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Un regard à travers lequel lire [Frederik & Eszter]

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poisoned soul

MessageSujet: Un regard à travers lequel lire [Frederik & Eszter] Lun 13 Avr - 17:29



Un regard à travers lequel lire
    ft. Frederik Kjell & Eszter Vilma

   
Il y avait dans Budapest des endroits propices à stimuler l'imagination de quiconque était assez ouvert pour laisser s'évader son esprit. Parmi ces lieux, souvent forts d'un glorieux passé, il y avait une grande bibliothèque qui gardait tout son caché d'antan. Les livres y sentaient bon le vieux papier, les étagères avaient été sculptées par la main des hommes et non par des machines. Même les chaises grinçaient pour vous rappeler de les traiter avec le respect de leur vieil âge. La jeune étudiante aimait se rendre ici pour travailler, les références historiques ne manquaient pas, la tournure des phrases qu’empruntaient les auteurs rappelaient un autre siècle et c'était un excellent exercice de lecture. Elle regrettait de ne pouvoir les entendre leur conter le livre de vive voix, avec les intonations de l'époque. Seuls les meilleurs comédiens qu'elle pouvait en de rares occasions observer au théâtre étaient capables de lui donner une idée de la manière dont les gens parlaient autrefois. Ou eux, les vampires.
Mais son travail du jour ne laissait pas le temps à son esprit de s'échapper vers d'autres pensées que la colonisation des Amériques. Elle avait un exposé à faire sur le sujet, savoir qui avait tenté en premier lieu la grande aventure. Il y avait avant tout ceux qui fuyaient les guerres de religions, ceux qui fuyaient un crime et les explorateurs dont l'âme assoiffée de découvertes ne serait jamais satisfaite,
comme la sienne. Et voilà qu'elle ne pouvait s'en empêcher, il fallait qu'elle se pose LA question : y avait-il des vampires en Amérique ? Et si oui, depuis quand ? Comment avaient-ils pu effectuer la traversée? Arrivaient-ils à voyager dans les cales et à s'extraire de nuit sans jamais être repérés ? Les plus résistants d'entre eux pouvaient-ils traverser à la nage, profitant de l'obscurité des profondeurs abyssales ? Ils n'auraient qu'à parasiter une baleine pour avoir assez des sang frais et trouver la force d'y parvenir... Mais une baleine avait-elle le même effet nourrissant qu'un humain ? Tant de questions auxquelles elle voudrait répondre. Et certains la prendraient pour une folle, car ces connaissance n'apportaient fondamentalement rien. Peu importe, c'était elle, c'était ce qui la passionnait. Elle n'avait heureusement pas besoin de le crier sur la place publique, elle avait déjà vu les ravages que cela pouvait faire au sein d'une famille.

Le cliquetis incessant de ses doigts de fée sur le clavier de l'ordinateur ne cessait plus depuis deux bonnes heures, quelquefois interrompu par le glissement des pages. Quand le passé rencontre la modernité, c'était ironique. Mais tellement utile : les étudiants seraient aujourd'hui largués sans leur technologie. Elle n'échappait pas à la règle même si ce n'était qu'un outil. Outil qui commençait à lui brûler les yeux alors que les rayons de soleil perçant à travers les larges fenêtres laissaient place  à la luminosité jaunâtre des vieux lustres. La nuit tombait tandis qu'elle tournait la dernière page d'un livre. Il était probablement temps d'arrêter.
Eszter rangea méticuleusement tout son petit attirail avant de replacer le livre là où elle l'avait trouvé. Elle n'oubliait pas de saluer la vieille bibliothécaire d'un sourire poli avant de s'en aller. C'est avec sa mallette de travail dans une main qu'elle se dirigea vers l'arrêt de bus le plus proche. L'affichage électronique annonçait un retard d'une vingtaine de minutes et l'on ne pouvait pas dire qu'il fasse bien chaud en cette soirée. Bien, un peu de marche la réchaufferait plus que d'attendre encore sous l'abribus en compagnie d'un ivrogne à la mine renfrognée.
Une marche soutenue suffit bientôt à lui faire ouvrir sa longue veste. Elle tira légèrement son foulard pour aérer sa nuque sans pour autant la laisser à l'air libre. Elle portait toujours quelque chose autour du cou dernièrement, tous croyaient que c'était parce que la mode le lui dictait et c'était tant mieux. Car même si elle n'en avait pas honte, mieux valait garder à l'abri ces deux petites marques dans sa nuque. Certains n'y auraient pas vu malice, mais ceux qui acceptaient de reconnaître que l'humain n'était pas au sommet de la chaîne alimentaire y auraient vu une preuve. Et cela ne lui aurait pas plu d'être questionné sur l'origine d'une cicatrice qui ne concerne que sa vie privée. Encore moins d'entendre les réaction de ceux qui apprendraient qu'elle s'était offerte volontairement et sans qu'on ne le lui demande, à un suceur de sang. Elle n'avait pas à expliquer cette fascination (caractérisée de malsaine par ses parents) pour ces êtres, et pour l'un d'entre eux en particulier. Ce regard... Elle souhaitait le revoir au plus vite.

