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Malleus Maleficarum (ambroise)

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Mircea Brâncuși
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MessageSujet: Malleus Maleficarum (ambroise) Jeu 14 Mai - 9:25



Malleus Maleficarum
On a gathering storm comes a tall handsome man
In a dusty black coat with a red right hand

Le soleil s’épuise au règne des ombres. Il est temps pour les terribles de sortir de leur cave, de fouler la terre. Les vies-mortes s’éveillent à la nuit, des ombres supplémentaires qui se glissent aux pavés, aux maisons, à la chambre des parents. Mircea vogue à la propriété, les couloirs qu’il connaît par cœur, les œuvres dérobées qu’il devra bientôt remplacer par de nouvelles. Des toiles qui s’ébattent aux murs, aucun pan n’est vierge. Une décadence, un schéma brouillon pour le regard.

La créatrice qu’il prévient, comme l’enfant interpelle la mère. L’impossible éloignement. La promesse de rentrer, de ne pas s’éloigner. Il ne tolère pas la solitude de la sienne. Le véhicule gronde, d’une possession qui le dépasse, le frein qu’il oublie souvent, quelques chairs dans les roues, le véhicule ralentit. C’est à l’université qu’il se rend, un lieu reconnu pour quelques errances à la bibliothèque. 20h00. C’est le dernier cours donné, le sien, celui qu’il vient voir. Elle. Les lettres des mois derniers ne sont plus suffisantes, la déposition des confessions au coffre, à l’eden, sont devenues maigres. C’est le besoin de la revoir. Depuis les premières années il foule son ombre. Ambroise. Mircea se perd dans les couloirs, trouver la salle, l’amphithéâtre qui accueille la foule des ignares. Il dénote à la population des vies nouvelles, des étudiants, des idiots, des corps à éclater. Quelques uns qui feraient d’excellents repas, des belles à ses doigts, des beautés à préserver dans la mort. Il est au dernier rang, sous l’ombre, le sourire vissé aux lèvres, à l’attente de la venue, l’infernale façonnée.

La porte s’ouvre et il n’a pas besoin de voir, de jeter un regard pour deviner que c’est elle. L’odeur ancré aux données de sa mémoire. Les sens s’affolent, se percutent. Le sang bu il y a quelques heures éveille ses capacités. Il a l’apparence des humains, dénué de son enveloppe d'immortelle statue. Les regards qui ricochent, le clin d’œil qu’il lui adresse. Pas de moquerie entre eux. Le salut amusé. Le sujet est une curiosité, il se demande si elle évoque ses folies macabres, si elle les introduit à ses fantaisies. Une enfant qui apparaît à l’écran, le corps retourné, cage thoracique exposée, le tout gorgé de fleurs, des fanées, des malades. Mircea est à l’amour de ces imaginations débordantes, à la jalousie des actes somptueux. Lui qui n’a pas la patience des mises en scène. Aux paroles prononcées, il comprend pourquoi elle est reconnue, pourquoi elle court le monde pour des conférences.

Et tout s’achève. La lumière qui revient, lui déchire la rétine. Artificielle, mais c’est encore la lutte contre l’idée qu’il ne va pas mourir, que ce n’est pas dangereux. Tous s’évadent, et il attend, à la descente lente des marches. Le bureau qui les sépare. Maigre défense. « J’ai un présent pour toi… éphémère. Il ne faut pas tarder » Chat qui a rapporté une souris, chat sournois qui veut sa récompense. Pas de politesse, de bonsoir, de geste tendre. Il ne supporte pas les épanchements, ces nécessités pour marquer l’importance de l’autre. « Dois-je tuer l’imbécile qui attend que tu lui adresses un regard ou peut-être une parole ? » Un gamin restant, des feuillets contre lui, à l’espoir d’un mot. La jalousie qu’il exprime. Aucun autre n’est toléré. « Ma voiture, et tu conduis » Les clés qu’il lance. Jouet acheté la veille, une carcasse de plus à sa collection de ferrailles poussiéreuses.  
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MessageSujet: Re: Malleus Maleficarum (ambroise) Jeu 21 Mai - 6:54



