Il ne faut pas oublier de laisser un petit commentaire sur prd et bazzart.
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(SILAS & ALOÏS) « Cerberus.

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poisoned soul

MessageSujet: (SILAS & ALOÏS) « Cerberus. Mar 12 Mai - 19:52

Cerberus
silas & aloïs
Et la mémoire ancestrale consuma tout. Et je fus dévoré vivant sous la connaissance, et j'accueillis le salut avec bienfaisance.  ▬



Nocturne insomnie à la tête pleine de mots et de lettres d'encres. Heures passées, engrossant la machine du temps. Front plissé, soucieux. Lunettes retroussées sur un nez froncé. Air las. Soupir. Feuillets qui s'envolent sous l'extase d'un souffle. Je me balance en arrière, violemment. Mon siège roule dans un cliquetis délicat sur le parquet de la librairie. Habiter au-dessus de son lieu de travail a ses avantages. Surtout quand on veut se documenter sur un sujet et qu'on gère une librairie. Néanmoins, quand on est insomniaque et migraineux comme moi, impossible de s'arracher aux envoûtements du savoir. La mémoire qui boit tout. Qui lance dans la douleur, offrande aux connaissances.

« Mon royaume pour un café je maugrée et je me lève d'un pas chancelant. Courbure d'un être las. Je porte le poids, non des siècles, mais d'une mémoire décuplée. On naît sorcier, et mon don est de savoir. De retenir, mot et gestes, faits et lieux. Tout. Que ce soit l'encre ou le réel. Rien ne m'échappe. Rien.

Même pas ces fichus bouquins qui n'ont pas été rangés correctement. Ni ceux-là tiens. Descendu au rez-de-chaussée du magasin, où le matin a point et où Silas doit encore régner comme le loup fou qu'il est, aucun des livres n'est à sa place. Je me fais violence, les range, avant de remarquer que, tous, autant qu'ils sont, sont désordonnés. J'inspire, très lentement, pince les  arrêtes de mon nez. Du calme. De la patience. « SILAS ! Voilà. Comme ça. Ca aurait pu être pire - j'aurais pu lui promettre de lui enfoncer des tournevis dans les narines sans son consentement. Non, je préfère crier. La nuit a été longue ...

Je vais vers le comptoir, et me sert un café à la cafetière qui y traîne. Je suis un grand caféinomane. Je bois ma tasse, cul sec. Même pas le temps d'attendre qu'il soit froid. Je sens son énergie se répandre, à moins que ce ne soit la chaleur à cent douze degrés celsius. Je crois que mon oesophage a fondu. Tant mieux. Ca me réveille au moins. « Silas. Aucun des livre n'est à sa place, et nous ouvrons dans, grands dieux, douze minutes. Tu n'as pas l'impression d'avoir un peu lambiné, garçon ? Je soupire encore.

Je le cherche des yeux. Fichu poilu de la lune. Si j'avais su ! Ce gamin adore repousser mes limites. On se confronte, on s'attaque à coups de piques et de malices. Je dois avouer que, bien des fois, sa compagnie me fait du bien. Quand ma magie transperce mes sens. Quand je ne suis plus capable de voir devant moi, le cerveau saturé. Quand mes doigts tremblent sous la fatigue. Convulsions du corps que je ne contrôle pas. Malédiction d'un gardien. Sorcier. « Je me demande parfois pourquoi je te paye. Sûrement pas pour tes beaux yeux. Si au moins tu séduisais les clients afin qu'ils nous offrent des pourboires ... je grommelle en m'avançant dans les rayonnages à la recherche de cette truffe humide de Silas.




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MessageSujet: Re: (SILAS & ALOÏS) « Cerberus. Mar 12 Mai - 21:23

cerberus
alois & silas
tap, tap, tap. devant le comptoir, tournant sur le tabouret, silas tapote son pieds dans un rythme régulier, sur lequel il se concentre pour éloigner le chaos de pensées. tap tap tap. une idée, une envie irrésistible lui vient, alors que ses yeux parcours les rayons – il a encore du temps devant lui, avant l'ouverture de la boutique. le brun saute hors de son tabouret qui continue de tourner et grincer et il attrape les différents bouquins qu'il fait tenir dans ses bras en une pile instable. oh non, aloïs ne va pas aimer ça, pas du tout. peut-être qu'il va s'énerver, songe sils, et cela lui colle un immense sourire sur son visage, qui lui donne l'air encore plus jeune qu'il n'a déjà l'air. peut-être, si son patron craque et s'énerve pour de bons, silas aura trouvé jusqu'où il pouvait pousser ces petites bêtises. tant qu'il n'aurait pas atteint ce moment, il continuerai. alors il se mets à l’œuvre, rapidement.