Étant donné qu'elle était à pieds, rien ne l'empêchait de faire un petit détour par l'un des lieux où elle espérait avoir une chance de le croiser. Le grand blond l'obsédait au plus haut point : elle se demandait toujours comment elle avait tant pu se délecter de cette morsure. Elle avait eu si mal sur le coup, mais cette douleur avait agit comme une drogue, la laissant planer vers un autre état de l'âme. Bestiale, charnelle, brute et inspiratrice, voilà ce qu'était une morsure. Elle n'osait imaginer ce que cela pouvait donner dans des conditions bien plus raffinées qu'un sauvetage de vie en pleine rue.
Où pouvait-il bien être ?  Était-elle capable d'obtenir de lui plus qu'une morsure ou un simple échange de regard ? Accepterait-il de s'offrir à elle de la manière la plus nourrissante qui soit : en partageant ses souvenir ? Elle le souhaitait plus que toute autre chose en cet instant. Elle en profiterait pour poser une main sur sa peau, mieux comprendre ce que cela faisait de toucher la chair aussi froide que celle d'un défunt.
Mais alors qu'elle laissait ses pas aller au gré de ses pensées, elle eut un sursaut. Son sac à mains ! Elle l'avait oublié à la bibliothèque avec les clés de son logement et son téléphone. Si seulement elle avait attendu à l'arrêt de bus, elle s'en serait rendue compte en voulant payer son ticket, quelle sotte... Plus qu'à faire demi tour en précipitant le pas : elle n'avait aucun moyen de savoir l'heure et la bibliothèque ne tarderait pas à fermer.
Et quand elle fut de retour sur place, les lieux allaient effectivement fermer. Heureusement la bibliothécaire était trop occupée à finir de ranger pour voir qu'une personne venait d'entrer alors que les visiteurs étaient invités à sortir. Eszter se rendit donc tout au fond de la salle où se trouvaient les livres d'histoire. En vain, le sac avait disparu. Elle tirait chaque chaise pour regarder s'il n'était pas posé dessus. Comment se puisse-t-il qu'on le lui ait volé alors qu'elle était la seule encore présente dans la pièce au moment de son départ ? Elle soupira puis prit le temps de s'asseoir pour placer sa tête entre ses mains, heureusement cette dernière était trop bien attachée pour qu'elle ne l'oublie. Cela lui apprendrait à trop songer. Et pour couronner le tout, voilà que l'on coupait la lumière. Elle se releva vivement pour rattraper la bibliothécaire avant qu'elle ne ferme les lieux, mais n'eut même pas l'occasion de faire un pas avant qu'un géant ne se trouve en travers de son chemin, dans la pénombre.
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MessageSujet: Re: Un regard à travers lequel lire [Frederik & Eszter] Ven 17 Avr - 16:09

Un regard à travers lequel lire
tomorrow is another day and you won’t have to hide away. you’ll be a man, boy. but for now it’s time to run.