Malleus Maleficarum
a kiss is the beginning of cannibalism




Le talon claque. Son cours est à l’heure du crépuscule. Son préféré. Les étudiants lassés de leur journée, somnolent sur les bancs. Elle peut donc s’adonner à loisir à ses macabres expositions. Personne n’écoute. Elle se lâche. Une gamine dans les bayous. Un travail de jardinier, extrêmement méticuleux, le sien. « On pourrait l’appeler Fleur du Mal. » Un titre qu’elle donne à sa propre œuvre, le baptême féroce de la louve. Une propriété privée. Un cas irrésolu que seule Ambroise sait disséquer avec maestria. « Ce n’est pas une simple tuerie. La composition n’est pas anodine. Notez la précision chirurgicale, qui peut me donner les instruments utilisés ? »

L’heure passe, une silhouette qu’elle repère, ne quitte pas du regard. Une ombre qui veille. Mon royaume pour un vampire. La voix est identique, posée, mais les pupilles sont vrillées à celles de Mircea, son démon personnel. Elle voudrait insulter ces jeunes générations qui sont proprement incapables de déceler la beauté de ces funestes mises en scène. Ils partent, tirent le rideau, les laissant seuls. Destinée avec laquelle on renoue. « Pour te faire pardonner cette attente interminable ? Tu m’as fait languir… » Des lettres enterrées dans le jardin. Des mots que l’on apprend par cœur avant de dormir. Des promesses égarées. Elle se rapproche insolemment de lui, kidnappe son bras. Chuchotis. « Je t’attendais. » Un instinct prémonitoire, elle savait qu’il reviendrait auprès d’elle pour leurs jeux du soir. Des merveilles à parachever. Ambroise jette un regard en arrière, au gamin tremblant qui voudrait…un autographe ? Elle prend l’air indigné. Ne me dérange pas, vermine. Elle se collerait presque à l’adoré afin de faire comprendre qu’il ne faut pas interrompre leurs retrouvailles. Un baiser qui glisse au coin de la lèvre inférieure. Croquemitaine. Tentation jalousée par le môme en débâcle.

Et l’air frais du dehors les happe. Elle retrouve sa candeur incandescente. Une distance glacée qu’elle impose toutefois, elle est la reine. Ne pas dériver cette nuit, pas trop vite du moins. Laisser le temps façonner les rêves de jeune fille. Elle tient dans son poing la clé du titan de ferraille. Un jouet de plus entre ses mains qui flattent sensuellement le volant et le levier de vitesse. Il ne parle pas, sa main frôle simplement son propre bras, tremblement imperceptible, engourdi par le frisson impatient. « Où m’emmènes-tu ? En Asphodèle ? » Sourire de vedette de cinéma, yeux plissés sur la route qui défile à une allure folle.

L’église se profile, un rire qui se déploie. Rugissement hilare du moteur. Toujours le bras qu’elle prend, comme une femme mariée, si ce n’est que l’alliance a disparu. Son doigt orphelin, d’un cercle blanc sur la peau, un souvenir amer. Ambroise voudrait le posséder, elle s’accroche avec obstination. Le lieu sacré la réveille de sa torpeur. Le crucifix et son Christ. « Est-elle vierge ? » Le détail est important. Capital même. « Tu n’es pas adepte du nombre d’or. » Les divines proportions. Il faut un cadre, des mesures. Tout est barbouillé de sang. Une offrande qu’elle accepte, mais dénigre. « Tu peux mieux faire. » Elle quitte le bras indigne, imposteur, observe la curiosité avec une précision hallucinante. « C’est une beauté insolite, un peu brouillonne. » Le professeur parle. « Il manque quelque chose. Un symbole. On dirait un simple cadavre qu’on a accroché là par hasard. Il faut délivrer un sermon, une vraie morale à l’histoire. » La vierge dépucelée ? La vierge dévorée par le loup ? Ambroise croise les bras, sceptique, cherchant l’ordre dans le chaos.
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Mircea Brâncuși
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MessageSujet: Re: Malleus Maleficarum (ambroise) Ven 22 Mai - 14:07



Malleus Maleficarum
On a gathering storm comes a tall handsome man
In a dusty black coat with a red right hand

Le temps est une difficulté. Il ne sait plus. Une heure, une journée, ou une décennie, la différence est maigre, si bien qu’il oublie des amitiés, des visages et souvent, il revient alors que le cercueil est mis à la terre. Le retour pour la mort. La montre à son poignet n’est pas une aide, juste un passe-temps, de voir les aiguilles défiler et ne jamais s’arrêter. Un sablier temporel qu’il a oublié depuis plus de huit siècles. « Quelques mois seulement, je n’ai pas la notion du temps… six mois. C’est le temps octroyé à Perséphone pour vagabonder » Au rappel de quelques mythologies, à la comparaison qu’il a souvent faite, d’une figure dérobée pendant un temps et relâchée sur Terre et à ses connaissances. Ambroise est celle qu’il a vainement cherché à travers les années, celle qui a su se démarquer et ne jamais tenter d’action stupide. Combien sont mortes pour avoir voulu le défier ? Pour avoir maladroitement tenter de séduire le monstre ? Aucune n’a su éveiller sa curiosité plus de quelques années, jamais la trentaine passée – toujours décapitées les belles.