« silas ! »
il relève la tête de son carnet à dessins, relève ses boucles brunes aux reflets cuivrés d'un geste de la main pour dégager sa vision. fronce les sourcils – il n'y a pas trente-six personnes qui peuvent l'appeler dans la librairie où il travaille, quelques minutes avant l'ouverture. sils relâche le crayon à papier qui tapotait contre le carnet, laisse tomber le tout sur le comptoir avant de se redresser sur ses jambes. qu'on l'appelle comme ça, ça ne veut dire qu'une seule chose – son très cher patron avait découvert son nouveau système de rangement. avec un sourire digne d'un gamin fier de sa connerie, silas se relève et secoue sa masse capillaire. d'une démarche légère et décontractée, il se déplace parmi les rayons, attrape un volume au hasard qu'il repose, quatre rayons plus loin, coincé entre un roman et un bouquin scientifique.

douze minutes avant l'ouverture, on est large, pense silas, particulièrement amusé. s'il a lambiné ? absolument pas, au contraire – tout ce petit rangement totalement anarchique lui a pris énormément de temps, il faut l'avouer. il tapote ses doigts le long des étagères, et déjà il voit le dos de son boss face à lui. « vous êtes sûr que c'est vraiment pas pour mes beaux yeux ? quand-même, je suis sûr que la moitié des clients viennent pour moi, et pas pour les bouquins. » silas croise les bras dans son dos, avance avec l'air de l'enfant innocent, bien trop innocent pour que ce soit vrai. il ne manquerait plus qu'une auréole au dessus de sa tête, et il aurait l'air d'un chérubin. déjà, il dépasse l'homme, et passe son bras devant son nez pour attraper un livre. il l'ouvre, s'appuie contre l'étagère et fait mine de lire. « du coup, vous avez vu mon nouveau rangement. vous en pensez quoi ? j'ai rangé par... eh bien, vous avez peut-être trouvé ? » il hausse un sourcil interrogateur alors qu'il referme le livre et le glisse sous son bras. sils se sert une tasse de café, et il se hisse pour s’asseoir sur le rebord, juste à côté de la cafetière. il balance ses jambes dans le vide. « de toute façon, vous en faites pas : je pourrais aider les clients à se retrouver. je sais à peu près où tout se trouve. je crois. » ce qui n'est en réalité, absolument pas rassurant, à vrai dire.
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MessageSujet: Re: (SILAS & ALOÏS) « Cerberus. Mer 13 Mai - 3:10

Cerberus
silas & aloïs
Et la mémoire ancestrale consuma tout. Et je fus dévoré vivant sous la connaissance, et j'accueillis le salut avec bienfaisance.  ▬



Ce gamin va me rendre fou. il me dépasse, noie le poisson sous des paroles doucereuses, m'amuse. je tente de faire les gros yeux, mécontent. je déteste qu'on touche à mes livres, à ma façon de ranger. J'observe son petit manège, drapé dans mon autorité soi-disant naturelle de patron. tu parles. c'est encore un de ses petits projets pour tester mes limites. je dois avouer que ça égaye un peu mes longues journées. ça et sa foutue manie de rire de tout. c'est qu'il est encore jeune, et impétueux. il faut bien que jeunesse se passe, hein ? « tu es bien sûr de ta valeur, petit je susurre avec un léger sourire. « et puis, si l'un de nous deux est irrésistible, c'est bien moi je le nargue avec une grimace amusée.

Je erre dans les rayons. je sais. chaque chose, chaque place. tout se grave dans ma tête. je préférais l'ancien rangement, se braque ma conscience, boudeuse. « je préfère l'ordre alphabétique. simple mais précis. les clients s'y retrouvent mieux. par ordre chronologique, c'est on ne peut plus anarchique. je reviens à mon point de départ. regard posé sur sa silhouette. fichues boucles cuivrées. elles accrochent le soleil à peine levé comme des pièces de métal. je détourne le visage en bougonnant. je le laisse se servir un café ; l'odeur affole mes sens. je m'en sers un nouveau aussi. ça ne sera que le deuxième d'une longue lignée. c'est une drogue, chez moi. appuyé sur le comptoir, je toise silas. « tu crois ? sourire amusé. il est fou,ce gosse. mais il me divertit. c'est dingue. plutôt que de le virer et de prendre un employé modèle qui serait obéissant, je garde ce lycan. c'est démentiel. irraisonné. une aliénation. du favoritisme peut-être. Ou juste l'espoir que, en le gardant près de moi, il continue à m'admirer parfois, entre deux combats pour l'autorité. « ça ira. je sais. et ces mots sont quelque peu las. un tour, un simple tour dans les rayonnages m'a suffit. la mémoire qui s'active. qui continue de brûler le cerveau comme combustible. je tourne le liquide amer dans ma tasse, et ferme les yeux. la lumière est vive. je ne vois plus rien.

« sois un bon garçon, va me chercher mon aspirine, d'accord ? un souffle. une supplication muette. la douleur me tord comme une poupée de chiffon. immobilité physique. sinon je vais tomber. comment faisais-je, plus jeune, pour supporter ça ? mais la question est vaine. les migraines, les malaises, la douleur sont apparus bien plus tard. malédiction. je m'assois, pétrifié dans ce don qui me dévore. je secoue la tête, masse mon front. « silas, petit, la pleine lune est pour bientôt ? parfois il est plus agité quand elle approche. on se retrouve à panser nos blessures. comme deux vétérans. Une étincelle allume mon regard, soudain. « tu as touché à la section magie des livres ? grands dieux, faites que non. c'est un peu mon terrain personnel. mes essais, mes recherches sur la magie, le surnaturel. peu ont accès à ce chantier. désordre naturel. savoir étalé. silas peut y entrer, en tant que créature de la lune et mon ami, mon protégé. mais si le désordre a touché jusque là bas, je n'aurai pas le courage d'aller retenir le nouveau rangement. je réalise que, en ayant compris sa méthode, je sais comment ils doivent être. nouvel éclair dans la tempe. je soupire, grommelle encore. c'est dur d'être un génie incompris. j'attrape le carnet de silas, sans l'ouvrir. je caresse du bout des doigts la couverture. encore à dessiner, petit.