Les yeux qui papillonnent alors que son regard s’ouvre pour une nuit de plus. Il ne se souvient pas de la chaleur du soleil. Il se souvient de tellement de choses, mais de rien à même de le rendre humain. Le goût de l’alcool fort qui brûle la gorge, il semble. Il ne sait plus. Que le goût de cendre contre sa langue. S’il pouvait soupirer, c’est surement la seule chose qui pourrait se glisser d’entre ses lèvres. Il n’a pas besoin de respirer. Pas besoin de vivre. Qu’un cadavre ambulant avide de sang. Qu’un mort qui traîne dans les rues de cette ville.
Il aurait dû être mort. Des semaines sans se nourrir, à se décomposer pour se soutirer à cette vie trop longue qui le lasse. Il n’est pas comme elle, comme sa créatrice. Elle qui jouit des plaisirs des vampires. Lui. Il est las. Incapable de trouver le sens. La bête est disparue, celle qui à semer le chaos durant des siècles. Le guerrier. Le Viking. Il n’est que les affres, qu’une âme qui ne comprend plus le monde actuel. Les temps anciens qui lui manquent et les nouveaux qu’il ne comprend pas.

Il s’extirpe de sa demeure, laisse le vent se percuter à sa peau. Peu importe la température, ce ne l’affecte pas. Lui le vampire suicidaire, dépressif. Deux fois qu’il tente de se laisser mourir. Par le soleil. Pas le manque de sang.
Il a envie de se perdre dans les affres du passé, même s’il connait mieux l’histoire que quiconque. C’est le seul endroit où il se sent à sa place. Il ne comprend pas ce monde, mais il n’arrive pas à s’y faire. Les voitures. Les portables. La technologique. Les valeurs. Ça ne lui ressemble pas. Les femmes d’avant, tellement séductrices. C’est trop rapide maintenant. Il ne comprend pas la cadence, il n’arrive pas à suivre le moule de cette vie, ce siècle et il imagine que ce sera de pire en pire.

La bibliothèque. Les lumières éteintes. Il s’y faufile, comme une ombre. Il force une porte à l’arrière. Qu’importe, elle sera surement réparée le lendemain. Il se faufile entre les rangées. Une odeur qu’il reconnait, cette odeur qui se percute dans le fond de son crâne. Cette gamine. Celle qui est venue le tenter avec sa peau laiteuse, son goût parfait. Cette gamine qui lui ressemble trop, à elle. Son ancienne aimée. Sa seule et unique enfant morte par les mains de sa créatrice.
Connerie.
Il s’approche. Il entend les battements de son corps qui se percutent à ses tympans. Elle se dresse dans la nuit comme une sirène. Ca serait plus simple de partir, parce qu’il se souvient encore du goût parfait de son sang qui roule contre sa langue. Il se contrôle bien, trop bien. La bête sanglante dort encore. Elle est là, la gamine qui a voulu le sauver de la mort. Ça aurait été plus simple de le laisser crever. Son regard détaille le moindre de ses traits, il la dévisage. Elle lui ressemble tellement qu’il a l’impression de voir l’humaine qui a fait battre son cœur mort par le passé. C’est troublant et terriblement tentant. Mais ce n’est pas elle. Il le sait.
Un pas. Il s’approche. Laisse la pulpe de ses doigts glisser contre le bois de la petite table qui les sépare. Frederik, c’est un colosse. Un vampire trop vieux qui ne s’ouvre plus depuis des années. Il a trop de morts sur les épaules, trop de siècles accumulés dans le fond de son crâne.
Les sensations lui manquent pourtant et la vie lui semble futile. Un peu trop.
Il s’approche. La bête s’approche du petit agneau blanc. Elle n’aurait pas dû offrir sa peau vierge. « Eszter, si ma mémoire est bonne.» Il ne lui a rien glissé, mais elle a surement dû apprendre par sa propre volonté. Elle. La petite fleur fragile. Il laisse sa langue passer contre ses dents et attrape une chaise pour la tirer afin d’y prendre place. « Tu ne devrais pas traîner tard dans les rues. C’est plus habité que tu ne le penses.» Un avertissement. Pas pour lui, mais les autres. Le reste.