Le corps qui se crispe au contact. Il impose et elles subissent. Inversion des rôles. A la couronne qu’il lui donne, elle qui mène la danse. Une des raisons de l’intérêt qu’il lui porte. L’absence de peur. Baiser volage, il réclame plus, ne sait se satisfaire de si peu mais l’impérieux se tait, il accepte l’infime qu’elle lui octroie – un jeu pour faire fuir le gamin, un tour de passe-passe habile et lui n’est rien, que l’excuse. Une main qui se tend au vide et puis rien. Le miroitement d’un sourire lorsqu’ils sont à la voiture, aux caresses contre le volant et levier de vitesse. « Toujours à apprécier les ferrailles ?  Tu pourras la garder, je n’en ai pas l’utilité » Des carrosseries achetées et jetées. Cadeau d’une voiture qui file à travers la nuit.

L’église dévoile les vices, d’une croix abandonnée par le Christ et surmontée d’un corps dénudé, une pucelle à la vue de tous, une enfant jetée pour les crocs des affamés. Au carmin qui se verse d’endroits divers, le cou, une cuisse, les seins. Un travail maladroit. L’opaline est crucifiée. Mains et jambes. Poitrine aussi. Et la tête penche au vide, les yeux arrachés. Un spectacle, une offrande. « Oui » Qu’il souffle à la question. Une vérité. Jolie qu’il n’a pas touché, une belle qu’il s’est retenu de souiller. Une rareté. D’ordinaire, elles terminent aux canines gourmandes, aux lèvres voraces. Il ne prend pas le temps pour exposer, pour montrer les corps vidés de leur sang. Il n’en a pas la patience mais pourtant tout le temps est à lui. Une horloge infernale qui ne connaît aucune fin. Mircea préfère observer les autres, traquer les assassins, comprendre et se ravir de leurs œuvres – eux qu’il ne tue pas, eux qu’il laisse voguer dans l’attente de nouvelles toiles. Un cadeau bancal qu’il a offert à Ambroise. Apprentissage. « C’est toi qui décrypte les morts » Un rappel du métier qu’elle exerce, d’une idée fabuleuse qu’il a toujours admiré. Délaissé de la compagnie, il s’assoit au banc, tête penchée en arrière, à observer son œuvre. « Je me demandais… malgré tes offenses, tu y crois à ton dieu ? » Des récits appris et jamais compris. Dieu et Diable, Apôtres et suiveurs. Il n’existe pas de plus grand roman. De sa vie d’humain, il se souvient de quelques noms priés par les siens, mais lui n’a jamais courbé l’échine, n’a jamais rejeté les fautes, ni proclamé d’amour pour une figure inexistante. « Je n’ai pas ton talent pour les tableaux macabres » Le regard qu’il encoche au bleu. Beauté mystifiée. Souvent il évoque la possibilité de la transformer, de l’emmener avec lui et la crainte de la folie remplace son idée. « Tes œuvres sont de plus en plus rares. Elles me manquent » Tu m’as manqué qu’il ne prononce pas.  

Les mouvements rapides, le souffle qui se glisse au dos de la blonde. La proximité qu’il impose. Le manque d’elle. Mircea reconnaît qu’elle s’élève au dessus des autres, qu’elle est la différence qu’il apprécie – aime. Le tambour battant de la vie. A la soumission de ses envies. La nuque qu’il effleure du bout des doigts, au souvenir de la peau perforée. « Je veux voir… comment tu fais, comment tu les traques. Je veux connaître ce que tu caches sous l’apparence… le diable retrouvé » Murmures à l’oreille. Confession de ses envies.
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MessageSujet: Re: Malleus Maleficarum (ambroise) Dim 7 Juin - 18:08



