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variations. [leonóra]

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poisoned soul

MessageSujet: variations. [leonóra] Lun 1 Juin - 12:32



variations
ft. leonóra

Teodora termina son échauffement, rangea les écouteurs dans son sac. Elle avait toujours tendance à s'isoler pour se préparer, laissant les autres danseurs du corps de ballet s'affairer tandis qu'elle s'imposait l'échauffement le plus intense. Aucun détail ne devait être laisser au hasard, car Teodora ne tolérait aucun erreur. Une chute, une blessure, et c'était la fin. Elle ne pouvait pas se le permettre, ni aujourd'hui, ni jamais. Elle réajusta la queue-de-cheval qui dévoilait sa nuque avant de suivre le reste du corps de ballet – lançant au passage un regard plein d'envie à celle qui occupait le rôle de première danseuse. Un jour, elle serait à sa place – et même, première étoile, brillante, un grand nom reconnu dans la danse.

Teodora termina d'enfiler ses pointes et se plaça avec les autres sur les planches de l'Opéra. Répétition avec l'orchestre, sur la scène, devant les sièges vides de l'Opéra. En fermant les yeux, elle les imaginait très clairement remplis, un soir de spectacle, un sentiment qui l'angoissait et lui plaisait en même temps – le frisson du stress la motivait, courrait dans ses muscles et l'incitait à se surpasser chaque fois toujours plus. Quand elle rouvrit les paupières, son regard parcouru les membres de l'orchestre et elle reconnut un visage familier : Leonóra.
La jeune femme lui adressa un léger sourire et un hochement de tête avant de se mettre en position. Elle inspira. Bientôt, la musique commençait et ses membres s'animaient à l'unisson des autres danseuses. Chaque mouvement de jambe et de bras étaient calculé, étudié, même dans la plus grande des douceurs, rien n'était laissé au hasard. Concentrée sur ses mouvements, elle entendait de loin la musique familière qui les accompagnaient. Lointaine, mais pourtant, Teo distinguait des accords irréguliers et en jetant un regard aux autres danseuses, elle remarqua qu'elle n'était pas la seule perturbée.

On reprends ! Première position.

Arrêtée en plein milieu d'un mouvement, elle fronça les sourcils, agacée et lâcha un léger soupir inaudible, reprend sa position de départ. Ses yeux fixèrent un point précis, retrouvant sa concentration. Elle expira lentement.
Mais quelques minutes plus tard, la concentration des danseuses étaient de nouveau brisée : plusieurs fois, on les fit retourner à leur position d'origine, ce qui commençait à agacer la majorité du corps de ballet. Teo incluse. Elle fit claquer sa langue contre son palais, cherchant des yeux le ou la responsable de cette catastrophe – car aux yeux de la jeune femme, cette répétition était une catastrophe sans nom.

On s'arrête là pour l'instant. Prenez une pause.

Teo leva les yeux au ciel, retombant sur ses pieds. Son regard se posa de nouveau sur la violoniste, qui semblait troublée – par qui, par quoi, Teodora n'en avait aucune idée. Elle abandonna ses collègues, descendit de la scène pour s'approcher de la jeune femme, d'un pas silencieux. En s'approchant d'elle, Teodora remarqua qu'elle semblait encore plus à cran de plus près. Elle haussa les sourcils.

Tu as l'air à cran, qu'est-ce que tu as? Tu agis bizarrement. fit Téo, sans passer par quatre chemins. Elle croisa les bras et toisa la brune plus âgée, essayant de comprendre ce changement d'attitude. D'aussi loin qu'elle se rappelât, Téodora n'avait jamais vu Leonóra agir ainsi. Tu joues particulièrement mal, aujourd'hui. D'habitude, tu joues beaucoup mieux que ça, pourtant. ajouta-t-elle en s'appuyant contre un des sièges rouges.
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Leonóra Keresztély
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MessageSujet: Re: variations. [leonóra] Dim 7 Juin - 13:29

