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The devil's got nothing on me my friend (w/Ágnes)

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Ksenia Vasnetsov
poisoned soul + drink from the cup of life
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MessageSujet: The devil's got nothing on me my friend (w/Ágnes) Sam 30 Mai - 13:05

Ágnes & Ksenia
You all say
I've crossed a line

But the sad fact is I've lost my mind.

Rage étrangère entre ses reins, la colère qui fait trembler les doigts, la voix, tous ses membres. Elle n’a même pas eu la force d’enfoncer ses crocs dans la jugulaire offerte de la femme venue la consoler. Il est apparu, soudainement, devant ses yeux clairs. Mirage accusateur déversant sa haine pour les créatures, les mots qu’elle rejette violemment et qui, pourtant, s’insinuent sous sa peau pour écorcher la chair éternellement juvénile. « Abomination », le terme maudit qui résonne aux oreilles. Elle a poussé la femme, fébrile, avec un couinement étranglé dans le fond de la gorge. Le sang a perlé des yeux à demi clos. Fuite pour ne pas attirer l’attention. Cris alarmés de la femme, la mère inquiète pour l’enfant qui s’échappe. Qu’elle aille au diable, avec ses considérations humaines, ses instincts aveugles.
Ksenia a couru, longtemps, la rancœur animant ses jambes. Pestant contre elle-même, le Créateur, Dieu, le vice. Pestant contre le Serban qu’elle veut voir souffrir plus que jamais, reporter la tempête rageant dans son esprit sur le reste de l’univers.
Des mois, déjà et elle n’a toujours pas réussi à oublier. Habituellement elle finit par s’accoutumer
L’église s’est dressée devant ses yeux, drôle de coïncidence, une ironie d’une sort qu’elle trouve presque amusante. Toujours ouverte aux âmes errantes, la maison du Seigneur, qu’on lui a vaguement dit dans son enfance. Elle ne sait pas vraiment, la princesse capricieuse. Elle était trop jeune pour l’époque et trop occupée à fuir de son vivant pour se préoccuper du Dieu miséricordieux. Une petite partie de son être a la piété au fond du cœur, une déférence héritée du père tant aimé. Parce qu’Aleksandr croyait en Dieu, profondément. Il y croyait tellement que sa dévotion faisait mal à voir. Ca n’avait rien donné de bon, rien de grandiose. Le seul miracle était Ksenia, porteuse de mort, la malédiction pour tout prodige. Nulle action sainte.
Alors Dieu, elle s’en fiche, un peu. Et pourtant, les choses sont telles qu’elles sont pour une raison. Et à quatre-vingt ans, elle n’a toujours pas trouvé les raisons. Pourquoi les heures sombres, pourquoi l’horreur dans la nuit ?
Elle pousse la lourde porte d’un geste déterminé, craignant, peut-être, que trop d’hésitation ne fasse naître le refus. S’il accueille volontiers les âmes en perdition, peut-être que Dieu refuse les indécis, qui sait ?
▬ Tu veux quoi ? Elle crache au Jésus figé sur sa croix, là-haut. Le regard enflammé de l’enfant de dix ans, la colère immense de la femme sans réponse.
Fracas et clameur, elle renverse les bancs, fait chuter les chandeliers. Provocation pour celui qui est censé tout voir, tout savoir. Personne pour hurler l’amertume, elle fait comme l’humain moyen, elle blâme le Très Haut et son omniscience. C’est à lui qu’elle demande des comptes.
Le chaos semé, métal et cire se mêlent sur le sol alors qu’elle s’apprête à arracher la caisse des dons du mur pour en semer le contenu aux quatre coins de Budapest. Elle s’arrête soudain, bruissement attirant son attention et s’assoit sur le banc le plus proche pour fixer le désordre étalé, le fruit des colères enfantines.
Soupir.
▬ Je fais quoi, maintenant ? Question sans réponse. Ou plutôt dont la réponse est toute vue. Elle continue à être. C’est tout.
Ses yeux parcourent les bancs vides, cherchent un peu une silhouette à laquelle s’accrocher, du concret pour cesse de vagabonder. Elle se demande pourquoi les mortels tiennent tant au lieu de culte, à l’amour terrible d’un Dieu qui ne donne rien et prend tout.

