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I guess I knew that all along {Elvira & Vassily

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MessageSujet: I guess I knew that all along {Elvira & Vassily Ven 24 Avr - 16:41



I guess I knew that all along
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Budapest. Cela faisait quelques mois qu'il y était arrivé, bien trop peu pour avoir croisé le chemin de tous les êtres peuplant cette ville. Mais bien assez pour avoir retrouvé la trace de l'humaine qu'il suivait pour sa trop grande ressemblance avec le spectre de sa sire dont il ne se souvenait plus. Licinia, ce prénom à l'ignoble saveur du néant, parce qu'elle n'était que cela sur sa langue, l’inexistence de près de trois cents ans de sa vie. L'un des quatre lui avait pourtant parlé un peu d'elle, mais il ne savait rien de la relation malsaine qui les avait toujours unis, celle qui brûlait de cette rancune, de cette brutalité fardée de sentiments profonds allant de l'amour à la haine. Et son esprit avait fait le choix de la rayer de sa mémoire, de la faire devenir ce néant, cet abysse obscure sur lequel il ne parvenait à mettre la main. Alors revoir cette jeune femme avait été comme un appel, un besoin de la suivre et de découvrir les pans de son existence qui était un mystère à ses yeux. Mais ce n'était pas le seul instant qui lui manquait, d'autres années, d'autres siècles avaient brutalement disparus sans laisser l'ombre d'un spectre, à peine une sensation de déjà vu lorsqu'il croisait la route de l'un de ces inconnus. Ignoble sensation que de rencontrer celui pour qui l'on n'est pas un inconnu et dans l'esprit duquel on s'infiltre avec obstination pour tenter de grappiller des informations sur sa propre existence. Il avait fallu plus de quelques oublis, un nouveau siècle disparu pour le pousser à vouloir inscrire le moindre souffle, le moindre frisson dans des carnets pour lui permettre de se raccrocher à ces maudits souvenirs trop volages à son goût. C'était une chose d'oublier, une autre d'en avoir conscience, de voir les instants s'évaporer à nouveau, et ses pas s'immobiliser en prenant conscience que tout ce qui l'entourait a changé, peut-être même la langue chuchotée autour de lui, ou la chaleur de l'air glissant sur sa joue et la force du vent s'égarant dans ses cheveux. Lorsque cela ne concernait que quelques années, les dommages étaient moindre, mais lorsque son esprit se faisait plus incisif, c'était des siècles qui s'évaporaient, emportant toujours dans son sillage des êtres tous liés à un seul, celui que l'âme désirait gommer. Tout semblait avoir cette indicible importance lorsque la brume d'amnésie effleurait ses souvenirs, puisqu'elle ne dérobait que les êtres ayant eu une importance non négligeable et tous les instants où ils étaient présents.

Il oubliait comme une nuée de papillons venant arracher à sa vision les miettes d'une parcelle de son existence, presque l'ombre de la folie désirant dévorer jusqu'aux plus fragiles instants trop cruciaux de son éternité. Il continuait à vivre... parce qu'il n'était jamais lasse de la vie, jamais agacé de la saveur du sang ruisselant sur sa langue, chaleur exquise. Il venait d'ailleurs de se nourrir, et sa peau trahissait une roseur délicate semblant affirmer qu'il était en excellente santé lorsqu'il pénétra au Romkocsma pour une silhouette familière. Il n'y avait encore jamais mis les pieds, parce qu'il n'avait aucun intérêt à ingurgiter les boissons des humains et qu'il avait trouvé sa nourriture ailleurs. Lui qui boudait le soleil parce qu'il arracherait sa chair et le réduirait en cendre. Lui qui laissa ses iris glisser avec curiosité sur les lieux, mais également sur les êtres, à la recherche de la créature qui avait retenu son attention depuis la rue, frêle silhouette qui ne pouvait que sembler différente pour bon nombre de raisons. Il s'immobilisa sur ses courbes qui éveillèrent ce sentiment d'insatisfaction de connaître sans parvenir à remettre le doigt sur le souvenir s'y rattachant. Plus qu'un goût de cendre sur sa langue, la saveur rance de la sensation du sang dans sa gorge... Un oubli de plus, songea-t-il, sans pour autant s'y attarder. A quoi bon ressasser ce qui n'avait pas l'ombre d'une importance pour son esprit. L'oubli avait dû naître en lui pour une raison. Pourtant, il ne parvenait jamais totalement à tourner le dos à ces lambeaux de souvenirs, ces membres fantômes qu'il ressentait comme s'ils étaient toujours là, sans que cela soit vrai. Preuve en était qu'il avait poussé cette porte, et qu'il s'asseyait à présent à une table isolée, tandis qu'il laissait ses iris s'accrocher à son être, suivre chaque esquisse de ses pas, jusqu'à ce que leurs regards s'agrippent enfin l'un à l'autre. Tu me reconnais, n'est-ce pas ? murmura-t-il à l'ombre de son esprit, ses lèvres closes et muettes, sans même savoir si elle l'entendrait ou non. Cette chevelure... cette peau soyeuse, jusqu'à la fragrance se dégageant de son être, tout s'extasiait d'une redoutable familiarité ; ils se connaissaient.
 