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MessageSujet: Re: Un regard à travers lequel lire [Frederik & Eszter] Ven 17 Avr - 17:57



Un regard à travers lequel lire
  ft. Frederik Kjell & Eszter Vilma

 

Un instant d'hésitation. Cette silhouette qui se dessine dans l'ombre, se fait plus proche. Eszter semble la reconnaître, l'avoir épiée à plusieurs reprises. Mais de grands gaillards, il y en a beaucoup. Celui-ci pourrait tout aussi bien être un cambrioleur avide de lecture. Il se rapproche d'une table et s'expose au regard de la rousse, par le bon hasard d'un rayon de lune qui traverse les fenêtres. Parmi toutes les rencontres qu'elle aurait pu faire (ou ne pas faire si elle avait songé à son sac un peu plus tôt), il fallait que ce soit lui, ce prince de la nuit, qui règne sur un royaume de mélancolie. Comment pouvait-on ne pas avoir l’œil vif quand on avait l'éternité devant soi ? C'était la première question que s'était posé la rousse en le découvrant. C'est pour cela qu'elle l'avait suivi, il la fascinait.
Elle ne regrettait pas de l'avoir laissé la croquer, juste pour avoir le plaisir de se retrouver de nouveau face à lui. Fallait-il dire bonsoir ? Il l'intimidait encore bien trop même si elle n'avait aucune crainte. Le fait de revoir son visage faisait peu à peu resurgir le souvenir de cette nuit, de ces crocs qui plongeaient dans sa chair, et de cette sensation... Elle y avait souvent repensé, elle n'expliquait pas cette toute nouvelle forme de plaisir qu'elle avait éprouvé. Il faut dire que des plaisirs, mis à part celui de cueillir une pêche à même l'arbre et de croquer dans sa chair juteuse et fruitée, elle n'en avait pas expérimentés beaucoup. Même l'alcool, elle n'y avait pas goûté. Elle s'était demandé ce que ces épicuriens de la Rome Antique auraient éprouvé après une morsure, eux qui connaissaient tous les plaisirs de la vie et s'évertuaient à en abuser. Elle n'avait pas de réponse, personne à qui en parler avec sincérité. Peut-être à lui, le plus à même de parler en connaissance de cause : elle n'était probablement qu'un numéro sur une longue liste d'en-cas.

Elle resta donc plantée là, sans bouger, à décrire le moindre mouvement qu'il effectuait. Ses doigts sur le bois, elle les revoyait se porter à sa gorge. Puis il vient plus près, prononce le nom de la rousse qui décroche un sourire timide. Il s'en souvient, même s'il demande confirmation, et elle hoche poliment la tête pour acquiescer. Et voilà qu'il prend place sur une chaise, face à elle. S'il s’assoie, cela veut dire qu'il n'est pas pressé de partir. Eszter ne se maudit plus d'avoir oublié son sac. Elle s'en réjouit : elle a tellement de questions à lui poser. Mais il ne lui en laisse pas l'opportunité, il reprend la parole pour lui donner un conseil avisé. Si elle était moins respectueuse, elle aurait éclaté de rire : si elle ne s'évertuait pas à errer la nuit tombée, elle ne lui aurait pas sauvé la vie. Et qu'importe le danger. La vie était faite pour être vécue, même si cela impliquait son lot de risques. Après tout, si certains humains n'avaient pas choisi de vivre dans le danger, l’Europe serait peut-être un Reich. On ne pouvait certes pas comparer ces valeureux résistants à la rousse, mais en tant qu'historienne, son comportement était censé : de la nuit elle obtenait la connaissance et un jour, lorsqu'elle serait vieille et usée, elle écrirait tout ce qu'elle avait appris, elle révélerait tout ce que les siens avaient toujours refusé d'entendre. Et cela sauverait les vies des autres jeunes imprudentes, qui y réfléchiraient à deux fois avant de braver le couvre-feu.

Elle était entêtée, son conseil, elle ne le suivrait pour rien au monde : son regard vif en disait long sur la promesse d'une désobéissance. Les traits de son visage était sereins. Elle savait ce qui se tramait dehors, elle n'en avait pas peur. Elle le défiait, elle n'avait pas besoin de recommandations paternelles.


« Mon père me donnait le même conseil. Mais juste parce que ce n'est pas digne d'une catholique. »