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poisoned soul

MessageSujet: Re: The devil's got nothing on me my friend (w/Ágnes) Mar 16 Juin - 13:33

the lion and the lamb

Le sol était poussiéreux, tout comme ses mains, tout comme sa robe, frottant le pavé depuis quelques mètres déjà. Un pèlerinage nocturne, de la torture, de l'automutilation, une tradition hebdomadaire, maintenant.  À minuit sonnant, son corps s'écrasait au bitume, et comme ça, elle rampait vers la rédemption, fragile, exposée, vulnérable. Sa façon à elle de remercier son créateur de l'avoir choisie; de lui monter son dévouement. C'était comme cela, chaque soir, depuis sa sortie du coma. Sur son corps, cicatrices et autres blessures s'accumulaient, sans qu'elle y porte attention, ses pensées trop occupés par lui, par sa bonté.

Cette nuit n'était en rien différente des autres. Quelques passants l’interpellèrent, quelques klaxons se firent entendre, mais point ne vint déranger la folle dans sa folie, point, avant cet instant, quand en ouvrant la porte elle découvrit son paradis saccagé.

Des bancs ont été déplacés, mon cœur, arraché. Sur le sol gît, dans une marre de cire, le cadavre du chandelier, qui jadis éclairait l'autel. L’œuvre horrifiante de Satan, certainement.

Elle avance, d'un pas craintif, passant le cadre de la porte, puis les derniers sièges, ses yeux fixés sur Jésus qui pleure là haut. Ses pieds bougent encore, et sous son poids, une planche craque. Panique. Une ombre se déplace. Lucifer vient la voler à Dieu pour l'amener en enfer, une fois pour toute. Un moment, ses yeux sont fermés. Un autre, sa main cherche les croix ornant son cou. Puis finalement, elle sent sa présence, elle se calme, se rappelle qu'il sera toujours à ses côtés. Comme ça, elle n'a plus peur, et ouvre les yeux. C'est alors qu'elle l'aperçoit, une silhouette, une âme perdue, un agneau a ramener vers le troupeau, assise là, au premier banc.

Sors de l'ombre, laisses sa lumière, sa grandeur te guider.

Sa voix brise le silence glacial qui régnait dans la nef. D'un ton sévère, d'un discours usé, trop souvent répété, elle implore l'infidèle de revenir vers son créateur. De gestes doux, elle l'approche, remarquant bien vite que la silhouette est celle d'un enfant, d'une âme qui serait pure, ne serait-ce des crimes de ses géniteurs. Le cœur d'Ágnes se serre alors, pensant à sa jeunesse de dépravation et de solitude, des sentiments certainement bien familiers à la petite égarée assise là.

Peu importe qui tu es, d'où tu viens, saches que si tu te repends, il te pardonneras. N'ai pas peur enfant, il t'aime – Il abhorre seulement les démons qui te hantent.

Toujours, elle avance, encore, plus près. Elle prend place sur le banc voisin, fixe l'enfant, n'éloignant son regard que pour le poser sur son sauveur, toujours blessé, mais rayonnant tout de même. En elle, son sang s'échauffe, elle est prise de passion, prise d'amour. Il est beau. Il est bon. Il est parfait. Elle l'aime. Elle l'adore. Elle ferait tout pour lui – Elle lui donnera un enfant de plus; Celle là.

J'étais comme toi, avant, errant dans la nuit à la recherche de réponses – Il les détient. Il les détient toutes et il te les donneras si seulement tu l'écoutes.

Ses entrailles s'enflamment, son corps semble hors de son contrôle. Elle veut s’agenouiller, encore, lui parler, l'aimer, mais elle s'en retient – Une larme coule alors sur sa joue; Sa lumière est si belle, si aveuglante.
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