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MessageSujet: Re: (SILAS & ALOÏS) « Cerberus. Mer 13 Mai - 5:05

cerberus
alois & silas
c'est long, douze minutes. douze minutes, c'est exactement sept cent vingt seconde qui s'écoule rapidement. douze minutes, c'est à peu près six chansons, si celles-ci font trois minutes. en douze minutes, on cligne approximativement plus de mille deux cents fois. en douze minutes, surtout silas a le temps de se perdre dans son propre cerveau parce qu'il s'est concentré sur ces douze petites minutes qui restaient avant l'ouverture. un peu moins, maintenant.

au final, il n'a pas vraiment écouté ce que l'homme lui racontait. il entends juste la fin de la phrase, qui se faufile dans ses oreilles pour le ramener à la réalité. « … irrésistible, c'est bien moi. » silas hausse les épaules, et commente avec nonchalance. « ah bah ça... » trois petits mots lâchés, l'air de rien, qui ne veulent pas dire grand chose – ou veulent-ils ? en tout cas, pour silas, ils sont lâchés avec une aisance et une légèreté de la personne qui n'a absolument rien écouté. ne cherchons pas du sens là où il n'y en a pas.

son regard se balade sur la pièce, alors qu'il boit son café, presque immobile – si on fait abstraction de ses doigts qui tapotent la surface, avec un petit bruit rassurant aux oreilles de sils. il aime bien ce rangement, chronologique, du plus ancien au plus récent, en partant du fond de la boutique jusqu'à l'avant. vraiment, sils est particulièrement fier de lui, même si ce n'est pas de l'avis de son patron. bah, d'ici la fin de la journée, j'aurais rangé. « moi, je l'aime bien ce rangement. » commente-t-il en toute simplicité. ses yeux se posent sur un livre, le visage de silas s'éclaire, il redresse le dos. « dites, vous avez des bons bouquins pour des gamines de quoi, neuf ans ? du genre qui aiment les princesses, les dragons, les sorcières et … » puis se rends compte qu'on lui a demandé quelque chose, moins de cinq secondes avant – il a bien entendu, oui, il n'a juste absolument pas enregistré – il se gratte le crâne avant de se laisser glisser du haut de son siège apprivoisé. « 'sur, m'sieur. » d'un ton un peu coupable et il file chercher ce qu'on lui demande – bon sang, des fois, il a vraiment l'impression d'être un toutou. bon, pas dans ce cas là puisqu'il s'agit plus de rendre service, mais parfois.. il hausse les épaules, ramène l'aspirine qu'il dépose juste devant alois. « nope, pas avant douze jours. » douze jours avant la pleine lune. silas pose ses coudes contre le comptoir. tiens, encore ce chiffre douze, amusant comme celui-ci semble se glisser un peu partout aujourd'hui, à l'image d'une nombre d'or dans l'art et silas se demande s'il y a une raison à cela, où si c'est juste un hasard.
un sourire s'étale d'une oreille à l'autre sur son visage. là, si alois ne s'énerve pas, silas aura trouvé quelqu'un qui a énormément de retenue. et il sera un peu déçu. il observe avec attention les micro-expressions d'alois, qui trahiraient un éventuel agacement « j'y ai peut-être un tout petit peu touché. un tout petit peu. » il replonge dans sa tasse de café, suis des yeux son aîné. « vous pouvez regarder si vous voulez. mon carnet, j'veux dire, pas la section magie. » il étends le bras pour attraper le bloc de dessins, dont il fait tourner les pages rapidement, avant de le reposer. « c'est bon, rien que je pourrais vouloir vous cacher, vous pouvez regarder. »
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MessageSujet: Re: (SILAS & ALOÏS) « Cerberus. Mer 13 Mai - 9:25

Cerberus
silas & aloïs
Et la mémoire ancestrale consuma tout. Et je fus dévoré vivant sous la connaissance, et j'accueillis le salut avec bienfaisance.  ▬



Nonchalance qui s'étire. Ce gosse est d'une indifférence incroyable. Non, ce n'est pas de l'indifférence. c'est un amusement constant, qui attise, qui contamine. il ne sait pas se tenir tranquille. a dire vrai, nous sommes quasiment opposés. je me suis déjà fait cette remarque - je n'ai jamais été aussi excentrique et sur ressorts que lui. ça me change de la noblesse que j'ai trop longtemps côtoyé. plutôt crever que de l'avouer. mais j'apprécie ce petit. Il n'écoute pas, ou que d'une oreille. cela m'agace, comme un insecte qui vrombirait à mes oreilles. Néanmoins, je reprend sa question, titillé de curiosité. « Oui, on a ça. Selon ton rangement, étagère 3A, juste à ta gauche. deuxième étage. quatrième livre en partant de la droite. couverture rouge.   je n'oublie pas. jamais. d'un coup d'oeil ça se grave. je connais le rangement, les oeuvres, ce qu'elles disent, leurs auteurs. le savoir s'écoule en moi comme un poison. je sais, à jamais.