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Elvira Szabó
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MessageSujet: Re: I guess I knew that all along {Elvira & Vassily Sam 2 Mai - 15:25



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Une soirée comme les autres. Sitôt le soleil disparu, Elvira s’était éveillée, fraîche, vive, dispose. L’époque où chaque crépuscule était pour elle synonyme de désœuvrement était bien loin, appartenant à cette période où elle n’avait plus été que l’ombre d’elle-même. Trop longtemps, elle avait accueilli le sommeil avec délivrance, s’abandonnant à Morphée avec délices pour rejoindre cet état comateux qui lui permettait d’échapper à la trop dure réalité. Chaque éveil avait alors eu une saveur amère, chaque nuit vécue dans l’attente n’avait que renforcé son sentiment perpétuel d’abandon. L’idée d’accueillir la mort s’était alors présentée à elle, mais n’avait au passage qu’effleuré son esprit. Elle l’avait rejetée comme elle avait rejeté l’idée de quitter cette ville chargée de souvenirs, pour une unique raison : lui. Comment pourrait-il la retrouver un jour, si elle s’échappait à sa propre monotonie? Encore fallait-il qu’il souhaite venir à elle… Les décennies s’étaient écoulées, puis les siècles. Et, lentement, sa monotonie s’était transformée en une vie agréable, certes très sobre, mais acceptable. Elle avait même réussi à maîtriser sa hantise face à l’attachement et à enfin s’ouvrir aux autres. Elle avait retrouvé un équilibre, sans pour autant qu’on puisse parler d’épanouissement. Et désormais, elle accueillait chaque réveil avec plaisir, impatiente de découvrir ce que les heures à suivre avaient à lui offrir. Comme souvent, elle travaillait, cette nuit-là. Contrairement à la plupart des gens, elle ne vivait pas dans l’attente des jours de congé, au contraire. L’effervescence toujours présente au Romkocsma avait tout pour lui plaire, et lorsqu’une soirée s’adonnait à être plus tranquille, elle tuait le temps en fouillant dans les esprits des clients. Après des siècles de pratique, son pouvoir devenait de plus en plus contrôlable, et elle commençait à y prendre un malin plaisir…

Occupée à préparer un martini pour un habitué, elle laisse son regard s’éparpiller dans la pièce, au cas où un client aurait manqué de quelque chose. Et c’est ainsi que son regard s’accroche sur lui. Impensable retour. Elle ne réalise son trouble que lorsque sa poigne se referme sur la coupe qu’elle prépare, celui-ci explosant dans une spectaculaire gerbe de verre et d’alcool. Elle aurait dû se blesser, s’ouvrir la paume avec le tranchant du verre, mais évidemment il n’en est rien. Pour respecter la mascarade humaine qu’elle s’impose, elle rigole, porte une main à ses joues comme pour camoufler ce rougissement qu’elle n’a pas, nettoie le tout d’un linge. Elle n’ose pas relever le regard vers lui, n’arrivant pas à décider si elle préférerait l’avoir imaginé. S’il est là, réellement là… elle risque de lui faire une horrible scène. Et s’il n’est que le fruit de son imagination – ce qui est improbable, elle reconnaît déjà son odeur si apaisante – elle sombrera dans la folie, une fois de plus. Elle s’applique donc à recommencer la commande de son client désormais impatient, s’affaire à remplir quelques pichets de bière. Mais elle sent son regard sur elle, et elle hésite à le lui rendre. Elle devine bien qu’elle ne saura l’ignorer bien longtemps, n’attend-t-elle pas son retour depuis quatre siècles? En soupirant, elle contourne le bar et s’approche de la table où il est, seul. Et c’est seulement près de lui qu’elle lui accorde un regard, devinant d’avance que l’essentiel de leur conversation se ferait de manière silencieuse. Tu me reconnais, n'est-ce pas ? Elle le dévisage longuement, et il lui faut plusieurs secondes avant d’arriver à faire de l’ordre dans ses pensées. Néanmoins, il peut clairement percevoir une chose : elle est blessée. Évidemment. Rejoins moi à l’extérieur. Aussitôt, elle tourne les talons, avise sa collègue qu’elle sort prendre l’air un peu, prendre une pause. Une fois à l’extérieur, elle inspire profondément, tentant de laisser les arômes nocturnes l’apaiser. Mais rien au monde ne le pourrait, pas alors qu’il est si proche, et à la fois si loin…