Teodora&Leo
 Ses doigts craquent, fatigués, déjà, du rythme imposés par la baguette du chef et pourtant, aucun trouble sur le visage, impassibles, les traits de la violoniste qui suit doctement la moindre variation. Ni sourire, ni concentration intense, une plénitude aussi simple que complète, le plaisir de sentir le bois vibrer sous chaque coup d’archet, d’enfin dominer son petit univers. Enfin elle retrouve la maitrise, les sensations qu’elle pensait avoir oubliées. Enfin, c’est elle la première Dame de l’orchestre et les  évènements passés sont loin, loin dans les souvenirs et dans le fond de son âme.
Mélopée qui cesse et entre le corps de ballet, les solistes, ceux qui font ployer le corps à leurs exigences et ont, de cette façon, toute l’admiration de Leo. Et parmi eux, Teodora. Leurs regards qui se croisent, sourire sur le visage de la Serban, rictus constipé qui se voudrait amical sur celui de la louve. La cousine d’Anton est de ceux que la jeune femme aime bien, opiniâtre et ambitieuse, leurs mélodies s’accordant sans mal, au grand désespoir de leurs anciens camarades du conservatoire. Deux promotions placées sous les caprices de la danseuse et de la violoniste, désir de perfection dans la moindre parcelle de leurs travaux. Sauf que Teodora porte le même nom que le chasseur, probablement la même haine pour sa « race », les promesses meurtrières pour ceux qui n’ont jamais demandé à être maudits. Serban, ce nom sur lequel elle s’est renseignée auprès des légendes et dont elle a rapidement fermé le chapitre, trop de crainte. Savoir qu’ils n’étaient qu’une dynastie de nettoyeurs lui suffisait.
Absorbée par la silhouette de Téo qui, pourtant, a disparu depuis longtemps derrière ses collègues, la violoniste sursaute lorsque l’orchestre se remet en mouvement. Elle rate l’entrée, bâcle sa mesure pour rattraper le rythme et étouffe un grognement presque animal lorsque l’on fait cesser le jeu pour la première fois. Elle sent la sueur, la chaleur des muscles sollicités tout autour d’elle et les effluves lui arrachent un haut-le-cœur. Ils reprennent, une fois, deux fois, cinq et rien ne va, le violon indomptable cesse de sonner juste et Leo se déteste pour son incapacité à trouver la concentration. Elle a bien trop peur, est bien trop inquiète de partager la pièce avec ce qui pourrait être une chasseuse. Une chasseuse qui pourrait être au courant de ce qu’elle s’évertue à cacher et profiter d’un moment d’inattention pour lui trancher les veines.
▬ Keresztély, vous comptez continuer à saboter tout l’Opéra ? Murmures approbateurs de ceux trop heureux d’abonder dans le sens du chef d’orchestre. Qu’on mette enfin un coup sur le museau de la louve.
Elle se détourne, rien à répliquer. C’est elle qui merde, il a raison et elle s’en veut terriblement. Ses yeux parcourent les rangs de danseuses à la recherche de Téo, pour ne pas la quitter du regard, jamais.

Trop. Tard.