un livre de contes, qui m'a autrefois fait rêvé quand j'étais gamin. je rêvais d'être chevalier, tel le roi Arthur. mais j'étais plutôt sensé être merlin, avec ses pouvoirs magiques. pas d'armure ou d'épée, pour moi, ou mis à part celles de l'escrime. pour moi, la mémoire qui s'activerait plus tard. l'absence de descendance. malédiction que charrie le sang, pouvoir douloureux qui pulse. « Une gamine de neuf ans ... ma voix est interrogatrice, mais ce n'est pas une question franche. sinueux détour. qui est cette gamine ? pas la sienne, à mon avis. sa soeur peut-être ?

brave silas. si il grogne parfois que je lui donne des ordres, il comprend ma douleur. je la lui ai expliqué. confident. il est le réservoir de mon mal. celui à qui je confie les mots. mes maux. je prend l'aspirine, une forte dose. étouffer la flamme de la violence qui brûle mon crâne. douze jours, hein ? « bien. ça ira ? si tu as besoin de congés, tu fais comme d'habitude. une espèce de remerciement. un contrat entre nous. une liberté des droits. un échange.

Je plisse le regard. froncement de sourcils. mécontentement visible. un tout petit peu ? fracas d'un soupir. mais il change de conversation, et peut-être que c'est pour le mieux. j'irais vérifier l'étendue des dégâts après. « n'empêche que, tu n'as rien à faire là-bas. l'apprenti sorcier, tu connais ? je vais finir par mettre des pièges. et toi, tu finiras en méchoui de loup. grommellements bourrus, grognons. qui se taisent en voyant les dessins. il est doué. je caresse le papier. les volutes des crayons. « joli. je lui accorde ce mot. qui veut dire bien plus. puis, singeant son geste de tout à l'heure, je referme dans un claquement son carnet que je lui rends. dans un claquement de doigts de ma part, les volets s'ouvrent tous avec une parfaite minutie. le rideau de fer s'ouvre, et la clochette tinte, pour lancer à la librairie un bonjour cristallin. j'aime éblouir le petit.

« je vais mettre de l'ordre dans tes bêtises. tu veux venir ? je sais qu'il aime voir la magie. je répond parfois à des questions qu'il ne pose pas. je l'instruis sur une magie ancestrale, sur le surnaturel. mon protégé, oui. une espèce d'élève. son enthousiasme est doux. je me dirige vers la réserve et entre avec avoir fait jouer ma clé dans la serrure. l'endroit est moins lumineux, dans une pénombre fraîche. les rayonnages sont bien là, avec leur odeur de bois, mais tout est dérangé. ou plutôt, certains livres heurtent ma sensibilité. je les range, avec des gestes délicats. « j'aimerais te demander un service. des reproductions d'oeuvres. tu saurais faire cela ? je lui montre d'un geste délicat des signes cabalistiques, de rapides esquisses magiques. j'aime le faire entrer dans mon monde. sa présence est précieuse, son existence me tempère, me complète par certains moments.

« j'ai aussi les livres que tu m'avais demandé. sur Courbet et Delacroix. commandés. emballés. cadeau que je désigne, installés dans une boîte plus loin. il aime la peinture, comme j'aime les livres. je comprend. je souris, un livre à la main, en observant avec curiosité sa réaction.




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MessageSujet: Re: (SILAS & ALOÏS) « Cerberus. Mer 13 Mai - 14:22

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alois & silas
l'avantage – car pour silas, c'est un énorme avantage – de travailler avec quelqu'un qui a une mémoire décuplée, c'est qu'on peut se permettre d'oublier des choses. tant mieux, car même si aloïs n'avait pas eu ce don, silas aurait quand-même oublié des détails importants, préférant plutôt retenir la couleur des yeux de la troisième personne à être rentrée dans la boutique après 14h45, jeudi dernier. Un détail totalement inutile, qui ne servirait jamais, et pourtant, cette information a trouvé place dans un recoin du cerveau encombré du jeune homme. « yeah, merci. c'est pour mes sœurs. » réponds silas, bien qu'il n'y a pas vraiment eu de question.  « deux petites sorcières. enfin, façon de parler, elles font des potions avec les fleurs du jardin et je fais semblant de croire à leurs sorts – je devrais peut-être leur filer un des bouquins de votre collection, elles deviendront super fortes après. » il a un sourire de grand-frère attendri, en repensant aux jeux de ses petites sœurs. elles l'éliraient sûrement frère de l'année s'il revenait avec un vrai livre de magie. en revanche, c'était sûrement une mauvaise idée de mettre un réel ouvrage d'une telle sorte dans les mains de gamines – dieu sait ce qu'elles peuvent faire, avec.