 

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MessageSujet: Re: I guess I knew that all along {Elvira & Vassily Dim 3 Mai - 7:16



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Il l'avait observée, délicieuse créature à la chevelure incomparablement pâle, cette chair extatique à laquelle il ne percevait nul battement de cœur lorsqu'elle s'était dressée face à lui, après avoir fait exploser ce qu'elle tenait entre ses doigts délicats et trop fins pour un tel exploit. Il avait laissé courir ses yeux sur sa silhouette trop familière alors qu'elle évitait encore son regard, jusqu'à ce que leurs iris s'embrasent au contact des uns et des autres. Cadeau empoisonné d'une question muette... alors qu'elle le fixait silencieusement, ses pensées s'entremêlant dans un fouillis mémorable qui ne lui permettait pas de suivre des phrases cohérentes, malgré l'impression générale d'être blessée. Blessée de le revoir ? Blessée pour une autre raison ? Il l'ignorait encore, mais l'impression était trop forte pour qu'il puisse y faire abstraction. Combien de temps s'écoula sous l'observation muette des deux êtres... des secondes ? des minutes ? Trop peu pour attirer l'attention, tandis que sans juger utile de prendre sa commande pour donner illusion, elle lui glissait simplement à travers ses pensées : Évidemment. Rejoins moi à l’extérieur. avant de pivoter sur ses talons pour s'éloigner. Elle était comme lui, à présent il en était certain de par cette réponse soufflée au secret de l'humanité inconsciente, une virag s'était mêlée à eux. Et il l'avait blessée, d'une manière ou bien d'une autre, il lui avait fait du mal, mais nul souvenir ne venait étreindre son être tandis qu'il persistait dans ce brouillard à la fois familier et agaçant qu'il avait l'habitude de goûter au fil du temps. Il avait pourtant relu certains de ses carnets, survolé ses dessins des êtres croisés, et il n'y avait jamais remarqué le visage qui était face à lui en cet instant. Plus ancienne que certains de ses souvenirs, elle l'était, tandis qu'il laissait ses iris suivre ses pas, sa précaution à aviser sa collègue de sa sortie, et voir sa silhouette disparaître à l'extérieur.

"Vous désirez boire quelque chose ?" fit remarquer la collègue en question qui venait de s'approcher de lui, se penchant ostensiblement pour attirer son attention qu'elle sentait tournée vers la jeune femme aux cheveux blancs. Relevant ses prunelles pour les tourner vers les siennes, il y lut un prénom... celui de l'inconnue... Elvira. Esquissant un sourire moqueur à l'entendre jalouser l'attention qu'il lui portait, il se leva de son siège, se pencha vers la serveuse, laissant une main sinuer sur sa poitrine pour venir glisser un billet entre ses seins. "Non merci, mais pour votre gentillesse." Elle aurait espéré mille fois plus, et s'il n'était pas attendu à l'extérieur, peut-être aurait-il vu en elle un dessert plus qu'appétissant pour finir la nuit. Néanmoins il était mille fois plus attiré par celle qui l'attendait dehors et dont il connaissait à présent le prénom. Aussi se dirigea-t-il vers l'extérieur, suivant le même chemin que l'inconnue avait emprunté un peu plus tôt, il s’engouffra dans l'air frais de la nuit qui charriait une multitude de fragrances diverses et variées, dont le parfum de celle qu'il avait à nouveau sous les yeux à présent. Ravissante égérie avalée par l'obscure éternité, ses iris braquées sur le dos de sa silhouette, il s'approcha, venant se positionner dans son dos, comme s'il n'était qu'une ombre, un spectre immatériel alors qu'elle tentait de goûter l'air environnant. Percevait-elle à présent la saveur de son odeur cherchant à l'envelopper sans même qu'il n'esquisse un geste en ce sens ?