Une pointe de dédain ponctuait ses derniers mots. Une catholique, elle n'en était plus une. Alors les bons conseils elle n'en voulait plus et elle le faisait savoir. Elle estimait être une bonne personne, faire des choix consciencieux (comme celui de ne plus manger de viande), et se comporter avec décence, toujours rentrer avec avec des bonnes notes, même si ces dernières ne faisaient la fierté que de ses professeurs.
Elle n'avait pas envie de converser de la morale avec lui, alors avant qu'il ne répliquer, elle sortit délicatement une chaise de sous la table puis la plaça non pas face à lui, mais à côté. Au fond d'elle, elle avait besoin de savoir, la proximité pertuberait-elle le vampire au point d'éveiller sa faim, ou était-il le gentleman qu'elle pensait entrapercevoir ? Peu importe les conséquences de cette attitude provocatrice (enfin... Provocatrice dans sa conception des choses à elle, il n'y avait pas malice à simplement s'asseoir à côté de quelqu'un), c'était son choix, tout comme de flâner sans crainte la nuit.
Maintenant ils pourraient enfin avoir un conversation intéressante, une porte s'était fermée au loin, suivie par le son d'une vieille serrure que l'on a du mal à verrouiller. Ils étaient seuls et avaient la nuit pour s'entretenir, pourvu qu'Eszter réussisse à ne pas l'agacer avec ses questions, son inlassable soif de connaissances. Autant commencer par un sujet vaste. Elle ouvrit la bouche tout en plongeant ses yeux brillants dans ceux du vampire. Elle n'avait encore jamais osé le tutoyer, peut-être était-ce le moment.


« Parle moi de toi, ton histoire, tes origines, je veux tout savoir. »
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MessageSujet: Re: Un regard à travers lequel lire [Frederik & Eszter] Mer 22 Avr - 21:28

Un regard à travers lequel lire
tomorrow is another day and you won’t have to hide away. you’ll be a man, boy. but for now it’s time to run.
« Mon père me donnait le même conseil. Mais juste parce que ce n'est pas digne d'une catholique. » Il laisse son regard la sonder, la dévisager. Cette petite perle fragile, cette colombe aux ailes coupées. Elle n’aurait pas dû lui venir en aider. Le laisser crever aurait été plus simple. Ça ne fait que retarder l’inévitable. Lui. Lui et son manque de volonté de vivre. Le monstre enfouit trop loin dans le fond de ses tripes. Trop de sang versé.  
Ce n’est plus lui. Il n’est que les effluves du passé, que les échos des guerres et de la misère. Simplement.
Il n’est pas on paternel. Il ne se doit pas de lui dicter des ordres, mais elle joue avec le feu. Frederik, il sait se contrôler, il sait cesser même si la faim le ronge. Des années. Des années pour calmer les envies. Elle serait sûrement morte si ça avait été un autre, un gamin, un petit. Vidé de son sang. Morte avant même de pouvoir vivre la suite. « Il avait sûrement raison.» Un léger rire. Un haussement des épaules. C’est lassant. Cette vie. Cette époque. C’est trop long. Il n’en voit plus la fin et n’en goûte plus la saveur.

« Parle moi de toi, ton histoire, tes origines, je veux tout savoir. » Elle se pose près de lui. Elle et son cœur palpitant. Elle et son odeur. Elle et cette étrange façon qu’elle a de lui ressembler, sa seule enfant. Elles ne sont pas identiques. Elles ne se ressemblent qu’en apparence. Elle lui manque pourtant, la seule qu’il a pu aimer. Tuée par sa mère.
Il se contient trop bien. Il n’est plus le monstre. Il ne saute pas à la gorge sans raison, surtout que la faim ne se fait pas oppressante. Pas comme la première fois. Elle et son cou divin. Il ne bouge pourtant pas, laisse son regard se poser dans le fond de sien, analyser le fond de ses yeux.
Parler de lui. Il ne le fait pas. Il ne parle pas. Il ne sait plus réellement comment faire la discussion, loup solitaire. Il n’est pas comme les humains. Il ne sait pas comment faire. Il a fini par oublier, la vie trop longue.