silas s'étire. des congés ? non, silas est aussi opérationnel que possible, la plupart du temps. il secoue la tête négativement, ponctué par un mouvement de cheveux qui accentue le geste d'un air presque dramatique. « vous en faites pas pour moi, ça ira. j'me débrouille bien, vous savez. » silas enfonce les mains au fond de ses poches,avec l'air un peu fier de lui. il n'est peut-être pas encore aussi expérimenté qu'un loup plus agé, c'est vrai, mais il se débrouille mieux qu'au début, ça, c'est sûr.
« pff, ça marchera pas. sixième sens, tout ça, je me laisserai pas faire par des pièges. » il s'amuse de ces récentes capacités. tout cela n'est qu'un jeu et le monde un vaste terrain pour tester. tout est prétexte, et sils les accueille à bras ouverts, ces opportunités. « merci. j'ai dessiné une fille, dans un bar une fois, et je lui ai laissé le dessin comme cadeau. elle est venue jusqu'ici me dire que c'était beau. et aussi pour me dire que ça ne se faisait pas de dessiner les gens sans permission – mais c'est pas pire qu'une photo, et de toute manière, je n'avais pas l'intention de vendre son image... » il attrape le carnet d'une main distraite par la magie qui s'opère – et ce n'est pas là une métaphore. dans un monde qui auparavant lui semblait relativement normal, il est devenu un lycan et son employeur est un sorcier ; difficile de faire plus surprenant et fantastique comme boutique. et pourtant, sils adopte tout ça avec une facilité déconcertante. et surtout, avec un émerveillement constant.

sans répondre à la question – quelle question, la réponse est tellement évidente, sils n'a même pas besoin de prononcer un mot ; bien sûr qu'il veut venir, voir aloïs jouer au magicien est toujours passionnant – il emboîte le pas. il se balance sur ses pieds d'avant en arrière alors qu'alois ouvre la porte, et silas est déjà dans les rayons, passe ses doigts sur les reliures des livres. il abandonne sa contemplation pour une autre. ses yeux parcourent rapidement les symboles, silas passe ses doigts sur ses lèvres avec une moue pensive. haussements d'épaules. « j'peux faire ça, ouais. pas de problème. » il croise les bras derrière sa tête, tourne le dos à aloïs et se jette presque sur la boite qui contient les nouveaux livres. ah, gustave courbet,  ce peintre français dont il a rapidement entendu parler lors de sa seule année de fac, et delacroix, le romantisme ! déjà, le jeune homme se perds dans ses folles idées artistiques, toussote et se reprends. « merci, c'est super. » il repose les livres avec un soin tout particulier.  
electric bird.

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MessageSujet: Re: (SILAS & ALOÏS) « Cerberus. Mer 13 Mai - 15:50

Cerberus
silas & aloïs
Et la mémoire ancestrale consuma tout. Et je fus dévoré vivant sous la connaissance, et j'accueillis le salut avec bienfaisance.  ▬



Ses soeurs ? Je ne le savais pas. Sinon je m'en souviendrais, pensais-je avec une ironie mordante, déchirante, vissée au ventre. je l'écoute parler comme on écouterait un enfant discourir sur son grand frère. l'amour d'une famille. une braise de jalousie s'enflamme dans le creux de mon être. aussitôt matée par les pluies du temps. Rien à regretter. rien. je hausse un sourcil, en songeant à deux enfantes de dix ans avec un livre de vraie magie. hélas, fait déjà réalisé. dans d'autres temps, d'autres pratiques. sang et carnage souvent, magie lumineuse et enfantine rarement. « la magie pour les nuls peut-être ? je grince, pince-sans-rire. « la sorcellerie ne s'apprend pas. sur le plan technique. il faut l'avoir dans ses veines pour pouvoir s'en servir de carburant. mais ... amène-les un jour, si tu veux. je leur montrerai quelques petits tours. des enfants. comme en rêvait la douceur blonde qui a autrefois peuplé mon coeur. mon estomac se tord une seconde, en imaginant cruellement deux innocentes rire et courir dans les rayons. non de peur pour les livres, mais d'une absence vicieuse. je chasse la pénombre, repousse la négation.

« si tu te débrouilles à la pleine lune comme dans cette librairie, bien doit être un synonyme de désordre dans ton langage. boutade. il s'en sortira parfaitement je suppose. je suis bien curieux sur son cas, mais hésite à le questionner, de peur des réponses évasives et peu précises qu'il pourrait donner. il est le premier loup que je fréquente. sujet bien étrange pour ma curiosité. il se vante, jeune et fougueux. un jour, nous verrons si mes incantations sont vraiment aussi inutiles. je le préviendrais avant, bien sûr. bien sûr ...

Je regarde les circonvolutions sur le papier. les traits sont précis, exacts. des silhouettes qui ont peuplées la librairie. d'autres dans des lieux divers. des femmes, des hommes. moi, quelques fois, au comptoir ou derrière une rangée de livres. je ne dis rien, je n'aime pas faire de compliments, pourtant je ne peux que reconnaître que ses esquisses sont belles. d'une séduisante fraîcheur. il a le coup de crayon, comme on dit. mais pas le temps de s'appesantir là-dessus. j'ouvre, et m'éloigne, avec Silas sur mes talons. sa présence m'est familière, chaude et un brin animale. je farfouille dans les livres, hoche la tête à son approbation. un merci silencieux. le sien est plus enthousiaste. j'ai un large sourire amusé. « il n'y a personne encore. fais ce que tu veux.