Pas un seul soupir de l'âme ne venait s'échouer entre eux sous l'absence de contact visuel, tandis que le vampire se hasardait à jouer sous l'ignorance de la relation qu'ils avaient pu avoir autrefois. Pourtant, elle lui était terriblement familière, ombre tourmentée d'un passé oublié qu'il était intrigué de redécouvrir. "Pourquoi sembles-tu si bouleversée de me revoir... Elvira ?" fit-il ainsi rouler sur sa langue, de ce timbre capable d'emprunter un millier d'accents et qui aujourd'hui transpirait d'une absolue neutralité, comme s'il était impossible de savoir qu'il n'était pas de ce pays. Son souffle factice s'écrasait contre sa chevelure, tandis qu'il levait une main pour l'écarter, la chasser, laisser ses doigts courir sur cette peau qu'il ne doutait pas un instant d'avoir ébauchée vu le désir qui crépitait au creux de ses entrailles pour la douceâtre créature dont il analysait la moindre tension, le moindre geste, même une invisible réaction. Dis-moi... alors que ce geste lui semblait trop naturel, tout comme l'étape suivante qui serait de venir perdre ses lèvres à sa gorge où il sentirait... non, il ne sentirait aucun cœur palpitant, elle était éternelle, tout comme lui.

 
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Elvira Szabó
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MessageSujet: Re: I guess I knew that all along {Elvira & Vassily Dim 3 Mai - 14:52



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Le vent qui souffle doucement sur son corps frêle ne l’affecte aucunement. Elle ne sent ni la brise, ni le froid. Tous ses sens sont dirigés vers l’endroit qu’elle vient de quitter, parce que seuls quelques pas la sépare de l’être tellement attendu. Elle entend sa voix, pour la première fois depuis ce qui lui a semblé l’éternité, et un long frisson qui n’a absolument rien à voir avec la fraîcheur nocturne vient lui chatouiller l’échine. Puis, il est là. Derrière elle, si près qu’il ne lui faudrait faire qu’un seul pas vers l’arrière pour sentir son corps contre le sien. Chacune des particules de son corps ne demande que cela, qu’elle réduise à néant la distance qui les séparent, qu’elle se laisse enfin aller à effacer la douleur ressentie par l’absence. Pourtant, elle reste parfaitement immobile, statue de marbre figée dans le temps et l’espace. "Pourquoi sembles-tu si bouleversée de me revoir... Elvira ?" Elle ferme les paupières, savourant chaque son entendu. Sa voix… Cette voix qui l’a si souvent rassurée. Cette voix qui lui a tellement fait de promesse, cette voix qui l’a d’abord séduite dans son humanité, puis dans son immortalité. Cette voix qui aujourd’hui la blesse, car le détachement apparent qui s’en échappe lui fait regretter déjà les retrouvailles. Si elle l’a attendue depuis tout ce temps, il lui semble désormais évident qu’il n’a lui-même pas entretenu de sentiments si puissants face à son enfant.

Le souffle qu’elle sent contre sa chevelure l’apaise, alors-même qu’elle ressent un énorme vide en elle. Son cœur est au trépas depuis si longtemps, pourquoi celui-ci est-il devenu lourd, comme porteur d’une détresse intolérable? « N’es-tu toi-même pas ébranlé? » Elle refuse de croire qu’il ne ressent rien, pas après tout ce qu’ils ont vécu. Même si des siècles se sont écoulés depuis leur dernière rencontre, le souvenir est toujours aussi vif, brûlant. Elle fait volte-face, pour découvrir une fois de plus son visage sans défaut. Lentement, elle lève un bras, effleure du bout des doigts sa joue, puis ses lèvres. Elle ignore combien de temps elle pourra résister à l’appel de celles-ci. Le désir la tenaille toute entière, et la colère qu’elle pensait ressentir en revoyant son créateur est complètement absente de son être. Il ne reste que la blessure, pourtant détrônée par l’adoration. Jamais elle ne pourrait lui en vouloir. C’est comme si les quatre derniers siècles étaient réduits à néant. La simple présence de son créateur auprès d’elle suffit à étouffer complètement tous ces instants d’aliénation, d’accablement, d’espérance. Il est là, et il n’y a plus rien à pardonner. Dis-moi... Curieuse, elle hausse les sourcils, son regard grave toujours plongé dans celui du vampire. Vassily.