Il finit par lâcher un rire. Comme s’il allait lui donner les esquisses de sa vie pour le plaisir de le faire. Il n’a pas le temps. Il n’a pas envie. C’est lassant. Sa vie est vide. Sa vie est longue. Il aimerait se souvenir du goût du vin ou de la clarté du soleil. Il ne sait plus pourtant. Il aimerait retourner en arrière pour mourir en guerrier, pour mourir sur le champ de bataille. Ne pas se faire sauver par la rousse parfaite. Par la mère étouffante. « Tu es curieuse.» Il se lève. Il n’a pas envie de parler de sa vie. Il n’a pas envie de rien Frederik. C’est un corps sans âme. C’est un vide. Il file entre.
Il s’en va.
Il revient et pose un livre devant elle. Ses années. Lui. Les Vikings. Si elle veut savoir, il n’a pas besoin de parler, elle a les livres pour parler. Ce n’est pas la même chose. Elle. Elle veut la vérité. Elle veut l’action. « C’est là
Des légendes. Rien que les vivants de maintenant peuvent confirmer. Lui. Il peut. Il peut dire tellement de choses qu’elle resterait sans voix. Il a vu trop de choses qu’il ne sait plus l’ordre. Qu’il ne sait plus rien. « Pourquoi est-ce que tu veux savoir?» Ça n’a pas d’importance, sa vie. Ce n’est que les conséquences des années. Sans plus.

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MessageSujet: Re: Un regard à travers lequel lire [Frederik & Eszter] Lun 27 Avr - 6:13



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  ft. Frederik Kjell & Eszter Vilma


 

Si elle avait su qu'il était si fermé à l'idée d'évoquer son passé, Eszter n'aurait peut-être pas commencé par là. Mais elle avait besoin d'en apprendre plus su lui, source de savoir su les siècles qu'elle n'avait pas connus. Et voilà qu'il riait, comme si sa question avait été si ridicule que ça. Puis le rire cessait, laissant place à une remarque.
Oui, elle était curieuse. Elle ne lui aurait probablement jamais tendu sa nuque si elle ne l'avait pas été. Elle n'aurait peut-être pas non plus étudié l'histoire et ne se serait pas intéressée aux créatures de la nuit. Sa curiosité la définissait, il le comprendrait rapidement, car elle hochait la tête avec une certaine fierté.

Et sur ce, il se levait. Où allait-il comme ça ? Eszter se redressait sur sa chaise pour le filer du regard. L'avait-elle ennuyé à ce point là avec sa question ? Elle ne voulait pas qu'il parte et s’apprêtait même à lui demander d'attendre, mais il revenait de lui-même, un livre à la main, qu'il déposait sous son nez. Un manuel d'histoire, sur le temps des vikings. S'il s'agissait là réellement de son temps d'humain, cela signifiait qu'il avait au moins 1000 ans. Cette idée fascinait Eszter, tous ces siècles vécus, une véritable source de savoir, mais aussi un être noble et respectable. C'était incroyable et son regard ébahi en disait long sur ce qu'elle pouvait bien penser du vampire.
Puis il reprenait la parole, comme blasé, il avait probablement perdu conscience du précieux trésor que lui offraient tous ces siècles sur Terre. Pourquoi voulait-elle savoir ? C'était pourtant si évident qu'elle n'avait pas de mots pour l'expliquer. Alors ses yeux quittaient le livre, pour se relever vers celui qui serait à même révéler la vérité sur les fables que contaient un tel ouvrage. Elle n'était pas dupe, ces livres ne racontaient que les légendes du passé, celle que les plus fortunés avaient demandé aux barbes de chanter dans chaque village, jusqu'à la fin de leurs jours, contre une somme considérable.
Rares étaient les mémoires des véritables héros qui survivaient. Surtout concernant les vikings, ils n'avaient toujours étés vus que comme des pillards sanguinaires, dépourvus d'âme, et païens, à travers l'Europe entière. Frederik, lui, était à même de faire la lumière sur une époque aussi fascinante.

Eszter se désintéressait donc totalement du livre. Le seul trésor que recelait cette bibliothèque, c'était les souvenirs du vampire. Mais pas que ses souvenirs. Lui tout entier la fascinait. Car si l'on disait aussi bien des suceurs de sang que des vikings qu'ils étaient des êtres sauvages et violents, lui n'inspirait pas une seconde ces sentiments à la rousse. Il fallait qu'il en prenne conscience.


« Parce que je veux te connaître. »

Cela ne suffirait pas à le convaincre, elle n'était qu'une jeune humaine qui parlait  à un vampire d'au moins 50 fois son âge. Alors elle se levait à son tour, pour venir se mettre face à lui, comme si elle pouvait lui barrer la route s'il décidait de fuir. Elle n'avait pas peur, elle se sentait juste trop petite face à un homme si grand par bien des aspects. Ses yeux de biche sondaient ce regard ténébreux, à la recherche de l'étincelle. Son index venait avec culot pointer le cœur mort du vampire.