Je délaisse les livres aux dessins voulus, pour me concentrer sur d'autres. la mémoire demande son combustible. déjà j'ai faim, et le café ne m'a donné que de piètres forces. la lassitude marque mon visage de cernes. mon offrande au savoir. je dévore les mots, les grave en moi. la clochette tinte. je me tourne vers Silas. « peut-être une cliente qui vient pour tes beaux yeux ? grimace divertie dans un sourire amusé. je sors et m'approche de deux jeunes femmes. une mère et sa fille sans doute. je fais signe à Silas de s'en occuper. je retourne aux livres. finalement, la nouvelle façon de ranger n'est pas si mal.

quand silas revient, seul, je demande, dos tourné à lui, « Slas, est-ce que tu pourrais ... non, est-ce que tu voudrais bien me donner des informations sur ta nouvelle condition de loup ? cette fois l'interrogation est présente. une vraie curiosité. la soif des mots, d'encre ou de gorge. je fixe le parchemin devant moi sans le lire, concentré sur la réponse du loup. je lui laisse le choix de fuir, de dire non. j'espère qu'il ne me refusera pas cela.




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MessageSujet: Re: (SILAS & ALOÏS) « Cerberus. Mer 13 Mai - 17:47

cerberus
alois & silas
petit soupir amusé, en imaginant ses deux sœurs courir ça et là dans la boutique. si alois se plaignait du désordre que silas amenait, alors oui, il n'avait encore – heureusement pour lui – jamais vu les deux petites. cependant, en faisant bouger ses mains au fond de ses poches, tournant et retournant les clés entre ses doigts, il n'a aucun mal à imaginer leurs grands sourires et leurs yeux émerveillés. il sourit – on verra, on verra. pense-t-il juste.
il hausse un sourcil à la boutade, essaye de ne pas se sentir vexé, alors qu'il est le premier à faire des remarques parfois mal placée et parfois vexante. l'arroseur arrosé réagit rarement positivement, on dira. « vous n'aurez qu'à venir voir, si c'est aussi désordonné que ça. » il lance, comme une provocation, ou une invitation, peut-être même un défi.

silas se déplace comme chez lui au milieu des livres, connaît par cœur les tours et détours de la librairie. il attrape finalement un des deux nouveaux livres qu'il déballe déjà – retourne s'asseoir sur le tabouret du comptoir, sa place de choix, en guise de réponse au « fais ce que tu veux » de son patron. déjà, le revoilà à tourner légèrement, des tours pas complets, sur le siège qui grince un peu, jetant des coups d’œil rapide aux pages, s'arrêtant parfois sur un détail, là, page 15, passe sa langue sur ses lèvres et un léger froncement de sourcil quand il découvre des informations. pas une seconde ne passe sans qu'une émotion anime son visage juvénile, véritable spectacle, jamais lassant. il relève de temps en temps les yeux vers la porte, s'assurer que personne n'a besoin de son aide et déjà, quand la clochette résonne, il saute sur ses jambes avant même qu'alois n'aie besoin de lui faire signe.  « si c'est seulement pour mes yeux, je risque d'être déçu. » déjà, il referme son livre, le décale à l'abri des regards et affiche l'air le plus accueillant. « je peux vous renseigner ? »

d'un coup de main, sils referme le tiroir-caisse après avoir glissé les achats des deux jeunes femmes dans un sac. il leur adressa un dernier sourire et un au revoir avant de se laisser retomber sur le tabouret. il aime bien, sils, prendre le temps de discuter avec les clients, pour mieux les orienter, ou même juste connaître la clientèle en général. il prends peut-être un peu plus de temps pour s'occuper d'un visiteur, mais tant pis, au moins, l'atmosphère donne envie de revenir. on se souvient souvent de l'accueil, de l'employé serviable.
il se relève, observe d'un œil curieux le dos d'alois – déjà, celui-ci semble s'habituer au nouveau rangement. sourire ravi. le brun s'appuie contre le mur, gratte distraitement sa barbe. « ça dépends. » silence. il croise les bras, fronce les sourcils. « quel genre d'informations ? vous n'avez pas des livres sur ça ? » petite pique lancée, mais avec un sourire. silas sait bien qu'il y a des livres – livres qu'il a pu lui-même consulter, il y a quelques mois, pour comprendre ce qui lui arrivait. mais la curiosité est bien vraie : quel genre d'informations peut bien vouloir alois ? « non, parce que, je vous préviens, j'ai pas encore de doctorat en lycanthropie. »
electric bird.

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MessageSujet: Re: (SILAS & ALOÏS) « Cerberus. Jeu 14 Mai - 6:45

Cerberus
silas & aloïs
Et la mémoire ancestrale consuma tout. Et je fus dévoré vivant sous la connaissance, et j'accueillis le salut avec bienfaisance.  ▬



Rire bas. Tranquille. mesuré. « Est-ce que c'est une invitation ? je répond à son défi. menton pointé vers lui. confrontation joueuse. on se cherche, on se débat, on se provoque. Le gamin est sérieusement dérangé, et je dois l'être encore plus pour ne serait-ce que penser à dire oui. une transformation de loup-garou. bestialité des sens. sauvagerie d'un être. mon intérêt flamboie, s'avive encore. sacré petit que j'ai là. un trésor d'informations et d'énergie. je met cette proposition dans un coin de ma tête. je songe que je n'oserai pas. trop de danger. je ne suis pas capable de me défendre contre un lycan. mais l'avoir imaginé me laisse une sensation moins amère.