Malleus Maleficarum
Remember tonight...for it is the beginning of always




« Six mois pour une mortelle, c’est une éternité mon cher. » Un reproche et des excuses qu’elle exige. Six mois sans sa marque au cou, sans l’appétence du sang. Un crève-cœur. Il lui manque abusivement. Les reins trop solitaires, la torpeur de nuits trop longues et vides de sa présence délétère. Et un murmure parfois, un nom, une pensée, un « reviens-moi » qu’elle lâche avec déraison. Il est la folie à laquelle elle succombe. Elle doute qu’il ne revienne auprès de sa chair flétrie. Elle redoute le moment où il ne sera plus la voix dans l’obscurité qui susurre des obscénités car elle ne sera plus qu’une vieille femme sans intérêt. Un déchet. Une relique d’un ancien temps. Les ridules au coin de ses yeux la désespèrent. Le maquillage ne suffit plus. La déchéance qu’elle craint par-dessus tout Ambroise, Cléopâtre la belle, la lionne éphémère, la reine de fer.

Ils foncent à une allure excessive, le monstre qu’elle pourra garer à côté des autres trophées. De rutilantes autos à la Gatsby le Magnifique, à l’image de cette démone au cœur rongé, de soufre et de sanguinaires fringales.

La criminologue tourne autour de la vierge. Malgré son dégoût pour ce manque cruel de forme, elle voudrait ajouter sa pierre à l’édifice. Des fleurs fanées qu’elle dérobe sur l’autel et qu’elle plante dans le corps martyrisé. Elle fabrique une couronne d’épines pour la tête. L’ensemble la satisfait davantage. D’un déhanché aguicheur, elle se rapproche de Mircea, capture le menton dans sa main. « Ne faut-il pas un Dieu pour façonner un Diable ? » Les pupilles se dilatent. Le fauve feule sous l’emprise d’un désir sournois. Ambroise dégaine son arme, un rouge à lèvres sanglant qu’elle s’applique soigneusement tandis qu’il s’approprie son dos. Elle peut sentir qu’il l’effleure de son haleine, vent qui court dans sa nuque.

La téméraire s’empare résolument de cette joue puis de cette bouche qu’elle rougit. « Je me rends au Diable à l'instant. Si tant est que je ne suis pas Lui. » Faust de Goethe qu’elle exhale dans un souffle fébrile. Dérapage contrôlé dans le cou qu’elle vient occire de ses crocs. Le point sensible. « Quand te décideras-tu ? Je ne suis pas éternelle, moi. » Qu'est-ce qui le rebute ? Il sait pertinemment ce qu’elle sous-entend. Une transformation, un avenir immortel, une compagne pour les siècles et les siècles. « Pourquoi attends-tu que ma beauté meurt ? » La perspective de trépasser prématurément la tourmente. Elle a conscience de ses faiblesses. Elle ne supporte pas de porter le fardeau de sa condition humaine plus longtemps. Les ambres reflètent sa peur, la panique des heures qui passent. « Je ne serai bientôt plus aussi désirable… » Si tu m’aimes, tu sais ce qu’il faut faire…Elle cajole toujours le beau mâle qu’elle marque comme sa propriété privée. Elle le repousse vers l’autel fermement. Elle joue de sa domination sur lui. « Tout pourrait aller très vite, si seulement… » Ânonnement de dépit amoureux. Minauderie de petite fille. Elle dégage son cou de cygne pour l’appâter. « Pour toi, je fais tomber le masque. » Un signe, une délicatesse. La demande traîtresse : se soumettre pour mieux régner. Qu’il fasse glisser la fermeture éclair de sa robe. Regard filou qui en dit long. « Je te montrerai peut-être comment on fabrique des chefs-d’œuvre cette nuit. » De quelle nature ? Là est la question.
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Mircea Brâncuși
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MessageSujet: Re: Malleus Maleficarum (ambroise) Lun 8 Juin - 4:34



Malleus Maleficarum
let me see you stripped
down to the bones

« Toutes mes excuses » Monstre courtois qui incline le buste, la tête baissée, l’excuse véritable qu’il lui offre. D’aucune il ne s’abaisse à autant de fantaisies, des mortels qu’il aime mais ne respecte pas assez pour les excuses, pour aucun, pas même son espèce. Ferraille rutilante qui les conduit vers le cadeau – la vierge exposée. Le présent qu’elle se permet de modifier, de fleurs qui viennent couronner le tout. Clé de voute ajoutée à la construction bancale. Il reconnaît qu’elle est plus agréable ainsi, décorée d’attributs.