« Il y a une lumière en toi, qui demande à briller. Et si je devais te redonner mon sang pour la raviver, je n'hésiterai pas une seule seconde. »

Il s'agissait peut-être d'une invitation, elle ne pouvait pas la formuler plus précisément car une part d'appréhension planait en elle. Mais elle voulait savoir. Savoir si ce prince de la nuit pouvait être un peu plus vivant. Savoir si l'agréable sensation qu'elle avait éprouvé lorsqu'il l'avait mordue la première fois n'était pas aussi éphémère que sa vie.
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MessageSujet: Re: Un regard à travers lequel lire [Frederik & Eszter] Jeu 7 Mai - 10:51

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« Parce que je veux te connaître. » Frederik. Il a trop de temps sur les épaules pour avoir envie d’en parler. Il n’est pas u livre d’histoire, qu’une bête de foire avec ce goût perdu pour la vie. Les années sont trop longues et plus le temps file, plus il a cette impression de ne pas se reconnaître. Être un monstre, ça n’a rien d’un cadeau. C’est amusant les premiers siècles, lorsqu’il ne pense pas, qu’il se laisse posséder par la bête pour devenir la rage. Sans plus. Maintenant, ça le rend las. Parce que les souvenirs finissent par s’estomper. Les souvenirs ne sont pas éternels. Loin de là. Il ne se souvient que de quelques bribes et il a complètement oublié ce que ça pouvait faire d’être humain. Il se souvient de son époque. Celle de la guerre. Les croyances. Le monstre qu’il était déjà. Il n’a pas changé. Il a fini par s’adoucir avec le temps. Guerrier viking. « Je ne me connais même pas moi-même alors que tu puisses le faire me semble impossible.» Il se détache d’elle. Pose le livre. Il n’aime pas parler de sa vie. Il n’aime pas ce qu’il est. Plus maintenant et il ne peut pas donner les détails, sa mémoire est défaillante.

Il ne bouge pas. Il reste debout. Il n’aime pas être près d’elle parce qu’il se souvient encore du goût de son sang contre sa langue. Ça fait trop longtemps qu’il a refusé d’être la bête pour céder à des caprices grivois. Elle se lève. Elle s’approche. Un peu trop. Elle laisse son doigt chaud se poser contre son torse. « Il y a une lumière en toi, qui demande à briller. Et si je devais te redonner mon sang pour la raviver, je n'hésiterai pas une seule seconde. » Ca fait tellement longtemps qu’il ne sait plus la sensation de la chaleur. Son corps est mort. Qu’un cadavre qui prend vie lorsqu’il vole le sang d’un autre. Son teint est pâle. Plus pâle que les autres vampires parce qu’il ne boit plus vraiment. Il se laisse perdre dans la souffrance du manque. Il n’a plus le goût. Il n’a plus l’envie. Ses phalanges se posent autour du poignet de la jeune femme alors qu’il détache sa main de lui. Elle ne devrait pas s’approcher. Elle ne devrait rien voir en lui. Puisqu’il n’y a rien d’autre que le vide et le chaos. Frederik, c’est un vide. C’est un gouffre sans fond avec trop d’années au compteur.
Qu’elle cesse de l’approcher. Qu’elle cesse de croire en lui. Il n’a rien à faire avec ce monstre vide. « Il n’y a rien en moi, je pense que tu te bernes.» Il souffle. Il ne pense pas qu’elle puisse avoir raison. Il n’y a que ce cœur sec. Que le vide. Le chaos. La mort et les cadavres qu’il a semés par millier. Pas de lumière. Que le noir. Elle se berne. Elle se berce d’illusions et ça ne fait que naître ses regrets à lui. Il aimerait être aussi naïf. Ce n’est plus le cas. Il n’est que les regrets et les envies qu’il ne peut combler. Un monstre. Une vie d’éternité, mais le prix à payer est trop grand.
Il se détache de la rousse. Il a su apprendre à contrôle ses pulsions, mais les demandes ne le laisse pas indifférent, ni l’odeur qui s’émane de sa peau et les palpitations de son cœur fragile. Il pourrait la briser, mais elle s’obstine à s’approcher. « Tu as tort. Ma mémoire est défaillante et je ne pourrais pas t’aider à combler les questions sur l’histoire. Les années. Elle sont loin et je ne me souviens pas de tout.» Il n’aime pas parler Frederik. Il est un ermite depuis des années. Depuis sa première tentative de mort.