▬ Tu as l'air à cran, qu'est-ce que tu as? Tu agis bizarrement.  Sursaut masqué de justesse par une quinte de toux digne de Marion Cotillard en train de mourir.
▬ De. Je… hein ? C’est toi qui es bizarre. Qu’elle bafouille un peu en s’accrochant à son violon avec l’énergie du désespoir tout en soufflant la dernière phrase comme une gosse de huit ans. Miroir miroir quoi.
▬ Tu joues particulièrement mal, aujourd'hui. Ah bah merci, ça fait toujours plaisir. Leo grimace, un peu. Elle répliquerait vertement si ça n’était pas Téo et si elle n’avait pas principalement envie de se barrer en courant. D'habitude, tu joues beaucoup mieux que ça, pourtant. La violoniste hausse une épaule, plus méfiante que concernée. Ses yeux détaillent scrupuleusement les muscles sous la peau de la cadette, prête à tendre les siens au moindre mouvement suspect.
▬ Je sais mais tout va bien, je t’assure. Finit par souffler la brune, puis, sentant que jamais la cadette ne s’en irait si elle ne lui offrait pas de réponse un tant soit peu valable, elle ajoute, bien malgré elle. J’ai eu une semaine plutôt difficile, si on peut dire ça comme ça. Imperceptiblement, elle s’éloigne un peu de l’ancienne amie, peut-être chasseuse, incapable de lui accorder une once de confiance. Mouvements retenus, corps tendu, au bord de sa chaise, prête à fuir. Ca va passer, pas la peine d’en faire tout un plat, désolée. Le ton est froid, hostilité pointant dans le fond de sa voix qu’elle aurait voulu retenir mais tout ce qu’elle veut c’est que la Serban s’éloigne enfin, qu’elle disparaisse dans les coulisses pour qu’elle puisse de nouveau respirer.

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MessageSujet: Re: variations. [leonóra] Jeu 11 Juin - 19:03



variations
ft. leonóra

Elle était bien loin, la Leonóra avec qui Teodora s'était associé lors du récital de fin d'année pour briller plus haut que les autres. Sans être des meilleures amies, elles avaient été amies, et si le temps les avaient séparés pendant un moment, rien n'expliquait un changement si radical.

C'est toi qui est bizarre, rétorquait Leonóra, et cela eut pour effet d'ébranler un peu l'assurance qu'affichait Teo. Pendant quelques secondes, elle fronça les sourcils, avec une micro-expression de surprise, se remettant alors en question : après tout, peut-être que son quotidien de chasseuse avait fini par lui jouer des tours et elle voyait des comportements étranges partout à force d'être aux aguets en permanence...Peut-être était-ce un début de paranoïa... Mais bien vite, l'idée s'échappa loin de la Serban alors que ses yeux s'attardaient sur les mouvements de son aînée : non, définitivement, c'était Len qui agissait étrangement, ce n'était pas la raison de Teo qui s'enfuyait.
Elle écouta d'une oreille distraite les justifications foireuses de la jeune femme – parce qu'elle n'y croyait absolument pas, Teo, à cette histoire de semaine difficile, elle sonnait trop légère et fausse pour être la seule explication. Leo s'éloigna, mettant de la distance entre elle et la danseuse. Teodora retint brusquement la violoniste par le bras, ne laissant pas le plaisir à Len de s'éloigner – tant pis si c'était oppressant et qu'elle passait un peu pour une harceleuse : quelque chose clochait. Et Teodora voulait savoir, surprise par le ton glaciale dans la voix de son ancienne amie.

Je t'ai fais quelque chose ? Autant le dire clairement, plutôt que de me fuir. Sous le ton dur de la jeune femme, il y avait une légère inquiétude – est-ce qu'elle avait blessé Leo, par ses mots, au point de la faire fuir ? Dieu sait que Teo et le tact n'allaient pas ensemble, mais elle n'avait pas le souvenir d'avoir vexé la musicienne a ce point. Ou bien il s'est passé un truc avec Anton ?

Les possibilités, Teodora les revoyaient mentalement, pour trouver l'explication la plus probable à ce rejet total. La Serban lâcha le bras de la brune, le laissant mollement retomber contre sa hanche. Elle ferma les yeux quelques secondes, avant de reprendre.

Visiblement, tu n'as pas envie que je sois là, c'est clair. Je pars dès que tu m'as expliqué – pas avant.

Elle jeta un coup d’œil aux autres danseuses et autres membres de l'ochestre qui profitaient de cette pause : la répétition n'était sûrement pas prête de reprendre de sitôt, et cela laissait largement le temps à la chasseuse de passer son interrogatoire à Len. Teodora rejeta ses cheveux par dessus son épaule et releva un peu le menton.

Alors ? elle arqua un sourcil, attendant une réponse.
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