Comment expliquer l’inexplicable? Elle a de la difficulté à filtrer les pensées de l’être aimé, mais persiste la vague impression qu’il ne saisit pas encore la portée du lien qui les unit. Ne lui avait-il pas parlé autrefois des problèmes de mémoire qui l’affectaient, qui pouvaient réduire au néant certains éléments pourtant primordiaux de sa vie? Elle l’avait cru à moitié, car ses propres souvenirs étaient immuables maintenant qu’elle était immortelle. Chacun des détails de sa nouvelle vie s’imprégnaient en elle avec une précision étonnante, et il ne lui suffisait que d’effleurer un souvenir pour que la scène s’offre à son inconscient, aussi claire que si elle s’était déroulée au moment présent. Jamais elle n’aurait pu croire que l’étrange phénomène dont lui avait parlé son créateur soit la cause de leur trop longue séparation. Mais c’est la seule explication qui lui semble désormais logique. Tu m’as créée. L’évidence même. L’essentiel de leur relation. Le noyau même de l’existence d’Elvira. « Et tu m’as quittée. » Elle aurait voulu sa voix plus forte, plus courageuse. Mais elle n’est qu’un souffre, témoin de son chamboulement omniprésent. Pourquoi…

Elle détache son regard de celui de Vassily, trop orgueilleuse pour le laisser saisir toute la portée de l’attachement qu’elle lui voue. Il est son autre, elle n’existe pleinement qu’à ses côtés, et ça, elle préfère qu’il l’ignore. S’il n’est manifestement pas revenu pour elle, il n’en saura pas plus que nécessaire. Elle ne peut cependant s’empêcher de s’approcher de lui encore, de frôler son corps du sien. La chimie présente entre eux est presque tangible, comme électrique. Elle ressent un désir fou, une attirance qui frôle l’indécence. Elle a faim de lui, n’en sera jamais rassasiée, elle ne le sait que trop bien.


 

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MessageSujet: Re: I guess I knew that all along {Elvira & Vassily Dim 3 Mai - 17:10



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La question s'évada, hasardeuse ignominie qui l'accusa de l'avoir oubliée, car c'était le cas, nul souvenir n'effleurait son âme, nul autre chose que ce désir crépitant en lui et cette familiarité dérangeante. Il ne savait pas. Il ne savait plus. Etait-il seulement perturbé ? Que ressentait-il ? Faisait-elle parti de ces créatures qui le laissaient jouer de cet amour brisé avec déraison ? Il l'ignorait, tentait d'arracher à son esprit récalcitrant la vérité qu'elle attendait à cette question, s'égarant dans les millénaires de son être, dans les dérives délaissées, mais elle ne trouvait grâce dans aucun de ses souvenirs, pas un seul ne se rattachait à elle, nul visage étudié n'était le sien. La seule réponse qu'il pourrait lui avouer était ce désir, ce besoin, cette attirance qui brûlait et consumait son être à la sentir si proche, à l'effleurement de ses doigts sur sa peau à présent qu'elle s'était retournée pour croiser son regard. Cherchant sans doute une réponse dans ses pensées néanmoins trop tumultueuses pour être de cette clarté qu'il lui devait pourtant, ce je t'ai oubliée qui ne parvenait à effleurer le sommet des délires de l'amnésique qu'il était. Lui s'essoufflait à ses iris, recherchait cette vérité dans ses souvenirs, le pourquoi de cette blessure qu'il devinait mais ne parvenait à expliquer. Il lui demanda... ce dis-moi... alors qu'il ne cessait de la regarder, noyant ses iris dans les siens, sans qu'un mot ne vienne véritablement trahir ce qui se jouait ici-même. Mais il croyait déceler qu'elle comprenait, qu'il lui avait parlé de ses oublis, qu'elle cherchait à y croire pour expliquer... Tu m’as créée. Silence obsédant de l'âme. Mon infant. Ainsi comprenait-il mieux ce lien qui les unissait à présent, celui qui le brûlait mais qui n'expliquait pas tout pourtant. « Et tu m’as quittée. » Pourquoi…