Seulement pour ses beaux yeux. pour quoi d'autre ? mon regard souligne sa silhouette. non finalement je ne veux pas la réponse à cette question. je le laisse mener. dominer cet entretien, en observant chacune des paroles. il sait y faire. il renseigne avec exactitude, même si je trouve qu'il a tendance à trop parler. Détournement de l'attention.

les boutades sont monnaie courante. elles m'amusent pourtant toujours autant. « J'ai des livres sur tout, tu ne savais pas ? on se répond. on s'entrechoque. nos regards se heurtent dans un fracas silencieux. je le toise, pleine d'un amusement flamboyant. un doctorat ? je secoue la tête. mon livre à la main, vide de sens, vide de mes yeux. « Je n'avais jamais rencontré de loup avant toi. aveu de peu de poids. échange. offrande à sa mémoire. à lui d'en faire ce qu'il veut. « décris-moi une transformation. les émotions, les ressentis. aussi exact que tu peux, s'il te plaît. je vais m'assoir près du comptoir, sans le lâcher du regard. je pose le bouquin à la couverture noire devant moi. désintérêt total. mes prunelles sombres sont posées sur le loup. Je sais qu'il n'est pas lycanthrope depuis longtemps, mais je n'avais jamais trop osé lui poser de questions sur sa condition.

tout en écoutant, en observant, je sors d'un tiroir un paquet de ficelles colorées. je commence à tresser les fils. du chanvre, du lin. du matériel magique. mes doigts s'activent sans le réaliser. réflexes du corps. « en temps normal, les sorciers exhalent une aura de calme qui a tendance à apaiser les créatures. je n'ai aucune idée de si cela fonctionne sur toi. autre confession. les yeux qui chassent du regard les doigts qui s'activent. le chanvre qui forme une tresse, et que j'allume d'un coup de briquet. Je le pose dans une coupe à encens, puis, las, j'allume un cigare. le paquet offert. il aime fumer, je crois le savoir. l'odeur de l'âcreté de mon cigare envahit la librairie, mais je m'en fiche. « tu n'as jamais pensé à vendre tes oeuvres ? que fait-il à côté de ce job d'apprenti libraire ? curiosité qui se laisse aller, comme les fumerolles de mon cigare.




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MessageSujet: Re: (SILAS & ALOÏS) « Cerberus. Sam 16 Mai - 16:55

cerberus
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un livre sur tout. s’il y a bien quelqu’un qui doit tout avoir, c’est bien alois : des informations stockés physiquement, sous forme de livres, mais aussi sous son crâne. des milliers de connaissance, d’informations à analyser, à trier – sils n’a peut-être pas la capacité mémorielle d’alois, mais d’une certaine manière, son cerveau aussi tourne à plein régime, en permanence. mouvement perpétuel, inlassable, même dans les moments qu'on qualifierai de « répit ».
« ravi d’être votre premier. » mentionne le brun qui se retourne pour suivre des yeux l’homme, l’air de rien. il tortille autour de son doigt une mèche qui tombe devant ses yeux, fouille dans ses pensées. décrire une transformation. il fait une légère moue. « bah. je maîtrise pas encore assez mes transformations pour avoir des réels souvenirs mais… » il marque une pause, son regard se perds, contemple ses mains. mains qui a chaque pleine lune devienne pattes, griffues, dangereuses – mais qui ne sont, pour l’instant, que des mains d’hommes comme on en voit beaucoup. humain et animal se confondent maintenant, parfois, sils a du mal à faire la différence. « l’instant avant, on est humain, et la seconde après…. une bête. » il referme ses doigts sur sa paume, ses prunelles se remettent en mouvement, parcourent la librairie sans s’arrêter sur quelque chose en particulier. « la seconde après, on est un animal, répète-t-il, on agit à l’instinct, on agit poussé par l'instinct le plus primaire. il n’y a pas de « bien » ou de « mal », juste une question de survie. » silas est plongé dans ses souvenirs, les revis, tentant de donner une description la plus fiable. « on laisse derrière une part d’humanité, en plus de la forme physique – je le ressens comme ça. au réveil, il n’y a plus rien, des vagues impressions, deux ou trois souvenirs – quelques minutes pour toute une nuit. avec le contrôle de la transformation, j’imagine qu’il y a aussi plus de souvenirs, mais aussi une certaine maîtrise de ce qu’on fait. » sils finit par se taire, après cet confession, presque à cœur ouvert. les mots sortent avec une facilité étonnante, car alois dégage une certaine aura de confiance. alors silas parle, il n'hésite que très peu. ne réfléchit pas plus.
il se décolle du mur pour s'appuyer, s'avachir même, sur le comptoir, poser sa tête contre ses bras et observer le sorcier s’affairer. ses yeux s’agitent, suivent les mouvements, puis les volutes de fumée qui s’échappe. « je sais pas. je suppose – vous me trouvez agité ? s’interrompt tout seul le jeune homme. on voit que vous ne m’avez jamais vu sans traitement. » il s'amuse, un sourire éclaire son visage enfantin, bien plus jeune que les vingt-cinq années qu'il a vécu. du bout des doigts, il trace les formes dessinées par le bois. relève les yeux « j’en vends, de temps en temps. Pas assez pour payer un loyer, du moins, pas de manière régulière. Mais ça arrive. Seulement à quelques gars qui font toutes les expos les plus petites et inaperçues pour trouver « la » perle qu’ils pourront revendre quinze fois le prix qu’ils l’ont achetés. » des beaux connards, pense sils. mais il n'a pas encore le choix de sa clientèle – il ne peux pas faire des manières quand c'est lui qui cours après les acheteurs et pas l'inverse. « vous avez des hobbies, vous ? en dehors de votre librairie. » il sort de sa poche une cigarette, qu'il tapote distraitement sur le bois. plus par réflexe d'avoir quelque chose entre les mains plutôt que pour fumer, quand bien même l'envie se réveille par ce simple geste.
electric bird.

