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there is no peace that I've found so far (adam)

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poisoned soul

MessageSujet: there is no peace that I've found so far (adam) Mar 9 Juin - 19:51



there is no peace that I've found so far
I find a map and draw a straight line Over rivers, farms, and state lines. The distance from here to where you'd be It's only finger-lengths that I see. I touch the place Where I'd find your face, My fingers in creases Of distant dark places. I hang my coat up in the first bar There is no peace that I've found so far, The laughter penetrates my silence As drunken men find flaws in science. Their words, mostly noises, Ghosts with just voices, Your words in my memory Are like music to me. I'm miles from where you are, I lay down on the cold ground And I, I pray that something picks me up And sets me down in your warm arms. After I have traveled so far, We'd set the fire to the third bar, We'd share each other like an island Until exhausted, close our eyelids. ~ set fire to the third bar.


Ada galopait autour de sa mère, ses boucles blondes virevoltant allégrement autour de son visage mutin, l'impatience se lisant très clairement sur ses traits enfantins. Les lèvres relevées en un demi-sourire amusé, Anna observait sa fille sautiller, taper des mains et des pieds, comme paniquée à l'idée de ne pas atteindre à temps l'objet verdoyant de ses désirs. Le parc n'allait certainement pas s'envoler – mais allez donc l'expliquer à une gosse de sept ans. La jeune femme restait sagement en retrait, ne prenant pas la peine de retenir les ardeurs d'Ada qui semblait déterminée à n'obéir qu'à ses propres directives. Il s'agissait bien là d'un trait qu'Anna lui enviait, tout autant qu'elle le redoutait ; et si, dans quelques années, Ada prenait la décision d'agir comme son connard de père en disparaissant de la surface de la terre sans plus de cérémonie ? Si sa fille et elle se ressemblaient comme deux gouttes d'eau, elle tenait de son paternel son bon Dieu de tempérament. Ce n'était pas dérangeant en soi, elle avait aimé Adam jusqu'au dernier moment de leur relation et même au-delà – mais leur relation s'était achevée sur un goût particulier. Celui du deuil. Anna ne voulait pas perdre sa fille de la même manière et s'attachait à lui accorder l'importance qu'elle méritait, même si elle était parfois too much. Ceci dit, Ada était compréhensive et avait arrêté de répéter à qui voulait bien l'entendre que sa mère était un peu fêlée. Pour l'en remercier, Anna l'emmenait deux fois plus souvent au parc – sans vouloir se l'avouer, elle cherchait à fuir le bureau et Solomon. Surtout Solomon, puisque son travail en tant que tel ne l'avait jamais particulièrement dérangée. Ce jour-là était particulier puisque l'école avait lâché les élèves en avance et Anna en avait profité pour s'éclipser plus tôt, prétextant que sa fille n'était pas assez grande pour se promener toute seule dans les rues. Ce qui était vrai et elle n'aurait pas hésité à tout envoyer balader si sa demande n'avait pas été accordée. Le parc n'était qu'une option parmi tant d'autres qu'elles s'octroyaient volontiers entre la zone de départ et celle d'arrivée.

Lorsqu'elles franchirent d'une même démarche active le petit portique en acier grinçant, Ada se précipita sur le toboggan rouge qu'elle affectionnait tant, son sac-à-dos se balançant de droite à gauche derrière elle. Sa fille était bien la seule personne capable de la faire glousser. Anna ne tarda pas à lui emboîter le pas, l'aidant finalement à se débarrasser de son sac dont elle glissa la lanière sur son épaule droite. Relevant légèrement le menton, son regard bleuté accrocha une silhouette étonnamment sombre au beau milieu de cette chaleur environnante. C'est marrant, il lui ressemble. Il lui fallut moins de trente secondes pour croiser ce qu'elle voyait avec ce dont elle se souvenait, prise à la gorge par cette ressemblance inquiétante. Il avait changé – ce n'était pas possible. Mais depuis longtemps, Anna avait abandonné ce qui lui restait de raison. Ses doigts se contractèrent autour de la lanière, tandis que sa main cherchait l'épaule de sa fille, s'y agrippant avec suffisamment de férocité pour faire glapir sa fille. Ce petit bruit ne l'alerta pourtant en rien tant elle était focalisée – c'est lui, c'est lui, c'est lui lui lui LUI – sur cet homme filiforme qui ne tarda pas à s'esquiver, tournant les talons avec une rapidité sans pareille. Enfoiré de fils de p- Parvenant à étouffer son hurlement de rage, qui se mua sans surprise en un grognement bruyant, Anna se retourna vers sa fille qu'elle tenait à sa portée ; lui aboyant l'ordre de la suivre sans poser de question, elle délaissa son épaule et retrouva sa petite main. Jamais elle n'avait couru aussi vite de sa vie, et elle remerciait Dieu de lui avoir donné une fille avec une bonne endurance – rapidement, elle sentit ses jambes s’ankyloser sous l'effort mais elle tint bon. Les doigts enroulés autour de ceux de sa fille, elle fendait la foule avec une dextérité qu'elle ne se connaissait pas, n'hésitant pas à jouer des coudes pour se frayer un chemin moins étroit au milieu de tous ces badauds.

Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Mais ce ne fut qu'au dernier moment, lorsqu'Ada réclama du repos et qu'elle se sentit flancher sous sa course effrénée, qu'elle le retrouva.

Enfin.

Fronçant le nez, Anna ramena Ada tout contre sa hanche, esquissant un pas maladroit au plus profond de cette ruelle calme, forçant sa fille à faire de même. Elle aurait aimé dire qu'il n'avait pas changé, mais elle aurait menti. Et c'était – lui, lui, lui– Adam. Il n'y avait aucun doute. En sept ans, il avait été bouffé par la vie, il était crade à en gerber. Il portait ce qui ressemblait étrangement à une barbe. Et le voir là, comme ça, lui apporta une bouffée de nostalgie mêlée à ce qui ressemblait à une rage incommensurable. Elle avait mal à s'en plier en deux, et cela n'avait aucun rapport avec sa respiration sifflante ou ses pieds meurtris. Il aurait été sans doute bon de sa part de l'attaquer, de le briser en deux. Mais après avoir passé sept ans de sa vie à fantasmer sur ce à quoi leurs retrouvailles ressembleraient, et de quelle manière elle s'y prendrait pour le détruire, elle avait oublié de prendre en compte un paramètre qui avait dorénavant toute son importance : Ada. Sa fille était là, bien présente tout contre elle. Machinalement elle posa sa main sur le haut du crâne de la gamine, l'intimant à se rapprocher davantage alors que tous les atomes présents entre elles avaient déjà été réduits à néant quelques secondes plus tôt. Elle entrouvrit les lèvres, un son guttural en sortit. Anna déglutit, mais ne bougea pas. Sous ses phalanges alertes, elle sentait sa fille commencer à vouloir reprendre son indépendance. Bon Dieu. Elle se souvenait maintenant – tout ce qu'elle avait été obligée de subir des années durant, toutes les nuits passées à se morfondre sous cette peur tenace d'avoir fait fuir le père de sa fille. Puis la peine avait été lentement remplacée par la colère, une rancœur si tenace qu'elle en était devenue obsédante.

Mais là, non, rien à faire. Elle pouvait pas l'ouvrir maintenant, Anna, non elle pouvait pas. Parce qu'il y avait Ada. Et parce que la colère n'avait finalement pas surplombé toute cette tristesse qui avait commencé à la détruire des années plus tôt. Ce chagrin était là, quelque part, et l'empêchait d'être foncièrement mauvaise. Pourtant, elle aurait aimé lui en coller une et lui cracher à la gueule. Oh oui, elle aurait aimé ça.

« Maman » Anna ne prêta qu'une oreille distraite à sa fille qui essayait d'échapper à sa poigne d'acier « maman, ça va ? Maman, c'est qui ? »

Elle déglutit de nouveau, la bouche sèche. Elle ne pouvait pas lui dire qu'il s'agissait de son père, elle ne pouvait pas lui dire que ce bonhomme sale de la tête aux pieds était celui avec qui Anna avait envisagé de faire sa vie. La jeune femme préférait s'enliser dans un silence humiliant plutôt que d'émettre cette vérité qui lui faisait froid dans le dos. Peut-être - seulement peut-être - n'était-elle pas celle qui avait le plus perdu dans cette histoire. C'était ironique, absurde. Ca commençait à lui plaire.
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