Il la vit détourner son regard à cette ultime pensée, le laissant plisser les yeux, conscient qu'elle cherchait peut-être à lui dissimuler quelque chose, cette information qui narguait son être, voltigeait dans son esprit et qu'elle ne pourrait lui cacher autrement. Mais elle se rapprocha, laissant leurs êtres se frôler, une tension naturelle venant s'égarer entre eux, le laissant frémir de ce corps qui lui semblait tellement brûlant, dont la chaleur irradiait tout son être. "Je ne sais pas..." murmura-t-il d'un timbre devenu plus sourd, presque un grondement enchevêtré, noyé sous le désir qu'il éprouvait pour elle. Pourtant il ne la touchait pas encore, et cette distance respectueuse, il la floua de l'une de ses mains, venant disparaître dans cette chevelure atypique, ébaucher sa gorge, avant que ses lèvres ne viennent s’apposer brusquement contre sa peau, ses traits s'enfouissant dans la fragrance qui se dégageait d'elle, chastement. Il résistait, retenait ce qui le condamnait à la réclamer comme sienne dans l'éternité d'un monde qui se moquait de lui, parce qu'elle n'existait plus dans son esprit. Pourtant le désir vorace qu'il lui vouait mena sa seconde main à sa taille, l'attirant contre lui, l'étreignant de ce besoin qu'il lui vouait. "Je t'ai oubliée, je crois..." marmonna-t-il encore, pourtant ce n'était pas tout à fait vrai, puisque tout son être avait cette envie de la faire sienne, comme s'il s'agissait là d'une loi universelle. "... mais pas mon corps." souffla-t-il enfin avant de laisser ses lèvres embrasser cette gorge offerte, avant de venir capturer ses lippes, d'y retrouver une saveur mille fois trop familière, tandis que ses doigts cherchaient la faille qui leur permettraient de se faufiler jusqu'à sa peau. Et plus les secondes s'égrenaient... plus le désir enflait, durcissait en lui, rendant ses gestes plus saccadés, oubliant une tendresse qu'elle aurait peut-être mille fois méritée. Il la fit reculer, heurter le mur avec brutalité tandis que ses doigts se faisaient plus invasifs... son souffle serait sans doute saccadé s'il avait eu besoin de respirer, leurs cœurs tambourineraient d'un même écho s'ils en étaient capables.

Mais plutôt qu'attendre que cela ne dérape plus encore, il s'arracha littéralement à l'appel de son corps, titubant presque jusqu'au coin de la bâtisse et l'ombre salvatrice qui dissimulerait toute dérive. Sa main s'attarda à cet angle comme s'il avait besoin d'être soutenu... retenu ? "Si tu t'approches, je te prendrai contre ce mur, Elvira." gronda-t-il d'un timbre menaçant, en l'observant d'un regard en biais, le désir brûlant son bas-ventre avec cette constance écrasante. Elle ne pouvait avoir aucun doute sur le fait qu'il était en train de crever de ce désir qu'il lui vouait, alors qu'une lueur de remord lui faisait prendre conscience que ce serait aller à l'encontre de ce qu'ils avaient peut-être vécu. "Et je ne sais même plus ce qui nous liait." cracha-t-il enfin, vérité assassine qui le retenait de la plaquer contre ce mur pour se glisser en elle. Les poings serrés, il se contraignait à rester contre ce mur glacé pour lui montrer un respect que peu étaient en mesure d'affirmer avoir reçu de sa part, cette façon presque prévenante d'être traitée par le monstre affamée de son être. Son regard brûlait de ce désir, de ce qu'il voulait éteindre entre ses cuisses, à ses lèvres, contre sa peau. Mais il restait là, détestant cette absence de souvenir, l'oubli qui l'avait rayée de sa mémoire... "Je suis désolé..." souffla-t-il du bout de ses lèvres, paroles véridiques qui n'avaient pourtant de sens sous la brûlure assassine du désir qui narguait son timbre. Il regrettait de l'avoir oubliée... mais sûrement pas de la désirer, ou les actes qui suivraient si elle s'approchait à nouveau. Et cette vérité, il la darda dans son regard, la lui glissant comme une menace de plus, celle qu'il ne retiendrait plus son désir si elle revenait à nouveau.

 
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