Il l’a hait lorsqu’elle se permet de jouer, lorsqu’elle arrive à déconstruire ses schémas. Une humaine. Une comme les autres et pourtant, il s’est égaré depuis des années. Les ambres qui dévorent, à la curiosité de la prochaine action – pour elle il devient faible, pour elle il peut ployer d’un genou à terre. « Une opposition nécessaire… un équilibre. Et qui es-tu ? L’agneau sacrifié ? La vierge malade ? Marie-Madeleine s’écorchant afin de renier ses péchés ? La religion est fascinante » Sans dieu, pas de diable, pas de monstres réfugiés dans les ombres. La religion qui n’est pas la sienne, les symboles qu’il piétine, les églises qu’il rebaptise du sang des bafouées, l’autel nouveau.

Ambroise qu’il érige en reine.

La belle qui s’évade à son emprise, la curiosité des lèvres peintes, des empreintes laissées à son visage. « Tu clames ta possession ? » Les paroles teintées d’amusement. Il sait qu’elle tuerait des rivales et peut-être qu’elle lui offrirait des toiles, encore… de ces meurtres sublimes, ces tableaux de l’incroyable. Peut-être qu’il devrait attiser sa jalousie – par curiosité. Voir ce que les agnelles deviendraient. Supplices pour martyrs. Le terrible qui geint de son cou tyrannisé. « Tu t’es toujours donnée au diable… tu t’es offerte à moi, Ambroise » Le prénom qui ricoche à la langue, le prénom qu’il se permet à de rares occasions, pour en garder tout l’impact, comme un secret.

Les peurs qu’il accuse. Les années passées, le temps qui court toujours mais il reste pour elle. « Je sais… vous pourrissez dès la naissance, des pas vers la tombe » Des propos inattendus, pas de belles paroles, pas de compliments et autres fantaisies mensongères. « J’aurais regretté mon geste, tu serais restée une enfant, n’aurais rien accompli » Si il l’avait transformé à ses quatorze ans, si elle était venue avec lui. Non. Il est satisfait de ce qu’elle est devenue, amoureux d’une beauté qu’elle acquiert à chaque année. Il ne révèle rien Mircea, le silence de ses pensées, les mots cousus. Plus tard il lui dira. Les pas en arrière, à la demande des mains imprimées au torse, le monstre qui tolère la soumission. L’autel qu’il rencontre, et le sourire se faufile, de travers, aux envies sournoises. « Je t’épouserai mais pas ce soir… tu n’es pas prête » Le mariage écarlate. L’emmener avec lui, il y songe et refuse toujours. A la peur qu’elle ne supporte pas, que la folie gagne.

La robe présentée comme unique rempart. Une fermeture pour arracher le tissu. Un pas qu’il fait en avant et retient le corps contre lui. A la chaleur qu’il apprécie toujours. Les doigts qui glissent au cou, l’empreinte d’une main qui enserre et s’efface, se fige sur la fermeture. « Tu supporterais, de devenir un animal, de ne plus avoir conscience de tes actes durant quelques décennies, peut-être des siècles ? … c’est terrifiant » La sauvagerie évoquée, des monstres véritables. Le dos qu’il dévoile et défait la robe d’un geste. Les positions qu’il inverse, de la furie de ses mouvements, elle qu’il allonge à l’autel. La force déployée. « Soyons un peu originaux pour cette fois-ci… où devrais-je y laisser une marque, une préférence ? » Un doigt qu’il pose contre les lèvres « Je sais… » Des empreintes qu’il laisse au corps, les doigts furies, la peau qu’il écorche des canines. A genou le roi. Du tissu qu’il retient, un regard qui se lève, la question, la demande approuvée. L’offrande qu’il se permet. La gourmandise pour ses envies, pour elle qu’il adore à la déraison. Le festin, langue sournoise. Les embrassades affamées. Elle qu’il dévore, puis délaisse. Les canines déchirent la cuisse, la peau qu’il saccage pour ses envies, à la douleur il supplante l’envie, les doigts assassins qu’il retient en elle, à la torture des émotions. L’infernal qui se gorge du carmin, de peu, d’assez pour prétendre à l’humanité. Et de l’Amour crucifié qu’il n’oublie pas, elle qu’il défait de son supplice. La résonnance d’une vaincue, l’écho qu’il savoure. Mircea se relève et s’écarte de deux pas. Les lèvres tachées de sang, de deux doigts qu’il porte à la bouche. Monstre gourmand. « Perdu » Diable joueur.
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