ft Judah Dim 19 Juil - 10:29



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Il n'y a rien d'autre qu'une boîte, pleine des souvenirs de ses autres vies qui le hantaient, et qui toujours revenaient dans ces moments d'intenses mélancolies. Il n'était rien d'autre que le prisonnier de ces myriades de boîtes qui contenaient chacune, toujours et à jamais, un morceau de son âme éclatée. Douleur fulgurante de ces icônes, tableaux d'un autre temps, et autres photographies jaunies qui laissent transparaître la douceâtre sensation d'une nostalgie entraînante. Résonnait alors cette simple pensée, celle que tout était mieux avant, tout semblait si facile et moins important du temps où il n'avait pas encore laissé se déchaîner ses sentiments. Ce sont, alors, les tumultes des regrets qui viennent alors le submerger, et il étouffait d'un chagrin qu'il n'arrivait à ravaler au creux des bras du seul être qui arrivait encore à faire naître la sérénité au sein de ces yeux ombrageux et désormais si âgés.

La caresse, autre que celle de son regard, se faisait alors agilement, et il cueillait avec langueur les larmes écarlates qui venaient rougir les yeux de l'éternel accablé par les maux de son existence. Sillons travées aux creux même de ses jours faites de porcelaines ancestrales. Écho d'une caresse prodiguée, pas faite pour se rassurer mais administrée pour consoler avant que la leçon ne soit assenée. Eyvindr, Lycidas, ou quelque fut le nom adopté à chaque époque qu'ils avaient vécu, non loin l'un de l'autre, était porteur de cette sagesse qui faisait tant défaut à Judah. Comme une pierre qui manquait à l'édifice, comme un pied fait d'argile pour se colosse qui se voulait inébranlable. C'était peut être pour cette raison là, tout autant que cette sensation de se sentir part entière du monde d'un autre, qu'il s'accrochait tant à cet autre, il était un tout dans une existence faite de rien, un point de mire à toujours regarder sous l'horizon déchaîné, il était le seul à ne jamais l'avoir abandonné aux vicissitudes de la vie.

Pourtant ce qu'il disait sonnait comme un coup de massue, et l'étourdissait d'un mal difficile à identifier. Morsure à vif sur son esprit, déchirement macabre et putrides de son âme tuméfiée, et s'il n'avait été la douceur d'un baiser offert qui avait fait mourir la protestation au fond d'une gorge affamée. Grisé par le parfum sucré d'un sang à peine dégusté, les pupilles humides d'un liquide de vie rendu à sa liberté, il se laissait aller à cette sensation nouvelle de volupté alors qu'il lui renversait la tête pour lui offrir le calice d'une existence belliqueuse, déversant entre ses lèvres exsangues le nectar infernale qui les maintiendrait à jamais en vie. Monstres des livres de contes, horreurs des histoires racontées aux pieds d'un feu d'hiver, ils n'avaient pourtant rien de bien effrayant à cet instant là. Judah était même, bien moins effrayant que le guerrier qu'il avait été lors de sa courte humanité, et pourtant bien plus dangereux dans cette blessure qui lui tranchait le cœur.

Vif d'un sujet perdu dans le tumultes de ses pensées bousculées, il se laissait revigorer par la saint sang d'un Christ déchu et pas plus rédempteur que l'était l'abreuvé. Il éveillait de tout part la sensation d'extase, et outre les crocs qui s’alanguissait sur sa langue qui quémandait un peu plus de tout ce qu'on lui offrait à peine. De ses mains exigeantes il agrippait aux frusques de son aîné, y laissant s'infiltrer les ongles acérés qui en déchirait les fins tissus pour ne laisser que l'infime marque sur cette peau qui n'avait pas vu la lumière depuis plus de deux millénaires. Égratignures qui déjà se refermait sur d'une goutte de sang, infime vestige d'une humanité qu'il venait recueillir à la source d'une langue gloutonne. Accroissement majeur des envies les plus basiques. Faim. Sexe. Le tout entremêlé en un besoin plus qu'animal et en tout point d'un esthétisme travaillé.

Lente ascension d'un corps sur celui d'un autre, montée flagrante et emportée céleste qui se laissait dévorer tandis que les crocs luisaient un peu plus sous l'éclat tamisé d'une lumière si peu naturelle. Voila donc à quoi il se sentait condamné, voilà donc à quoi son instinct le poussait alors que la menace imminente de plonger dans les délices infiniment grand du stupre et de la gloutonnerie s'entremêlait, il enfouissait ses mains sans tendresse dans les cheveux de son hôte tandis que tout son corps tendait vers le haut, nichant ses lèvres dans son cou à peine palpitant. Léchant sa peau avec autant d'envie que de manque de culpabilité.
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