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MessageSujet: Re: (SILAS & ALOÏS) « Cerberus. Mar 26 Mai - 13:54

Cerberus
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Et la mémoire ancestrale consuma tout. Et je fus dévoré vivant sous la connaissance, et j'accueillis le salut avec bienfaisance.  ▬



ravi d’être votre premier. La phrase a quelque chose d'accrocheur. comme un uppercut dans la joue. haussement de sourcils, puis indifférence feinte. cela fait ressurgir quelques démons du passé. une sensation empoissée, venimeuse. quelque chose de mauvais. je refuse de me laisser aller comme autrefois aux sous-entendus. seuls les miens comptent. et puis, Sils est trop innocent. il n'a pas à dire ce genre de choses pour séduire. il n'y a nul but derrière de telles paroles. pas besoin de se tournicoter la tête pour ça, alors pourquoi je le fais, par Odin ? Je préfère tourner mes iris d'encre sur ses mains, avalant ses paroles comme j'absorbe mes cafés et mes anti-douleurs. de façon irraisonnée. incontrôlable.

Une bête. quelle sensation cela fait-il, que de quitter l'humanité pour devenir la sauvagerie faite de poils et de crocs ? je me mets un instant à sa place, mais j'ai du mal. difficulté à analyser une situation inconnue. je ne peux qu'imaginer le jeune homme face à moi se couvrir de fourrure et se transformer en une chimère, fils de la lune, fidèle à son astre maternel, féroce et indompté. il y a quelque chose d'infiniment beau et d'impénétrable dans le fait qu'il soit un lycan. j'écoute avec une attention redoublée, et les mots me transpercent de leur vérité. ce ne sont pas juste des faits lus. ce sont des récits racontés par ceux qui vivent les faits. il n'y a pas de jalousie dans mes pensées, juste une profonde compréhension - ou du moins la volonté de comprendre, ce qui n'est pas exactement la même chose. « Je vois je murmure doucement, comme pour le remercier de ce qui vient d'être dit. aveux à demi-mots. confessions d'une nuit en plein jour. le côté ironique me saute aux yeux, comme ces enfants qui se racontent des horreurs en pleine journée, afin de ne pas avoir trop peur. je me pose mille questions, mais elles attendront.

« Je ne tiens pas à en faire l'expérience alors je grommelle, ironique, dans ma barbe. je gratte une joue, je détourne le regard. j'occupe mon esprit de mille et un calculs, mais mes pensées reviennent toujours à autre chose de moins pragmatique, hélas. la curiosité me perdra, sûrement. les volutes de fumée se perdent entre nous. mon cigare émet des lueurs étranges, rouges et or. « Les débuts sont toujours difficiles. peut-être que tu pourrais exposer ici. ça décorerait, et si ça peut te permettre de te faire connaître et d'éviter les déboires de ces ... hm ... arrogants vautours. Je hausse les épaules. c'est une proposition comme une autre. La question me prend de cours, et je me donne quelques secondes pour y réfléchir. des hobbys ? diantre. je ne pensais pas que ce serait aussi difficile de répondre. « J'ai longtemps fait de l'équitation et de l'escrime. les arts nobles, dit-on. noble, je l'étais. je le suis encore. je crois ... « J'aime également les choses logiques. les mathématiques, la physique, la mécanique. je démonte chaque chose que je trouve et qui me semble intéressante. on peut appeler ça un hobby, si on veut je déclare avec un léger rire de gorge, puis je forme des ronds de fumée qui brillent sous les rougeoiements lorsque je tire une bouffée du cigare entre mes lèvres.

vivre dans une autre sphère que la mienne m'a toujours bien fait rire. j'ai toujours été attiré par la basse société, comme l'appelait ma mère. d'autant plus quand mon ex-femme m'a chassé de son coven. être un noble ne m'attirait guère, et à présent, je ne me considère plus comme tel, même si j'en ai gardé les manières. « non pas que je n'apprécie pas ta compagnie, mais j'ai des livres à lire et des notes à compulser. tu sais où me trouver si tu as un souci, petit. j'ai un sourire, et j'éteins le cigare dans un cendrier. je m'éloigne en direction de la section magique. du travail à faire, oui. et des idées à mettre à plat. seul, j'arriverais mieux à me concentrer. ce gamin a le don de me faire quitter cet état de stase, d'intense concentration qui ne me quitte habituellement jamais. sacré gamin. il allait finir par me tuer, à m'épuiser comme ça.




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