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MessageSujet: Re: Un regard à travers lequel lire [Frederik & Eszter] Ven 8 Mai - 16:03



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Pourquoi agissait-il ainsi ? Pourquoi ne pas se livrer ? Pourquoi dire qu'il ne savait rien ? C'était faux, on ne pouvait pas s'effacer comme ça, après tant de siècles. Eszter refusait, les réponses ne lui convenaient pas, elle insistait, elle lui rappelait d'un geste que son cœur avait battu, mais pour seule réponse il la repoussait encore, prenait sa frêle main pour l’ôter de là.
La fraîcheur sur son poignet... Certains trouveraient ça macabre, le contact de doigts glacés sur une peau si vivante, irriguée de multiples vaisseaux sanguins. Elle ne s'en plaignait pas, le froid ne l'avait jamais gênée, au contraire cela lui rappelait qu'elle était en vie, qu'elle ressentait... Et ce cadeau, elle voulait le partager. Mais lui s'en fichait, lui répétait froidement qu'elle avait tord et qu'il avait oublié son vécu. L'espoir subsistait cependant, il ne disait pas avoir « tout » oublié, juste qu'il ne se souvenait « pas de tout ».
Alors peut-être fallait-il lui ré-apprendre ? Ce qui était si simple pour elle était peut-être plus compliqué pour un vampire. Les maîtres de la nuit étaient si forts, immortels, mais comme toute chose en ce monde il existait une contrepartie, une faiblesse. La leur était-elle la perte d'humanité, d'identité, que certains comblaient par la violence et le sang ? Frederik n'était pas comme ça et c'était bien là son problème. Mais Eszter ne voulait pas le forcer à boire, l'invitation lui avait déjà été lancée, il avait décliné. Alors peut-être qu'ils n'avaient rien à faire ici, tous les deux. Mais il fallait que la rousse essaye encore, restant loin de lui puisqu'il le souhaitait, adossée à une bibliothèque. Elle baissa les yeux, fixant les motifs comme si elle se parlait à elle-même, il écouterait s'il voulait.


« Je suis née il y a 20 ans. Ma famille est catholique, mon père est même devenu curé. Mes parents voulaient que je travaille dans notre ferme, je me demande même s'il ne voulaient pas arranger un mariage avec le fils du boucher. Mais moi je voulais devenir historienne, faire des études, alors je suis partie vivre ici...
J'ai abandonné ma famille, ma petite sœur. Il n'y a qu'elle qui me manque mais je ne la vois plus, les autres sont des idiots, trop plongés dans leur bénitier pour voir qu'il y a autre chose, là, dehors. Ici je peux faire ce que je veux au moins, mais les gens sont toujours différents, mes amis boivent de l'alcool, mangent de la viande...
Et moi je raconte ma vie à un vampire qui n'en a rien à faire, juste parce que je veux comprendre ce qui s'est passé quand il m'a mordue, une fois. Tu peux me trouver pathétique...
 »

« Mais au moins, je raconte » songea-t-elle sans le dire.
Eszter se redressa, décollant son dos de la bibliothèque, ses yeux quittant le carrelage pour se poser là où la sacoche de son ordinateur été posée, venant la récupérer. Trop honteuse de lui avoir conté sa misérable existence, si éphémère, elle ne lui adressait même pas un dernier regard et se dirigea vers l'allée principale avant de se souvenir que la porte avait été verrouillée. Elle s'arrêta net, se souvenant également que son second sac avait disparu.


« Et je n'ai même plus mon sac à main. »

Là où se trouvaient ses clés, son téléphone. Elle n'aurait qu'à dormir ici, la bibliothécaire la trouverait le lendemain et elle lui expliquerait qu'elle s'était endormie avant la fermeture.
Eszter chercha donc du regard, pour dénicher un fauteuil qui n'avait pas l'air trop inconfortable. Elle posa sa sacoche par terre, à côté du siège et pris place, installée à une dizaine de mètres du vampire. Croisant bras et jambes, elle se mit à le fixer sans rien dire, pensive.

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Un regard à travers lequel lire [Frederik & Eszter]

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